31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:24


Le contentement étant l’excellence du pauvre, je m’essouffle à chercher un moi meilleur qui court toujours trop vite.

Mes yeux constamment rivés vers l'horizon, je rêve au grand, au fort, au tempétueux lointain.

Tout quitter pour fouler une herbe pas plus verte ailleurs, vouloir des lendemains glorieux qui seront des hier minables. Cumuler folie des grandeurs et peur du vide avec brio.


Ici, à la nuit tombée, Stan Smith côtoie Sandro chez Colette et les Vogue mentholées se parent de rouge à lèvres Mac. Chacun parfait l’ensemble d’un air satisfait, syndrome d’une génération Y insatisfaite.

Rue Sainte-Marie, l’électro crade résonne dans les têtes fiévreuses et la coke affame jusqu’à pas d’heure. Entre deux mojitos fraise, la gente féminine s’applique à croiser des regards vitreux dans l’espoir d’un coït brutal contre une porte où il est écrit 'peace and love' au Tippex.

Trimbaler dans sa besace du latex en ribambelle pour cinq minutes de vie intense. Du pur kiffe sensoriel aux allures de porno garage.

Getting laid or getting lost.


À deux heures du matin, chacun fait le bilan autour d’un kebab et jure sur tous les saints qu’on ne l’y reprendra plus. « Tu crois qu’il m’aime ? », non je crois pas, il se branlerait autant sur une guitare.

Rue Sainte-Marie, on boit jusqu’à la lie pour ne plus souffrir de glossolalie.

Les pavés sont le dortoir des gens bien. Chacun y conte ses problèmes de petits Blancs bourgeois qui n'ont pas de problèmes comme une berceuse pour s'endormir. L'enchaînement clope sur clope a remplacé le sein de la mère.

Le monde de la nuit m'écœure autant qu'il me fascine, spectacle de désolation où l'on assiste chaque soir à la destruction de nos idéaux au profit du prosaïque. Vautré dans un fauteuil aux ressorts fatigués, diluer ses troubles dans des shots de vodka jusqu'à la crise d'épilepsie.


Et moi, je voudrais seulement voir la mer. Le vent faisant écho au cri des cormorans, admirer les vagues se briser sur les rochers, se retirer sans fin pour un énième duel.

Faire des fucks à cette masse râlante qui ne jure que par la peur de l'échec et les habitudes moroses. Prendre le large et un aller simple. 

Mes petites et grandes réussites n’auront jamais autant de panache.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 10:00


J’ai mille fois tourné ma tête lasse vers ces murs de verre en me demandant ce que je faisais là. Je rêvais du dehors en dedans.

Tout y passait, les vitres de bus et de trains, mais surtout, les vitres du onzième étage.

D
ans ce bureau impersonnel à la moquette crade, assise sur cette chaise où d’autres avaient posé leur cul, j’ai mille fois rêvé de briser l'accident. D'être une autre ailleurs.

Prends tes cliques et tes claques, me criait mon cerveau. Casse-toi, remets-toi sur tes jambes, sur les rails loin des quais de gare.

Ce dont on ne parle pas, c’est de cette tendance à croire que le succès s’écrit à quatre ou cinq chiffres sur un compte en banque. Ce reflet dans le miroir que tu évites depuis des mois en balançant un grand seau d’eau fraîche sur la gueule de quelqu'un d'autre.

Une affiche froissée que tu cherches en vain à lisser avec le plat de la main.

J’ai découvert avec stupeur la complexité de l’être humain. Un corps peut abriter un être gelé à l’allure robotique, un monstre qui va et qui vient en ignorant les appels au secours de l’unité centrale, glaçant toutes ses intentions jusqu’à nouvel ordre.

Se mettre soi-même, volontairement, dans une posture complaisante résolument factice.

Le malheur des uns commence par envier celui des autres.


Mille trois cent un jours durant, j’ai regardé passer les gens au travers des murs de verre, jalousant leur existence potentiellement sinistre que j’aurais alors, pour rien, échangé contre la mienne. Je convoitais le médiocre pour défier l’aigreur. J’aurais aimé le maussade du temps du lugubre.

J’étais malheureuse et n’avais pas de raison de l’être.

Je cherchai désespérément une échappatoire. Le combat me semblait être une réponse honnête à l’engourdissement involontaire de mes capacités mentales.

Alors, mon cerveau a pris mon cœur saignant entre quatre yeux pour lui apprendre le courage. Peu à peu, bout par bout, j’ai arraché les lambeaux de peau accidentée entourant mon écorce.

J’ai balancé l’idée d’une époque révolue qui veut que l’échelle sociale soit grimpée. J’ai gravi les échelons du dégoût et ai tout rendu au sommet. 

La bourgeoisie, cet obscur objet du désir, a des allures de convulsions et un goût dégueulasse de café bio au lait de soja servi par des gens bien.

Mon comportement borderline a préféré piétiner un futur brillant mais cauchemardesque au profit de quelques bières à deux balles dans un café miteux.

"La vie a fait que...", clament les anciens pour justifier leur frustration. Mais rendons-nous à l'évidence, la vie ne fait rien. La vie, c'est une succession de chemins plus ou moins sinueux que l'on emprunte en s'offrant le luxe de pouvoir, à tout moment, faire marche arrière.

Alors j'ai rebroussé chemin. Et j'aime parfois, admirer du dehors les gens au travers des murs de verre, m'y revoir les yeux mouillants rêver à d'autres rêves.

Et puis je rentre à la maison.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 17:05


Jeudi neuf février deux mille dix-sept, vingt-trois heures cinquante-et-une. Je ne sais plus comment m’y prendre. J’ai passé tellement de temps à laisser le temps passer. 

Mais ce soir, ce soir j'ai des flashbacks par dizaines en fast motion. La tête encore embuée d’effluves fermentées, je me souviens de tout. Cette liqueur, telle une pensine, m’a aidé à sortir d'une amnésie épaisse.

Je me souviens du brouhaha de la ville après minuit, des rires factices que l’ivresse facilite, des regards embrumés que l’on croise au détour d’un réverbère, des inconnus croisés dans des latrines sales où chacun sniffe sa vie comme une traînée de poudre. Ce soir j’ai vingt ans.

Trinquons à la santé du temps qui nous accable.

Ce soir, revigorée par ce puissant philtre qu’est la nuit, je me surprends à laisser voyager mes doigts sur un clavier froid.

Dans ce bar de la lose, les serveurs ramassent la tristesse des uns et des autres sous forme de verres vides. Les cendriers débordent de cendres froides comme une église. L’effort de chacun consiste à simuler l’éclate, feindre des joies simples pour reposer les vivants.

“What are you up to?”, me demande t-il. It’s been so long. I don’t know where to start.

Je trie puis rassemble un à un les souvenirs comme un précieux butin : le sourire de Sonia, la sagesse de Brahim, Gogo qui m’encourage à écrire ces mots. Je me réchauffe le cœur de leur présence comme au coin d'un feu de bois. Ce soir j’ai vingt ans et la nuit est à nous.

Les revoir m’emplit d’une indicible joie et nous sommes pris d’une logorrhée des grands soirs, je n’ose regarder ma montre de peur qu'à chaque mouvement d'aiguille, le temps vienne les reprendre comme une faucheuse.

Revoir le film de sa vie et se dire que tout n’était pas si mauvais, que tout commence à peine, que nous sommes à l’orée des possibles.

Minuit passé, mes doigts n’en finissent plus à présent de réchauffer le clavier froid. Il y a comme des fils invisibles qui agitent mes mains frénétiquement, faisant danser mes phalanges au rythme des syllabes.

Devant le bar, avides de nicotine, les mains crispées dans les poches des manteaux, faisant fi de rien. Avaler et cracher avec la même frénésie. On s’était dit rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme. Rien n’a changé vraiment, rien n’est pareil pourtant. Ou si peu.

Le même lieu où tu te retrouves pour pleurer un toi mort, adorer des idées désuètes de futurs glorieux, soigner les purulences de nos vieilles utopies et les bander proprement.


La vie réside dans cet instant-là. L’air frais giflant nos joues rouges comme nos bouches, nos huit pieds très près les uns des autres, fondations du cercle des poètes longtemps disparus. Nous avons survécu au désenchantement, au crissement des rails dans le train des trajectoires et nous sommes encore là, bien vifs, avides de futur lumineux, celui qui te donne envie de danser seul chez toi avec une brosse à cheveux.

La vie commence où je l’avais laissée. Le livre était là, posé sur un coin de table, un peu poussiéreux mais patient. Impatient.

Ce soir, j’ai bientôt trente ans. Je fais partie de cette humanité qui ne cesse de bouillir, bouillir d’angoisse au vu des nouvelles. Celle qu’on surveille comme le lait sur le feu, qui avale des faits dégueulasses à grands coups de langue. Qui se fraie un chemin tant bien que mal en tendant des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre.

En virant les cailloux de ses pompes de plomb.


“What are you up to?”, me demande t-il. I’m only breathing for now. I’m breathing.

I'm breathing.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:08


Je suis partie longtemps je sais, j'ai disparu. J'ai mis quelques milliers de secondes à sortir de ma torpeur, la tête encore endolorie face à tant d'atrocités.

J'avais le vertige d'écrire malgré les idées qui s'imposent, et une posture lasse face aux conflits.

Ne va pas croire que je rends les armes mais c'est la merde un peu partout. Il y a des gens qui tuent d'autres gens dans des salles de concert, des piscines d'hémoglobine en Syrie et des Boeing qui embrassent la montagne.

Il y a la haine de l'autre qui s'empare de celui-là, de celle-ci, et d'eux aussi. Meilleur manque d'espoir inhumain, catégorie fou à lier.

Mais l'autre, ce voisin dont tu ignores le nom, dont tu ignores l'histoire, cet autre, qu'il soit hétéro, gay, arabe, juif, black, blanc, beurre, cet autre est ton ami.

Et puisqu'il est devenu monnaie courant de s'engager dans la Marine et de virer de bord, j'écris pour revivre une toute autre époque, pour rentrer à la maison, du temps où Chirac trainait plus sa gueule sur ton poste que sur RAD en version 100% coton. L'ignorance de l'urgence sociétale était alors si délicieuse.

Eh dis, à quel moment tout a foutu le camp ?  On aurait pu s'aimer, on aurait pu vivre ensemble. 

Je ne peux pas t'en vouloir, il s'agit là de chagrin déguisé en cruauté. Il s'agit là, si ce n'est de peur, de nombreux appels au secours qui ont manqué de réponse, de vulnérabilité proche à celle des rez-de-chaussée. 

Mais j'ai honte. J'ai honte parce que la France est mon pays, la France a accueilli mon père, mes amis, ma famille entière. Et la France, elle est belle quand elle ouvre portes et fenêtres à ceux qui n'ont plus d'espoir.

Ce soir, j'espère qu'on aura un ciel barge des soirs roses, et dimanche j'irai voter, et j'y croirai très fort en me disant que ce n'est pas possible, que c'était une erreur, que ma jeunesse à moi, elle aime trop Zizou pour lui faire un coup de pute. 

Alors, comme le disait Michel, j'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques, à croire en l'autre, à croire que Daesh et Charlie ne sont pas le reflet de Karima, de Mathias, d'Omar, de Julie, de Sofiane, d'Abdel, de Sarah ou David. 

Dimanche, j'irai voter et je vais serrer très fort la chance, faire craquer ses petits os. 

On finira bien, je l'espère, par gagner en sérénité à force de solidariat. C'est l'heure où tout bascule et je me demande, à quelle heure exactement bascule t-on vers l'amour ?

Je t'embrasse.

 

Je dédis ce texte aux victimes du 13 novembre à Paris, à celles qui ont sauté des deux tours il y a quelques années, et à toutes les autres. 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 10:55

H.

 

A toi. L’histoire d’une de nos folies. A ces 1710 jours où je n’ai pas entendu ton rire. A tous ces matins frileux où, amore, j’ai en vain attendu un signe de toi, à toutes ces cigarettes menthol que j’ai fumées en ton absence, à tout ce que je n’ai pas pu te dire.

Pendant 1710 jours, j'ai feint la sérénité à force de manque, j’ai trouvé des parades, j’étirais les souvenirs, lentement, comme des boules de coton. Mais indéniablement, les rêves trahissent ce qui n'est pas, et dans les miens tu es partout.

C’est drôle, l’autre jour au hasard d’une rue, des effluves de "Féminité du bois" m’ont enveloppée comme un cocon et, en une seconde, tout m'est revenu en mémoire : les perles à tes oreilles, tes yeux de chat immenses, quelques notes de piano, oh la belle rouge, les écharpes si gracieusement enroulées à ton cou, les jardins sous la fontaine et ta douceur, surtout.

Alors voilà, j'aimerais m'attacher à être le plus près possible du concret, du tangible, du palpable, puisque cette masse informe d'existences me dit que c'est la norme, mais moi tu sais chérie, je respire encore Serge Lutens à ton cou au "Bar A la Lune", j'ai le regard vissé sur mon rétroviseur, je suis nostalgique du cool.

J’aime à croire, parfois, que tout sera comme avant, que ce silence n’était qu’une bête querelle de jeunes idiotes. Que tout cela n’a plus d’importance, l’eau a coulé sous le Pont des Morts.

Souvent, comme pour alléger le poids des remords, j’aime à penser que j’ai ma part de responsabilité dans ton bonheur ; pour que l’amour s’embrase il faut qu’il ait peur, et cette frayeur, quoique parfaitement involontaire, cette tempête amoureuse, t’aura menée jusqu’à l'autel.

A qui s'en prendre alors quand rien ne se passe comme prévu ? A moi ? A toi ? A lui ?
A personne, puisque dans cette société bouffée, rognée par l'égo et les faux-semblants, il est devenu urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux des choses.

Tu aimes les lettres alors voici la mienne, this is it, placardée au monde comme pour crier que tu me manques. Que je regrette. Tellement.

Il est étrange de penser que deux personnes autrefois si proches puissent devenir de si parfaites étrangères. But there ain't no mountain high enough, ain't no valley low enough, ain't no river wide enough, to keep me from getting to you.

A toi, ma meilleure ennemie, j'aurais aimé parfaire l'ourlet de ta robe blanche et te dire à quel point tu es jolie, m'assurer avec le plus grand soin que tu aies "something old, something new, something borrowed, something blue", mais il va être grandement question de se ressaisir au lieu de céder à la sentimentalisation exacerbée, à la cristallisation de ce qui s'est évaporé il y a 1710 jours.

Ton visage fera toujours écho à ma vie. 

 

Prends soin de toi.

E.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 09:25

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Il y a quelques jours, j’ai enfin vu « Mommy », le dernier film de Xavier Dolan.

Avec Dolan, c’est toujours compliqué ; l’univers de Dolan est, si ce n’est dérangeant, vraiment « intrusif ». On entre dans une sphère ultra privée, patchwork de sentiments riches et ambivalents de fougue, de rage, et d’amour dispersés.

« Mommy », son cinquième film, est une véritable claque qui nous explose les yeux et le cœur à tel point qu’on ne sait plus vraiment comment réagir. Je suis restée prostrée devant ce film, incapable de me défaire de mon siège, comme emportée par un ouragan intérieur, des sentiments mêlés, quelque chose de viscéral qui donne à la fois envie de hurler, de rire ou de dire à la terre entière tout son amour parce qu’il est question de ça, d’un amour sans bornes.

Comme souvent chez Dolan, les relations, et notamment les couples mère/fils sont le thème principal du film. On devine en filigrane les similitudes entre Steve, le personnage principal, et Dolan adolescent qu’on voyait dans « J’ai tué ma mère » en 2009.

Mais dans « Mommy », Dolan a vengé sa mère. « Mommy » apparaît comme le film de la réconciliation où la maman-boulet a laissé place à la mère courage.

Le spectateur cohabite ainsi avec Diane, « Die », Steve et Kyla, « une team » qui saura trouver un certain équilibre quand tout n’est que démesure, violence et rébellion.  Le film épouse le trouble de Steve, adolescent hyperactif, tout en dévoilant l’amour incommensurable qu’il éprouve pour sa mère et la très belle histoire d’amitié entre Kyla et Die.

 

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« Mommy » surprend d’entrée par son format 1:1, carré façon Instagram où tout est concentré, étriqué, asphyxié.

Les visages, les rues sont comme à l'étroit, probablement à l’image de la relation entre les personnages, au début très tendue, gênante. Ce carré donne le sentiment de regarder la vie par effraction, par le trou d'une serrure. Puis vient soudain la libération, Steve crie « Liberté ! » et l’on retrouve un court instant le format 16:9 avant que tout s’assombrisse à nouveau.

Les plans et la lumière sont d’une beauté époustouflante. La caméra de Dolan prend le temps de décortiquer le soleil, la brise légère, le visage d’une femme qui ferme les yeux, respire profondément et arrache une pomme d’un arbre tout en douceur, comme au ralenti.

Puis vient soudain la scène-crise, empreinte d’hystérie, de tensions et de violence, tant dans le langage que dans les actes, et ces chaud/froid sont un véritable nirvana émotionnel pour le spectateur, des montagnes russes permanentes, un raz de marée.

Les personnages de « Mommy » sont des marginaux, des grandes gueules aux looks criards qui écoutent Céline Dion, « trésor national », et font fi de la vision standardisée du « beau », au profit de la différence et des relations vraies. Ce film valorise des personnalités que la société a mis sur le banc de touche et les élève au rang d'icônes, suscitant admiration et identification. 

C'est ici que réside le génie de Dolan : parvenir à faire du mouton noir un héros, sorte d'idole accessible, lui donner de l'esthétisme, vendre sa différence et ses failles comme une force.

Voilà, j'ai vraiment adoré « Mommy », et je ne peux qu'appuyer la morale de Dolan : les sceptiques seront confondus.

 

Je vous embrasse.

Sources : les photos du film viennent du site Allociné.

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Publié par Elisa - dans Cinéma - TV
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:47

 

J’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

J’aurais aimé qu’on s’aime grand, qu’on ait l’arrogance de croire qu’on ne s’aime pas comme les autres.

J'aurais aimé t’aimer plus que n’importe qui de ma vie d’avant, me bercer d’illusions quant à notre immensité. Nous aurions été différents, nous nous serions aimé plus fort encore que l’amour, ce sentiment finalement médiocre tant tout le monde le ressent dans sa chair.

On se serait donné rendez-vous tard le soir au café St Germain, tu aurais pris une bière ambrée et j’aurais, une fois encore, abusé de la nicotine ; on aurait parlé longtemps, on aurait parlé vrai, avec toi toutes les théories auraient été dignes de développements prolixes. 

À l'aube, après que la ville aurait ôté sa robe bleu nuit, tu m'aurais avoué « sans toi la vie d’avant n’était en fait, qu’un demi-sommeil ».

Mêmes les ruelles glauques auraient été charmantes avec toi. Même la pâleur de septembre.

Je me serais mise à nu et, déshabillée de toute pudeur, tu aurais tout appris de moi : cette cicatrice sur mon genou droit, cette peur de l’inconnue qui fait souvent naître des sanglots irrépressibles et combien j’aime les tulipes jaunes. J’aurais appris ton visage, la tristesse de tes yeux quand tu ris et l’odeur de ta peau.

J’aurais été pour toi nouvelle et pourtant si familière.

Après une énième dispute pour des broutilles d’un accablant ridicule, j’aurais pleuré, même crié pour toi ; alors tes bras et le creux de ta nuque auraient été mon seul refuge.

La passion nous aurait emportés, traînés dans ses sombres filets et nous serions restés là, côte à côte, peau à peau, sans se soucier du temps qui passe, de la vie au-dehors.

Et j’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

Toi, tu aurais dû tuer mon manque d'amour, m'embarquer dans ce vertige dont Bashung parle si bien. J'ai crevé l'oreiller, j'ai dû rêver trop fort.

Mais ça caille dans mon lit, ça caille dans ma peau et j'imagine mille scénarii à la Claude Lelouch.

J'apprends à vivre avec un manque dont j'ignorais tout. Allongée, j'étreins mon propre corps et murmure des « je t'aime » vides de sens. Dans la rue, je regarde ces duos ne faire plus qu'un, noyés dans leur vertige. Je m'imagine des histoires là où il n'y a que pathétisme, car même si je feins d'assumer, j'en crève de ne pas aimer et être aimée comme ça.

Alors j'ai créé pour nous l’amour quantique, une toile d’interactions possibles, une infinité de souvenirs, ce que nous aurions pu être, ce que nous serons toujours et jamais à la fois. 

Notre légende personnelle.

 

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 11:26
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Salut les copains, 
Quelques photos de mon profil Instagram pour vous montrer mon intérieur.
Depuis quelques temps je m'intéresse beaucoup à la déco et certain(e)s d'entre vous m'ont demandé d'où venaient mes trouvailles, j'ai pensé qu'en parler sur le blog pourrait vous intéresser...
Vous trouverez les références des meubles et accessoires en fin d'article, bienvenue chez moi ♥.
 

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- Buffet maison de campagne "Basse-cour", Maisons du monde

- Canapé vintage "Watford", la Redoute

- Fauteuil "Strandmon", IKEA

- Tapis "Lappljung Ruta", IKEA

- Pouf capitonné velours prune, Galeries Lafayette

- Tables basses gigognes bambou naturel, Westwing

- Lampions ronds et pompon, Sous le lampion

- Table d'appoint acajou opium, similaire ici ou ici

- Bougie bonbonnière "Coeur de lin", Maisons du monde

- Meuble TV chinois (que j'ai poncé, repeint et patiné), même genre sur Teckhome

- Table à manger "Jules", Casa

- Chaises à barreaux "Jimi", la Redoute

- Suspension "Fillstra", IKEA

- Cache-pots et plantes, IKEA


Je vous embrasse.
 
Sources : les photos sont de moi et proviennent de mon compte Instagram, tous droits réservés Saute-moi au cou.
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 07:07

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L'autre soir, en matant le second volet du « Summer of the 90s » d'Arte j'ai eu une révélation, une révélation qui a répondu à l'éternelle question du pourquoi je (et dans une plus large mesure, la majorité de mes amis, et des tiens aussi), ne vis pas avec mon temps, pourquoi je suis restée kéblo en 90, pourquoi je suis dans le déni permanent d'une société qui est la mienne sans l'être tout à fait.

Ouais je te fais un teaser de malade façon « Songe d'une nuit d'été »...

1989, la chute du Mur de Berlin provoque un retour des libertés. Le mur n'est plus et cet événement a des retentissements dans toute l'Europe, laissant place à des années de déglingue, d’excès, de franchissement de toutes les limites préalablement établies. Comme si l’apparition du SIDA nous avait poussés à défier notre mortalité, nous avons plongé dans une sorte d’effervescence sexuelle à base de MDMA et de techno parade.  

« Les bras vers le ciel et les pieds sur la piste, les années 90 sont la décennie des soirées en clubs et des grandes messes électroniques. Le son de l’époque est celui de la fête. »

A l’image du titre de Rozalla « Everybody’s free », les années 90 et la dance culture sonnent le règne du divertissement, de l’acceptation voire la mise en exergue des différences. La nuit devient alors terre de liberté pour la communauté LGBT.

Les années 90 riment avec le trop, le too much, l’outrancier, l’interdit et surtout la transgression de l’interdit. Ca transpire dans la mode, dans les attitudes, la pratique du clubbing, les mœurs d’une société positive et active, à l’image de l’économie boostée par l’arrivée des nouvelles technologies.

Un samedi soir en apparence comme les autres, j'ai maté la première partie du documentaire d’Arte, « Welcome to the 90s » et j'ai ouvert les yeux sur ce que j’avais vécu. Inconsciemment, j’ai été le témoin d’une libéralisation totale des corps et des esprits sans réaliser la portée du truc.


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[Linda et Naomi pour Chanel, Versace et Anna Sui, 90's runways]


Mais le 11 septembre 2001 à 8h46, la ville de New York s'est retrouvée ensevelie sous les décombres, un brouillard poussiéreux a obscurci l’avenir, tout a foutu le camp.

J'avais treize ans, dans mon journal de l'époque j'ai écrit (ça va sois pas désagréable...) :

«  Mardi 11/09/01. 21h10. Le monde devient fou. Les Etats-Unis sont en guerre. Il y a eu quatre attentats aujourd'hui et des milliers de personnes sont entre la vie et la mort. J'ai peur que la France soit elle aussi bientôt en guerre, j'ai peur que cette vie parfaite ne s'arrête trop tôt.  »

Devant mon téléviseur, je me suis souvenue et j'ai réalisé avec horreur que les attentats du 11 septembre 2001 avaient mis un frein à l'élan de positivisme qui avait caractérisé la décennie précédente. Tout vient de là, le monde s'est arrêté de vivre le mardi 11 septembre 2001 à 8h46.  

J'ai eu un gros coup de flippe et des questionnements : comment seraient nos vies si ces putains d’avions n’avaient pas percuté les deux tours ? Et qui serions-nous ? 

Je suis probablement la seule à n'avoir pas pris conscience de ça mais cet événement a marqué un tournant phénoménal dans la vie des gens. Il ne s'agit plus simplement d'un fait historique mais d'une fracture sociétale : la peur s'est emparée de chacun d'entre nous, et si nous étions allés trop loin ? Et si cet excès de confiance avait provoqué ça ?

Entre 1989 et 2001, nous avons eu droit à douze ans de « no limit », douze années de vie à cent à l’heure, d’extase et puis plus rien.

Le 11 septembre, tout ce pour quoi la génération précédente avait lutté a fait son grand come-back : interdits, tabous, contrôles et frustration. Alors voilà, nous vivons aujourd'hui dans la frustration d’avoir été stoppés dans notre élan ; née à une époque où le roulage de pelles était roi, la génération Y vit en 2014 dans une société qui a peur et qui ne bouge plus ou très peu, une société qui a mis trop d’années à légaliser le mariage pour tous et qui se demande encore si un enfant peut vivre heureux avec deux papas et deux mamans.

Nous vivons dans l’incompréhension, nous vivons au ralenti.  

Alors, devant mon téléviseur j'ai tout compris, j'ai compris pourquoi tant de regrets, pourquoi j'aurais voulu que ça dure encore, j'ai compris et j'ai pensé qu'il fallait que tu saches, que tu saches ce qu'on aurait pu être, que 2015 aurait dû avoir la gueule que Zemeckis et Spielberg lui ont donné, avec des voitures qui volent et surtout l'effervescence d'une jeunesse qui n'a pas de limites.

Voilà, maintenant que j’ai bien mis l’ambiance je te laisse avec le documentaire « Welcome to the 90s », disponible en replay pendant sept jours sur le site d’Arte. Sept jour de réminiscence.

Je t'embrasse. 

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Publié par Elisa - dans Culture
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 12:55

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Tout l’été, Arte met chaque week-end les années 90 à l’honneur avec son « Summer of the 90s » présenté par Laurent Garnier (tu n’es pas sans savoir que je porte ces années très fort dans mon cœur).

Première grande rétrospective sur cette décennie, on y parle de bouleversements, de tendances, de rébellion et d’hystérie collective.

Arte revient, par le biais de documentaires et concerts, à l’essence même d’une période qui évolue sans mur de Berlin, avec l’arrivée du SIDA, de l’Internet, de la déferlante rap / hip hop et grunge, avec notamment Kurt Cobain et Nirvana, l’une des thématiques de ce premier volet.

Intitulé « Too young to die », le documentaire de Niels Negendank diffusé par Arte revient sur les années phares du groupe mythique, et plus précisément sur la personnalité destructrice de son lead singer.

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Kurt est né à Aberdeen en 1967, une ville déprimante de l'Etat de Washington où les jeunes font du bruit et se défoncent dans des squats pour combattre l'ennui et la dépression.

« La population d'Aberdeen est constituée de beaufs, bigots mâchonneurs de tabac, flingueurs de cerfs, tueurs de pédés, un tas de bûcherons pas vraiment portés sur les gugusses "new wave" »

J’y ai vu un rapport certain avec mon post de 2011 qui traitait d'une tendance à la déglingue volontaire, « vivre jeune, mourir vite et faire un beau cadavre ».

Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain ou Amy Winehouse, autant de noms évoquant une dépendance à la drogue et une incitation à la débauche, le fameux « Club des 27 », autant de destins brisés dans le feu de la gloire, leurs visages presque encore adolescents sur le papier glacé des tabloïds, comme pour demeurer éternellement.

Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, voici le documentaire en question.  


     

Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Culture
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