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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 09:08

Je suis partie longtemps je sais, j'ai disparu. J'ai mis quelques milliers de secondes à sortir de ma torpeur, la tête encore endolorie face à tant d'atrocités.

J'avais le vertige d'écrire malgré les idées qui s'imposent, et une posture lasse face aux conflits.

Ne va pas croire que je rends les armes mais c'est la merde un peu partout. Il y a des gens qui tuent d'autres gens dans des salles de concert, des piscines d'hémoglobine en Syrie et des Boeing qui embrassent la montagne.

Il y a la haine de l'autre qui s'empare de celui-là, de celle-ci, et d'eux aussi. Meilleur manque d'espoir inhumain, catégorie fou à lier.

Mais l'autre, ce voisin dont tu ignores le nom, dont tu ignores l'histoire, cet autre, qu'il soit hétéro, gay, arabe, juif, black, blanc, beurre, cet autre est ton ami.

Et puisqu'il est devenu monnaie courant de s'engager dans la Marine et de virer de bord, j'écris pour revivre une toute autre époque, pour rentrer à la maison, du temps où Chirac trainait plus sa gueule sur ton poste que sur RAD en version 100% coton. L'ignorance de l'urgence sociétale était alors si délicieuse.

Eh dis, à quel moment tout a foutu le camp ?  On aurait pu s'aimer, on aurait pu vivre ensemble. 

Je ne peux pas t'en vouloir, il s'agit là de chagrin déguisé en cruauté. Il s'agit là, si ce n'est de peur, de nombreux appels au secours qui ont manqué de réponse, de vulnérabilité proche à celle des rez-de-chaussée. 

Mais j'ai honte. J'ai honte parce que la France est mon pays, la France a accueilli mon père, mes amis, ma famille entière. Et la France, elle est belle quand elle ouvre portes et fenêtres à ceux qui n'ont plus d'espoir.

Ce soir, j'espère qu'on aura un ciel barge des soirs roses, et dimanche j'irai voter, et j'y croirai très fort en me disant que ce n'est pas possible, que c'était une erreur, que ma jeunesse à moi, elle aime trop Zizou pour lui faire un coup de pute. 

Alors, comme le disait Michel, j'appelle  les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques, à croire en l'autre, à croire que Daesh et Charlie ne sont pas le reflet de Karima, de Mathias, d'Omar, de Julie, de Sofiane, d'Abdel, de Sarah ou David. 

Dimanche, j'irai voter et je vais serrer très fort la chance, faire craquer ses petits os. 

On finira bien, je l'espère, par gagner en sérénité à force de solidariat. C'est l'heure où tout bascule et je me demande, à quelle heure exactement bascule t-on vers l'amour ?

Je t'embrasse.

 

Je dédis ce texte aux victimes du 13 novembre à Paris, à celles qui ont sauté des deux tours il y a quelques années, et à toutes les autres. 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 09:55

H.


A toi. L’histoire d’une de nos folies. A ces 1710 jours où je n’ai pas entendu ton rire. A tous ces matins frileux où, amore, j’ai en vain attendu un signe de toi, à toutes ces cigarettes menthol que j’ai fumées en ton absence, à tout ce que je n’ai pas pu te dire.

Pendant 1710 jours, j'ai feint la sérénité à force de manque, j’ai trouvé des parades, j’étirais les souvenirs, lentement, comme des boules de coton. Mais indéniablement, les rêves trahissent ce qui n'est pas, et dans les miens tu es partout.

C’est drôle, l’autre jour au hasard d’une rue, des effluves de "Féminité du bois" m’ont enveloppée comme un cocon et, en une seconde, tout m'est revenu en mémoire : les perles à tes oreilles, tes yeux de chat immenses, quelques notes de piano, oh la belle rouge, les écharpes si gracieusement enroulées à ton cou, les jardins sous la fontaine et ta douceur, surtout.

Alors voilà, j'aimerais m'attacher à être le plus près possible du concret, du tangible, du palpable, puisque cette masse informe d'existences me dit que c'est la norme, mais moi tu sais chérie, je respire encore Serge Lutens à ton cou au "Bar A la Lune", j'ai le regard vissé sur mon rétroviseur, je suis nostalgique du cool.

J’aime à croire, parfois, que tout sera comme avant, que ce silence n’était qu’une bête querelle de jeunes idiotes. Que tout cela n’a plus d’importance, l’eau a coulé sous le Pont des Morts.

Souvent, comme pour alléger le poids des remords, j’aime à penser que j’ai ma part de responsabilité dans ton bonheur ; pour que l’amour s’embrase il faut qu’il ait peur, et cette frayeur, quoique parfaitement involontaire, cette tempête amoureuse, t’aura menée jusqu’à l'autel.

A qui s'en prendre alors quand rien ne se passe comme prévu ? A moi ? A toi ? A lui ?
A personne, puisque dans cette société bouffée, rognée par l'égo et les faux-semblants, il est devenu urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux des choses.

Tu aimes les lettres alors voici la mienne, this is it, placardée au monde comme pour crier que tu me manques. Que je regrette. Tellement.

Il est étrange de penser que deux personnes autrefois si proches puissent devenir de si parfaites étrangères. But there ain't no mountain high enough, ain't no valley low enough, ain't no river wide enough, to keep me from getting to you.

A toi, ma meilleure ennemie, j'aurais aimé parfaire l'ourlet de ta robe blanche et te dire à quel point tu es jolie, m'assurer avec le plus grand soin que tu aies "something old, something new, something borrowed, something blue", mais il va être grandement question de se ressaisir au lieu de céder à la sentimentalisation exacerbée, à la cristallisation de ce qui s'est évaporé il y a 1710 jours.

Ton visage fera toujours écho à ma vie. 

 

Prends soin de toi.

E.

27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 08:25

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Il y a quelques jours, j’ai enfin vu « Mommy », le dernier film de Xavier Dolan.

Avec Dolan, c’est toujours compliqué ; l’univers de Dolan est, si ce n’est dérangeant, vraiment « intrusif ». On entre dans une sphère ultra privée, patchwork de sentiments riches et ambivalents de fougue, de rage, et d’amour dispersés.

« Mommy », son cinquième film, est une véritable claque qui nous explose les yeux et le cœur à tel point qu’on ne sait plus vraiment comment réagir. Je suis restée prostrée devant ce film, incapable de me défaire de mon siège, comme emportée par un ouragan intérieur, des sentiments mêlés, quelque chose de viscéral qui donne à la fois envie de hurler, de rire ou de dire à la terre entière tout son amour parce qu’il est question de ça, d’un amour sans bornes.

Comme souvent chez Dolan, les relations, et notamment les couples mère/fils sont le thème principal du film. On devine en filigrane les similitudes entre Steve, le personnage principal, et Dolan adolescent qu’on voyait dans « J’ai tué ma mère » en 2009.

Mais dans « Mommy », Dolan a vengé sa mère. « Mommy » apparaît comme le film de la réconciliation où la maman-boulet a laissé place à la mère courage.

Le spectateur cohabite ainsi avec Diane, « Die », Steve et Kyla, « une team » qui saura trouver un certain équilibre quand tout n’est que démesure, violence et rébellion.  Le film épouse le trouble de Steve, adolescent hyperactif, tout en dévoilant l’amour incommensurable qu’il éprouve pour sa mère et la très belle histoire d’amitié entre Kyla et Die.


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« Mommy » surprend d’entrée par son format 1:1, carré façon Instagram où tout est concentré, étriqué, asphyxié.

Les visages, les rues sont comme à l'étroit, probablement à l’image de la relation entre les personnages, au début très tendue, gênante. Ce carré donne le sentiment de regarder la vie par effraction, par le trou d'une serrure. Puis vient soudain la libération, Steve crie « Liberté ! » et l’on retrouve un court instant le format 16:9 avant que tout s’assombrisse à nouveau.

Les plans et la lumière sont d’une beauté époustouflante. La caméra de Dolan prend le temps de décortiquer le soleil, la brise légère, le visage d’une femme qui ferme les yeux, respire profondément et arrache une pomme d’un arbre tout en douceur, comme au ralenti.

Puis vient soudain la scène-crise, empreinte d’hystérie, de tensions et de violence, tant dans le langage que dans les actes, et ces chaud/froid sont un véritable nirvana émotionnel pour le spectateur, des montagnes russes permanentes, un raz de marée.

Les personnages de « Mommy » sont des marginaux, des grandes gueules aux looks criards qui écoutent Céline Dion, « trésor national », et font fi de la vision standardisée du « beau », au profit de la différence et des relations vraies. Ce film valorise des personnalités que la société a mis sur le banc de touche et les élève au rang d'icônes, suscitant admiration et identification. 

C'est ici que réside le génie de Dolan : parvenir à faire du mouton noir un héros, sorte d'idole accessible, lui donner de l'esthétisme, vendre sa différence et ses failles comme une force.

Voilà, j'ai vraiment adoré « Mommy », et je ne peux qu'appuyer la morale de Dolan : les sceptiques seront confondus.

 

Je vous embrasse.

Sources : les photos du film viennent du site Allociné.

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Published by Elisa - dans Cinéma - TV
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 06:47

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J’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

J’aurais aimé qu’on s’aime grand, qu’on ait l’arrogance de croire qu’on ne s’aime pas comme les autres.

J'aurais aimé t’aimer plus que n’importe qui de ma vie d’avant, me bercer d’illusions quant à notre immensité. Nous aurions été différents, nous nous serions aimé plus fort encore que l’amour, ce sentiment finalement médiocre tant tout le monde le ressent dans sa chair.

On se serait donné rendez-vous tard le soir au café St Germain, tu aurais pris une bière ambrée et j’aurais, une fois encore, abusé de la nicotine ; on aurait parlé longtemps, on aurait parlé vrai, avec toi toutes les théories auraient été dignes de développements prolixes. 

À l'aube, après que la ville aurait ôté sa robe bleu nuit, tu m'aurais avoué « sans toi la vie d’avant n’était en fait, qu’un demi-sommeil ».

Mêmes les ruelles glauques auraient été charmantes avec toi. Même la pâleur de septembre.

Je me serais mise à nu et, déshabillée de toute pudeur, tu aurais tout appris de moi : cette cicatrice sur mon genou droit, cette peur de l’inconnue qui fait souvent naître des sanglots irrépressibles et combien j’aime les tulipes jaunes. J’aurais appris ton visage, la tristesse de tes yeux quand tu ris et l’odeur de ta peau.

J’aurais été pour toi nouvelle et pourtant si familière.

Après une énième dispute pour des broutilles d’un accablant ridicule, j’aurais pleuré, même crié pour toi ; alors tes bras et le creux de ta nuque auraient été mon seul refuge.

La passion nous aurait emportés, traînés dans ses sombres filets et nous serions restés là, côte à côte, peau à peau, sans se soucier du temps qui passe, de la vie au-dehors.

Et j’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

Toi, tu aurais dû tuer mon manque d'amour, m'embarquer dans ce vertige dont Bashung parle si bien. J'ai crevé l'oreiller, j'ai dû rêver trop fort.

Mais ça caille dans mon lit, ça caille dans ma peau et j'imagine mille scénarii à la Claude Lelouch.

J'apprends à vivre avec un manque dont j'ignorais tout. Allongée, j'étreins mon propre corps et murmure des « je t'aime » vides de sens. Dans la rue, je regarde ces duos ne faire plus qu'un, noyés dans leur vertige. Je m'imagine des histoires là où il n'y a que pathétisme, car même si je feins d'assumer, j'en crève de ne pas aimer et être aimée comme ça.

Alors j'ai créé pour nous l’amour quantique, une toile d’interactions possibles, une infinité de souvenirs, ce que nous aurions pu être, ce que nous serons toujours et jamais à la fois. 

Notre légende personnelle.

 

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 10:26
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Salut les copains, 
Quelques photos de mon profil Instagram pour vous montrer mon intérieur.
Depuis quelques temps je m'intéresse beaucoup à la déco et certain(e)s d'entre vous m'ont demandé d'où venaient mes trouvailles, j'ai pensé qu'en parler sur le blog pourrait vous intéresser...
Vous trouverez les références des meubles et accessoires en fin d'article, bienvenue chez moi ♥.

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- Buffet maison de campagne "Basse-cour", Maisons du monde

- Canapé vintage "Watford", la Redoute

- Fauteuil "Strandmon", IKEA

- Tapis "Lappljung Ruta", IKEA

- Pouf capitonné velours prune, Galeries Lafayette

- Tables basses gigognes bambou naturel, Westwing

- Lampions ronds et pompon, Sous le lampion

- Table d'appoint acajou opium, similaire ici ou ici

- Bougie bonbonnière "Coeur de lin", Maisons du monde

- Meuble TV chinois (que j'ai poncé, repeint et patiné), même genre sur Teckhome

- Table à manger "Jules", Casa

- Chaises à barreaux "Jimi", la Redoute

- Suspension "Fillstra", IKEA

- Cache-pots et plantes, IKEA


Je vous embrasse.

Sources : les photos sont de moi et proviennent de mon compte Instagram, tous droits réservés Saute-moi au cou.
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 06:07

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L'autre soir, en matant le second volet du « Summer of the 90s » d'Arte j'ai eu une révélation, une révélation qui a répondu à l'éternelle question du pourquoi je (et dans une plus large mesure, la majorité de mes amis, et des tiens aussi), ne vis pas avec mon temps, pourquoi je suis restée kéblo en 90, pourquoi je suis dans le déni permanent d'une société qui est la mienne sans l'être tout à fait.

Ouais je te fais un teaser de malade façon « Songe d'une nuit d'été »...

1989, la chute du Mur de Berlin provoque un retour des libertés. Le mur n'est plus et cet événement a des retentissements dans toute l'Europe, laissant place à des années de déglingue, d’excès, de franchissement de toutes les limites préalablement établies. Comme si l’apparition du SIDA nous avait poussés à défier notre mortalité, nous avons plongé dans une sorte d’effervescence sexuelle à base de MDMA et de techno parade.  

« Les bras vers le ciel et les pieds sur la piste, les années 90 sont la décennie des soirées en clubs et des grandes messes électroniques. Le son de l’époque est celui de la fête. »

A l’image du titre de Rozalla « Everybody’s free », les années 90 et la dance culture sonnent le règne du divertissement, de l’acceptation voire la mise en exergue des différences. La nuit devient alors terre de liberté pour la communauté LGBT.

Les années 90 riment avec le trop, le too much, l’outrancier, l’interdit et surtout la transgression de l’interdit. Ca transpire dans la mode, dans les attitudes, la pratique du clubbing, les mœurs d’une société positive et active, à l’image de l’économie boostée par l’arrivée des nouvelles technologies.

Un samedi soir en apparence comme les autres, j'ai maté la première partie du documentaire d’Arte, « Welcome to the 90s » et j'ai ouvert les yeux sur ce que j’avais vécu. Inconsciemment, j’ai été le témoin d’une libéralisation totale des corps et des esprits sans réaliser la portée du truc.


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[Linda et Naomi pour Chanel, Versace et Anna Sui, 90's runways]


Mais le 11 septembre 2001 à 8h46, la ville de New York s'est retrouvée ensevelie sous les décombres, un brouillard poussiéreux a obscurci l’avenir, tout a foutu le camp.

J'avais treize ans, dans mon journal de l'époque j'ai écrit (ça va sois pas désagréable...) :

«  Mardi 11/09/01. 21h10. Le monde devient fou. Les Etats-Unis sont en guerre. Il y a eu quatre attentats aujourd'hui et des milliers de personnes sont entre la vie et la mort. J'ai peur que la France soit elle aussi bientôt en guerre, j'ai peur que cette vie parfaite ne s'arrête trop tôt.  »

Devant mon téléviseur, je me suis souvenue et j'ai réalisé avec horreur que les attentats du 11 septembre 2001 avaient mis un frein à l'élan de positivisme qui avait caractérisé la décennie précédente. Tout vient de là, le monde s'est arrêté de vivre le mardi 11 septembre 2001 à 8h46.  

J'ai eu un gros coup de flippe et des questionnements : comment seraient nos vies si ces putains d’avions n’avaient pas percuté les deux tours ? Et qui serions-nous ? 

Je suis probablement la seule à n'avoir pas pris conscience de ça mais cet événement a marqué un tournant phénoménal dans la vie des gens. Il ne s'agit plus simplement d'un fait historique mais d'une fracture sociétale : la peur s'est emparée de chacun d'entre nous, et si nous étions allés trop loin ? Et si cet excès de confiance avait provoqué ça ?

Entre 1989 et 2001, nous avons eu droit à douze ans de « no limit », douze années de vie à cent à l’heure, d’extase et puis plus rien.

Le 11 septembre, tout ce pour quoi la génération précédente avait lutté a fait son grand come-back : interdits, tabous, contrôles et frustration. Alors voilà, nous vivons aujourd'hui dans la frustration d’avoir été stoppés dans notre élan ; née à une époque où le roulage de pelles était roi, la génération Y vit en 2014 dans une société qui a peur et qui ne bouge plus ou très peu, une société qui a mis trop d’années à légaliser le mariage pour tous et qui se demande encore si un enfant peut vivre heureux avec deux papas et deux mamans.

Nous vivons dans l’incompréhension, nous vivons au ralenti.  

Alors, devant mon téléviseur j'ai tout compris, j'ai compris pourquoi tant de regrets, pourquoi j'aurais voulu que ça dure encore, j'ai compris et j'ai pensé qu'il fallait que tu saches, que tu saches ce qu'on aurait pu être, que 2015 aurait dû avoir la gueule que Zemeckis et Spielberg lui ont donné, avec des voitures qui volent et surtout l'effervescence d'une jeunesse qui n'a pas de limites.

Voilà, maintenant que j’ai bien mis l’ambiance je te laisse avec le documentaire « Welcome to the 90s », disponible en replay pendant sept jours sur le site d’Arte. Sept jour de réminiscence.

Je t'embrasse. 

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Published by Elisa - dans Culture
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 11:55

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Tout l’été, Arte met chaque week-end les années 90 à l’honneur avec son « Summer of the 90s » présenté par Laurent Garnier (tu n’es pas sans savoir que je porte ces années très fort dans mon cœur).

Première grande rétrospective sur cette décennie, on y parle de bouleversements, de tendances, de rébellion et d’hystérie collective.

Arte revient, par le biais de documentaires et concerts, à l’essence même d’une période qui évolue sans mur de Berlin, avec l’arrivée du SIDA, de l’Internet, de la déferlante rap / hip hop et grunge, avec notamment Kurt Cobain et Nirvana, l’une des thématiques de ce premier volet.

Intitulé « Too young to die », le documentaire de Niels Negendank diffusé par Arte revient sur les années phares du groupe mythique, et plus précisément sur la personnalité destructrice de son lead singer.

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Kurt est né à Aberdeen en 1967, une ville déprimante de l'Etat de Washington où les jeunes font du bruit et se défoncent dans des squats pour combattre l'ennui et la dépression.

« La population d'Aberdeen est constituée de beaufs, bigots mâchonneurs de tabac, flingueurs de cerfs, tueurs de pédés, un tas de bûcherons pas vraiment portés sur les gugusses "new wave" »

J’y ai vu un rapport certain avec mon post de 2011 qui traitait d'une tendance à la déglingue volontaire, « vivre jeune, mourir vite et faire un beau cadavre ».

Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain ou Amy Winehouse, autant de noms évoquant une dépendance à la drogue et une incitation à la débauche, le fameux « Club des 27 », autant de destins brisés dans le feu de la gloire, leurs visages presque encore adolescents sur le papier glacé des tabloïds, comme pour demeurer éternellement.

Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, voici le documentaire en question.  


     

Je vous embrasse.

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 07:12


Salut les copains, vous allez bien ?

Beaucoup d'entre vous l'ont certainement déjà vu mais je voulais quand même partager ce documentaire de Spike Lee sur les 25 ans de la sortie de l'album "Bad" de MJ ♥.

Il est passé sur ABC en 2012 puis récemment sur Arte et c'est une tuerie (si tu comprends bien l'anglais). 

Ca fait 5 ans que Michael est parti loin...des centaines de jours que je l'aime toujours très très fort, des centaines de nuits sans étoile.

Je vous embrasse.
 

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Published by Elisa - dans Musique
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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 18:26

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Cher Zizou,

J'espère que tu vas bien. Tu sais, le 20 juin dernier, on a beaucoup pensé à toi. Il était environ vingt-trois heures et la France criait comme un seul homme.

Quand j'y repense les larmes me viennent parce que c'était fou, on pleurait de joie, on pleurait comme ce 12 juillet 1998 où tu as tout changé, on pleurait parce qu’il n’y avait plus de frontières, plus d’autre volonté que d’être ensemble.

Ce 20 juin dernier, on pleurait parce que pendant quatre-vingt-dix minutes, personne n’a parlé des 25% et des pains au chocolat. Dans cette morosité ambiante où la haine de l’autre est roi, on a tous oublié Marine, il restait que du bleu.

J’ai eu l’impression de remonter le temps, de te revoir sur le terrain, non pas numéro dix mais numéro un, l’idole de toute une génération, avec tes copains Desailly, Thuram, Djorkaeff, Lizarazu, Karembeu, Barthez et les autres. Votre famille c’était notre famille, votre famille c’était la France et je te jure mon frère, votre ombre planait sur Salvador.

Bixente et Didier étaient émus tu sais, tu l’étais certainement aussi. Ce que vous avez vécu doit rester gravé dans vos mémoires comme un précieux trésor. L'accomplissement d'une vie, des heures et des heures ballon au pied jusqu'à ce que la nuit tombe, depuis tout gosses. Nous dans le fond, on n’a rien fait pour ça, on a assisté au spectacle, on a applaudi et chanté très fort, on s’est embrassé longtemps.

Alors, le 20 juin dernier, dans les rues de toutes les villes le peuple a laissé exploser sa joie comme il y a seize ans, t’aurais dû voir comme c’était beau, le drapeau français agité aux quatre vents. Tricolore façon Noirs, Blancs, Jaunes dépourvus d'armes blanches, on a montré à ces gens verts de rage que les Bleus pouvaient renaître.

Certains ont parlé d’hypocrisie, mais moi j’y ai vu de l’espoir, l’espoir qu’ils réalisent que comme celle de l'équipe de France, la diversité nous nourrit, qu’elle est source de joie, dans le sport ou dans la culture, dans les yeux des gosses qui rêvent d’être Tony Parker ou Nadal, d’être grands comme toi.

J’ai l’espoir qu’un jour nous formions une équipe de soixante-cinq millions de joueurs prêts à faire barrage contre l’intolérance. 

Je ne sais pas quel sera l'avenir de ce pays, mais cette Coupe du monde elle nous fait du bien tu sais. 

Pour le prochain match, j'irai me noyer dans la foule avec mes amis, on sera fiers si l'équipe de France fait des prouesses, on sera fiers et on sera heureux.

J'aurai une pensée émue pour toi, pour la petite fille de dix ans que j'étais, nulle en mathématiques parce que le numéro dix était à ses yeux un nombre premier.  

Je t'embrasse, je t'aime tu sais, prends soin de toi.

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 09:28

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Comme à chaque fois, j'ai merdé en beauté ; je m'applique minutieusement à reproduire des schémas de déglingue merveilleuse en me piquant toujours au même endroit, junky de la love ou quelque chose du genre. 

C'est toujours la même, je théorise le féminisme mais fantasme le SM, je me laisse prendre là où j'avais juré qu'on ne m'y reprendrait plus, je déclare quotidiennement ma flamme aux pavés lorsque, dans la chute, ils effleurent ma gueule ensanglantée.

Je porte l'uniforme du chagrin aussi bien que Norma Jeane en robe blanche sur les grilles de métro.

Tout a commencé là, une de ces nuits humides où l’on vacille entre lourdeur et vent glacial. Une heure et des poussières, et bientôt la nuit serait baignée du bruit des chaises que les garçons remballent, quand tout le monde tangue, se laisse griser, la sève est du champagne et vous monte à la tête.

Cette nuit-là, plus encore que les autres, nous avons joué avec le feu, ri à gorge déployée dans les vapeurs de nicotine, toujours les mêmes, celles qui m'embobinent et me détruisent, chiennes de nuées cancérigènes voilant ton visage par endroits.

Je ne me souviens plus très bien ;  parfois pourtant, des flashbacks viennent s'intercaler dans ma vie comme des diapositives en slow motion.

Il pleuvait fort et je t’ai dit, « On va courir sous la pluie comme dans les films ! », on était bien je crois, j’ai cru. 

C’est beau une ville la nuit. Rue Sainte Marie, quand les ailes des insectes se brûlent aux ampoules des réverbères dans un grésillement soporifique, quand les yeux fatiguent de s’être trop enivré, admiré. Les miens étaient épuisés, prix à payer pour connaître chaque fracture sous ta peau.

De cocktails en cocktails j'ai baissé ma garde, tu as squatté mon royaume, toi l'envahisseur. En princesse titubante et fatalement dans l'hyperbole, le bouffon que tu étais s'est fait chevalier blanc. 

L'alcool est un puissant téléphone arabe, il déforme les idées de bouche en bouche.

Nous avons couru comme des enfants dans cette ville que l’on connaît par cœur, chaque pas était un bonheur douloureux. Et c’est étrange, tu avais mis ta carapace, ton air nonchalant, distrait, distant, comme une écharpe à ton cou pour te tenir chaud, mais j’avais cru lire dans tes yeux comme un appel au secours. Nos pas dans les flaques formaient des cercles à l’infini, nous avions mis le doigt sur l’épicentre de ce qui aurait pu être.

Une fois encore, tu n'as pas voulu me tenir la main, trop love love, dégueulis de sentiments qui écoeure ta fierté. Amoureuse perverse, j'avais cru pouvoir révéler à tes yeux la naissance de quelque chose, faire éclore l'œuf encore intact d'une passion dévorante, ravageuse. Il est étrange de constater que nos peaux peuvent s'adorer comme l'on se déteste.

Le verdict est sans appel : je tâche sans cesse de m'amourâcher d'hommes comme toi, empêtrés de réticences face à l'éventuelle horreur d'être emportés par quelque chose de grand.

Quand tu as passé la porte pour la dernière fois, il était trois heures et neuf minutes, et bientôt le ciel serait baigné d’une douce lumière, celle qui efface les souvenirs de la veille, qui lave les effluves d’alcool et les mauvais rêves.

Cette nuit-là, j’ai beaucoup pleuré. J’ai pleuré tout ce que j’avais sur le cœur, toutes les mauvaises décisions que j’avais prises jusqu’alors, j’ai pleuré vingt-six ans de regrets, de symétrie parfaite de mes échecs. J’ai pleuré toute la nuit, une de ces nuits humides où l’on vacille entre lourdeur et vent glacial.

À l'aube, les pavés de la ville avaient séché, j’ai écrit ces mots et me suis efforcée d’oublier ton visage, je ne lirai plus rien dans tes yeux.

Je te laisse le soin d'un jour comprendre que ton manque de courage a tout saboté.

 

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