31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:24


Le contentement étant l’excellence du pauvre, je m’essouffle à chercher un moi meilleur qui court toujours trop vite.

Mes yeux constamment rivés vers l'horizon, je rêve au grand, au fort, au tempétueux lointain.

Tout quitter pour fouler une herbe pas plus verte ailleurs, vouloir des lendemains glorieux qui seront des hier minables. Cumuler folie des grandeurs et peur du vide avec brio.


Ici, à la nuit tombée, Stan Smith côtoie Sandro chez Colette et les Vogue mentholées se parent de rouge à lèvres Mac. Chacun parfait l’ensemble d’un air satisfait, syndrome d’une génération Y insatisfaite.

Rue Sainte-Marie, l’électro crade résonne dans les têtes fiévreuses et la coke affame jusqu’à pas d’heure. Entre deux mojitos fraise, la gente féminine s’applique à croiser des regards vitreux dans l’espoir d’un coït brutal contre une porte où il est écrit 'peace and love' au Tippex.

Trimbaler dans sa besace du latex en ribambelle pour cinq minutes de vie intense. Du pur kiffe sensoriel aux allures de porno garage.

Getting laid or getting lost.


À deux heures du matin, chacun fait le bilan autour d’un kebab et jure sur tous les saints qu’on ne l’y reprendra plus. « Tu crois qu’il m’aime ? », non je crois pas, il se branlerait autant sur une guitare.

Rue Sainte-Marie, on boit jusqu’à la lie pour ne plus souffrir de glossolalie.

Les pavés sont le dortoir des gens bien. Chacun y conte ses problèmes de petits Blancs bourgeois qui n'ont pas de problèmes comme une berceuse pour s'endormir. L'enchaînement clope sur clope a remplacé le sein de la mère.

Le monde de la nuit m'écœure autant qu'il me fascine, spectacle de désolation où l'on assiste chaque soir à la destruction de nos idéaux au profit du prosaïque. Vautré dans un fauteuil aux ressorts fatigués, diluer ses troubles dans des shots de vodka jusqu'à la crise d'épilepsie.


Et moi, je voudrais seulement voir la mer. Le vent faisant écho au cri des cormorans, admirer les vagues se briser sur les rochers, se retirer sans fin pour un énième duel.

Faire des fucks à cette masse râlante qui ne jure que par la peur de l'échec et les habitudes moroses. Prendre le large et un aller simple. 

Mes petites et grandes réussites n’auront jamais autant de panache.

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commentaires

Jean 05/04/2017 12:13

<3