1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 18:12

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Nous sommes en 2010 et le grand Tim Burton sort son adaptation tant attendue de l’œuvre carollienne « Alice's Adventures in Wonderland ».

Et ce film, comme la majorité des superproductions ayant bénéficié d’une promo de ouf, fut un gros échec artistique, un truc médiocre.

Burton a beaucoup déçu. Beaucoup le disent fini, plus de dix ans qu’il tourne en rond en nous livrant toujours les mêmes recettes basées sur le même casting, son PACS avec Johnny Depp, et sa meuf, Helena Bonham Carter. Et dans le même temps, là n’est pas tellement le souci, c’est comme Scorcese et Di Caprio, Allen et Johansson, David Lynch et Laura Dern, c’est une sorte de famille qu’on retrouve, des repères.

Mais y a un truc étrange chez Burton; en fait, ses films se ressemblent tellement que j'ai comme l'impression qu'ils s'annulent. On s'embrouille, on ne sait plus vraiment quel détail appartient à quel film, et j'ai du mal à savoir lequel je préfère.

Mais les films de Burton sont toujours autant attendus, et sur cette déception mêlée de lassitude, on espérait beaucoup de « Dark Shadows », comme si le public suppliait Burton de lui livrer un chef d’œuvre digne de ses débuts.

J'ai vu « Dark Shadows » et sincèrement, je ne parviens pas à trancher.


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Alors, pour te la faire courte – on n’est pas sur Allociné non plus – c’est l’histoire d’un gars, Barnabas Collins, qui a quand même vachement la classe. Ouais ce gars il a la classe avec son accent british, son teint blafard et ses chemises à jabot. Mais là n'est pas tellement le propos.

Barnabas est un gros blindé qui vit dans un manoir sur la côte Est des Etats-Unis. Nous sommes dans les années 1770, il sort avec une nana vachement canon, Angélique Bouchard (Eva Green est trop bonne on va pas tergiverser), sauf que ce gars se la raconte un peu, Angélique n’est pas assez bien pour lui, bref il la largue comme une vieille merde, et ça Angélique, ça ne lui plait pas trop. Elle jette alors une malédiction sur la famille Collins, fait de Barnabas un vampire et l’emprisonne dans un cercueil, normal quoi.

Deux cent piges plus tard, 1972, une bande d’ouvriers débarque pour terrasser la zone, cause construction d’un Mac Donald’s, et Barnabas se réveille dans un monde qu’il ignore totalement, une nouvelle époque, peace and love, fais tourner la cam et tout ça.

Voilà j’te passe les détails. On a affaire ici à une immersion dans les années hippies, à travers les yeux d’un vampire ultra chic qui n’a pas vraiment l’habitude d’écouter du Pink Floyd.


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Le casting, comme à son habitude, regroupe de très grands et bons comédiens, Michelle Pfeiffer et Eva Green en tête, deux bombes blondes aussi sexy qu’ennemies.

Mais ce qui est intéressant dans ce film, c’est la critique sociale que l’on peut en tirer. L’ennui de la famille américaine totalement abrutie et nihiliste, que l’on retrouvait déjà dans « Edward aux mains d’argent », et a fortiori l’ennui de toute une civilisation adepte du Big Mac et autres TV shows très peu culturels.

Mais le grand talent de Burton, c’est de ne jamais rendre cette critique réactionnaire. On n’a pas affaire ici à un documentaire à la Michael Moore, la critique est très subtilement amenée dans le jeu et dans le scénario. La famille dans son ensemble pitoyable regroupe des individualités médiocres, la mère manifestement frigide et aigrie, le père infidèle et finalement absent, la fille au langage fleuri et aux poses alanguies façon toxico, le médecin aussi timbré que tous les autres, en somme, des ratés qui ont à juste titre recours à la psychanalyse de comptoir pour donner un sens à leur existence.

Il y a aussi beaucoup d’humour, dû notamment au décalage du personnage principal avec son époque qui donne lieu à quelques répliques drôles (« Ugliest woman I have ever seen », en parlant d’Alice Cooper himself, qui fait une courte apparition).


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La lumière et les images sont un peu mortelles – au  sens propre comme au figuré – les costumes, les maquillages sont dignes des plus grands, c’est un joli travail de réalisation esthétique et c’est quelque chose qu’on n’enlèvera jamais à Burton, ses décors et l’ambiance de ses films ont toujours relevé du génie. 

Mais c’est surtout la bande originale du film qui déchire un max, avec entre autres, Iggy Pop, Alice Cooper, Donovan et Barry White.

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Pour le reste, « Dark Shadows » regroupe tout ce qui fait le cinéma de Burton depuis des années et ne va pas réinventer la poudre. Cette quinzième réalisation restant dans la droite ligne de ses travaux antérieurs, attendons de voir ce que le cinéaste fera ensuite.

Une chose est certaine, les critiques n’altèreront jamais l’engouement que provoque la sortie d’un nouveau Burton, et ce mec je le porte vraiment dans mon coeur.

Voilà, c’était un peu long pour une meuf qui ne savait pas quoi en dire. 


Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Cinéma - TV
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commentaires

Angela Donava 04/06/2012 11:46

Un post tres unteressant!J'aime les photos!
Angela Donava
http://www.lookbooks.fr