11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:23

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Ce titre est une citation de la très grande et belle Marilyn Monroe.

Il y a quelques temps, je parlais dans un post du document d’Anthony Summers intitulé « Les vies secrètes de Marilyn Monroe ». La semaine dernière, France 2, dans son émission « Un jour, un destin » a consacré un volet à Marilyn.

Dans le livre d’Anthony Summers, Norman Rosten, poète et ami de Marilyn écrit :

« A Hollywood, l’industrie donne, l’industrie prend, c’est une fabrique de rêves qui avait créé une fille de rêve. Pouvait-elle s’éveiller à la réalité ? Y avait-il une vie pour elle en dehors du rêve ? »

Je souhaitais dans ce post vous parler de Marilyn d’une part, mais dans une plus large mesure, de la célébrité, la célébrité et son poids, son prix et ses ravages.

 

Marilyn by Elliot Erwitt

Chacun d’entre nous, toutes générations confondues, pense connaître par cœur les grands mythes tels que Michael Jackson, Madonna ou Marilyn pour ne citer qu’eux, des stars et starlettes encensées, leur image placardée sur tous les boulevards de toutes les villes de tous les pays du monde, mais la vérité, c’est que voir n’est pas connaître.

Anthony Summers, l’un des principaux producteurs de la BBC, a passé deux ans à enquêter sur Norma Jeane Baker, aka Marilyn Monroe, pour dépeindre dans son livre le portrait pathétique et pitoyable d’une femme seule, accro à l’alcool et aux drogues.

Dans le fond, les grandes personnalités que l'on pense connaître ont toutes cherché à combler un manque – manque d’amour, manque de confiance – par l’admiration du public, ces visages et ces mains tendues que l’on aperçoit entre deux spotlights, ces visages et ces mains que l’on ne connaît pas.

Marilyn a depuis toujours vécu sans attaches, sans père, sans réelle famille, sans réelle appartenance. Comment se construire sans repères ? Comment alors ne pas sombrer ou perdre la face ?

Après maintes recherches, je suis parvenue à trouver une interview de Marilyn sous-titrée en français et commentée par Catherine Deneuve (et si ça c’est pas de la starlette je ne réponds plus de rien). Vous pouvez visionner l’intégralité de ce documentaire en six parties en cliquant sur le premier lien qui apparaît à la fin de la vidéo. Je m’excuse par avance pour la qualité médiocre du son, la qualité du reste surpasse largement ce détail.

 

 


Dans ce premier extrait, Marilyn évoque son enfance avec beaucoup d’humour. Catherine Deneuve nous dit très justement que Marilyn est une enfant, une enfant dans un corps de déesse, un fantasme.

J’ai toujours pensé qu’il fallait beaucoup de courage et de force pour dissimuler la tristesse la plus profonde derrière un sourire, seuls les grands Hommes le font, les grands Hommes et les étoiles.



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Photos de Milton Greene, photographe très proche de Marilyn et l'un des seuls à avoir vu en elle une véritable actrice au-delà de l'image de sex-symbol.


Ce qui me frappe le plus chez Marilyn, c'est cette capacité à toujours cacher ses sentiments derrière un masque, cette obsession pour la perfection qui l'oblige à jouer en permanence. Norman Jeane passe le seuil de la porte et endosse le rôle de Marilyn, cette femme fatale au sourire ravageur dont tous les hommes rêvent, cette gestuelle et ce pincement de lèvres si parfait, Marilyn rime avec grâce.

La célébrité vous enferme dans un personnage, elle vous oblige à incarner le rêve, à susciter l’envie. Mais qui peut réellement comprendre l'existence que mène une telle artiste une fois le rideau baissé?

« La nuit, quand je regardais Hollywood, je me disais souvent 'il doit y avoir des milliers de filles seules, comme moi, qui rêvent de devenir vedettes de cinéma.' Une carrière, c'est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit quand on a froid.»

Marilyn n’avait que peu d’amis dans la profession, Frank Sinatra, Dean Martin, les Kennedy et le reste de la bande du « rat-pack » en faisaient partie. Ensemble, quelques années avant sa mort, ils passent des soirées au « Sands », un casino de Las Vegas où Sinatra fait ses représentations.

On peut toutefois légitimement se demander quelle était la nature de ces relations, lorsque l’on joue soi-même un rôle, peut-on vraiment considérer les autres comme des amis sincères ? Où commence la vérité derrière les faux-semblants ?

 

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Peter Lawford, Frank Sinatra, Marilyn Monroe et Patricia Kennedy Lawford découvrant le Polaroïd en 1960.

 

Dans cette frénésie hollywoodienne où tout n'est qu'apparence, je pense que l'on finit tôt ou tard par se perdre ; on se lève un matin et l'on ne reconnaît plus ce visage dans le miroir, cette vie inventée finit par prendre le dessus sur la vie réelle, et Marilyn avait régulièrement tendance à fabuler, à concevoir de toutes pièces des faits qui ne s’étaient jamais produits.

Elle réécrivait l'histoire ainsi qu'elle aurait dû se produire, et cette recherche de la perfection est intrinsèquement liée à un besoin d'être aimée, de susciter à la fois la compassion et l'admiration.


« A Hollywood, on vous paiera un baiser mille dollars, et on donnera cinquante cents pour votre âme. Je le sais, parce que j'ai très souvent refusé la première proposition, et très souvent mendié la seconde. »

Marilyn a toujours voulu prouver que derrière cette plastique idéale se cachait une vraie actrice, et que les louanges ne sont que le fruit d'un travail acharné. Elle a longtemps souffert de l'image qu'Hollywood a renvoyé d'elle et s'est battue toute sa vie contre des moulins à vent pour gommer l'étiquette de pin-up qui lui collait à la peau.

 

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Quelques images de son dernier film inachevé, « Something’s got to give », véritable calvaire pour le réalisateur George Cukor en raison des absences répétées de Marilyn. Encore une fois, c'est sa plastique qui la sauvera.

 

A Hollywood, on vous fait des cadeaux pour bien vite vous les reprendre, rien n'est jamais acquis sans sueur et sans larmes. Norma Jeane s’est comme beaucoup d’autres égarée dans un monde imaginaire de strass et de paillettes, en voulant être aux yeux des autres immortelle.

Quelques semaines avant sa disparition, elle écrira dans un télégramme destiné à Robert Kennedy, le frère de John, « Tout ce que nous voulions, était notre droit à scintiller ».

Elle avait mérité ce droit, et en ce siècle passé qui inventa les « étoiles », les simples mortels que nous sommes l’avons faite déesse.


Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Culture
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