17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:19
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Klapisch, c'est trop ma star de cinéma, parce qu'il raconte la vie à tes yeux.
Klapisch, il te ramène à l’essentiel : les relations humaines et l'incroyable proximité des êtres. 
La vie selon Klapisch c’est ça : un point A -------- vers un point B. Mais pour Xavier, le héros de « L’Auberge espagnole », « Les Poupées russes » et « Casse-tête chinois », le problème c’est le point B...Xavier n’a pas de fil conducteur, alors c'est toujours un peu le bordel.
Pour la plupart des gens, chaque trajet de chaque jour s’additionne aux autres et mène petit à petit à un grand but. Un but unique, ultime, comme une lumière au bout d’un tunnel, tout ça est merveilleusement linéaire.
Moi donc, c'est pas comme ça.
Le problème de Xavier, depuis son année tumultueuse à Barcelone, c’est que tout est toujours très compliqué, ses choix sont cornéliens et son coeur, dans le doute.
A 25 ans, il s’envolait pour une année en Erasmus dans la capitale catalane ; à 30 ans, il partait à St-Pétersbourg avec Wendy, et à 40 ans, on le retrouve à New-York, au beau milieu de Chinatown en père de famille entouré des femmes de sa vie.



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À New-York, t'es rivé au sol. En étant rivé au sol tu comprends que New-York c’est une ville qui délire sur le ciel. Ce que New-York vend au monde entier comme image c’est la skyline, les skyscrapers, les penthouses,  les rooftops, le seul truc qui intéresse les gens ici, c’est d’être proche du ciel. En réalité, c’est une ville qui est coupée en deux. (...) Le sol new-yorkais, c’est comme la peau d’un boxeur qui a pas de fric pour se payer des pansements après un match, tu roules sur la peau d’un zombie, un accro aux tatouages, aux piercings, au crack et aux scarifications.
Ce que j’aime chez Klapisch, c’est sa façon de filmer le quotidien et les gens tels qu’ils sont, avec simplicité et réalisme, avec leur langage, leurs manies et défauts.
Dans « Casse-tête chinois », Xavier, fraîchement séparé de Wendy, cherche sa place en tant que père, en tant que fils, dans un joyeux bordel mêlant homoparentalité, immigration ou travail clandestin. La vie de Xavier, elle ressemble finalement beaucoup à New-York et notre société : elle hésite entre l'ordre et le chaos.
Pour ce film, Klapisch s'est inspiré des codes couleurs (principalement des déclinaisons de vert et de bleu) et cadrages très particuliers du photographe Alex Webb, maître absolu dans l'art de décrire la vie comme un gros bordel tout en composant des images très sophistiquées, une sorte de bordel maîtrisé. 

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Avec ce troisième volet de la « Trilogie des voyages de Xavier », Klapisch crée des films miroirs qui parlent à toute une génération.
Ces films, c’est l’histoire des 18-35 ans qui ont grandi avec une mondialisation omniprésente et une idée du voyage et de l’évasion complètement ancrée dans leur vie. Pas de frontières, juste des citoyens du monde qui se rejoignent à Barcelone, à Londres, à Rome, à Moscou ou New-York, des gens qui vivent ensemble, qui rient ensemble, partagent des trucs vachement forts et vachement simples aussi.
Alors voilà, le cinéma de Klapisch c’est ça, des morceaux de vie, des chassés-croisés, des rencontres et beaucoup de souvenirs.
Je vous embrasse.

Sources : Les photos du film viennent du site Allociné.

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Publié par Elisa - dans Cinéma - TV
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commentaires

Miss Blemish 17/04/2014 13:57

Comme toi, le cinéma de Klapisch me parle. Beaucoup. Ce dernier volet est sans doute mon préféré, celui qui m'a le plus parlé, touché, bouleversé.
Bises