20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:33

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1 h 12. Les choses commencent à s’apaiser, la nuit dépose son grand manteau sur les villes, elle les enveloppe tel un présent du 25 décembre. Couchée sous mes étoiles je ferme les paupières et j’attends. Je t’attends.

2 h 16. Revoir en boucle l’intégralité du film de sa vie sur le Super 8 de sa mémoire, et tenter de détecter le moment où tout bascule.

2 h 24. Tout est à refaire, ce combiné d’actions puériles nous a menés au désastre.

3 h 39. Je guette ses pas dans l’escalier, il va venir me délivrer, il posera sur mes yeux ses mains salvatrices. Alors j’oublierai tout.

4 h 56. Des masses humaines enivrées errent dans les ruelles sombres, ils rentrent chez eux après avoir oublié pendant un court instant leur existence amère. Pars vite et reviens tard qu’il disait. Mais l’amas de faux semblants et d’actes manqués qu’ils occultent leur explosera à nouveau au visage, c’est un leurre, de la poudre aux yeux. Personne n’échappe à son destin.

5 h 00. Je crois qu’il s’est perdu dans les affres de la nuit, ces monstruosités hargneuses, populace de démons noirs et de loups noirs.

5 h 22. Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici…

5 h 48. La nuit se déshabille, elle ôte son étoffe glacée des choses. « Les étoiles sont aussi douces que les fleurs et aussi proches. Les collines sont des filets d’ombres lentement tissés, ni feuilles séparées, ni brins d’herbes détachés. Tout ne fait plus qu’un. »

6 h 00. Sur le gazon des jardins s'est à présent déposé un filet de fine rosée, rafraîchissant les pensées, apaisant toute rancoeur.

6 h 13. Le jour pointe, il perce. Quelques rayons neufs, lavés de toute fatigue, entravent désormais le ciel. Des livreurs, cette France qui se lève tôt, arpentent la rue commerçante. Je les entends claquer les portes des camions aux effluves de chair fraiche, celle que l’on servira bientôt sur les tables des riches de droite. La mère, frigide, pincera les lèvres en découpant le rôti, le père, frustré, aura caché sa face honteuse derrière un journal, ‘Le Figaro’ probablement. Merci les enfants vont bien, Marie, la petite dernière, a eu son bac à 14 ans et vient d’entrer à l’ENA.

7 h 27. Rien n’est plus pareil désormais, les aiguilles du petit jour ont commencé leur œuvre, les visages sont ternes et plissés, l’eau brûlante tentera d’adoucir les mauvais rêves. Il n’est plus très loin maintenant, il n’est plus très loin.

8 h 41. Les étoiles de mon ciel ne brillent plus, tant pis, partons.

9 h 27. J’ai attendu toute la nuit, il n’est pas venu. Le marchand de sable n’est pas passé.

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