29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:47

 

J’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

J’aurais aimé qu’on s’aime grand, qu’on ait l’arrogance de croire qu’on ne s’aime pas comme les autres.

J'aurais aimé t’aimer plus que n’importe qui de ma vie d’avant, me bercer d’illusions quant à notre immensité. Nous aurions été différents, nous nous serions aimé plus fort encore que l’amour, ce sentiment finalement médiocre tant tout le monde le ressent dans sa chair.

On se serait donné rendez-vous tard le soir au café St Germain, tu aurais pris une bière ambrée et j’aurais, une fois encore, abusé de la nicotine ; on aurait parlé longtemps, on aurait parlé vrai, avec toi toutes les théories auraient été dignes de développements prolixes. 

À l'aube, après que la ville aurait ôté sa robe bleu nuit, tu m'aurais avoué « sans toi la vie d’avant n’était en fait, qu’un demi-sommeil ».

Mêmes les ruelles glauques auraient été charmantes avec toi. Même la pâleur de septembre.

Je me serais mise à nu et, déshabillée de toute pudeur, tu aurais tout appris de moi : cette cicatrice sur mon genou droit, cette peur de l’inconnue qui fait souvent naître des sanglots irrépressibles et combien j’aime les tulipes jaunes. J’aurais appris ton visage, la tristesse de tes yeux quand tu ris et l’odeur de ta peau.

J’aurais été pour toi nouvelle et pourtant si familière.

Après une énième dispute pour des broutilles d’un accablant ridicule, j’aurais pleuré, même crié pour toi ; alors tes bras et le creux de ta nuque auraient été mon seul refuge.

La passion nous aurait emportés, traînés dans ses sombres filets et nous serions restés là, côte à côte, peau à peau, sans se soucier du temps qui passe, de la vie au-dehors.

Et j’ai comme des envies d’encore, un goût d’inachevé quand je pense à nos silences, à tout ce que disaient nos silences.

Toi, tu aurais dû tuer mon manque d'amour, m'embarquer dans ce vertige dont Bashung parle si bien. J'ai crevé l'oreiller, j'ai dû rêver trop fort.

Mais ça caille dans mon lit, ça caille dans ma peau et j'imagine mille scénarii à la Claude Lelouch.

J'apprends à vivre avec un manque dont j'ignorais tout. Allongée, j'étreins mon propre corps et murmure des « je t'aime » vides de sens. Dans la rue, je regarde ces duos ne faire plus qu'un, noyés dans leur vertige. Je m'imagine des histoires là où il n'y a que pathétisme, car même si je feins d'assumer, j'en crève de ne pas aimer et être aimée comme ça.

Alors j'ai créé pour nous l’amour quantique, une toile d’interactions possibles, une infinité de souvenirs, ce que nous aurions pu être, ce que nous serons toujours et jamais à la fois. 

Notre légende personnelle.

 

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commentaires

alister 30/09/2014 00:29

Tu aurai tout appris de moi , cette cicatrice sur mon genoux droit... Voila tout ce que j'aime dans l'amour de l'autre, c'est ces détails qui pour la plupart ont peu d'importance mais qui pour moi
font toute la différence... D'ailleurs, qu'est ce qui c'est passé pour ton genoux? :-)

Elisa 30/09/2014 11:58



=) Je suis tombée vers sept ou huit ans, l'âge où tout n'est qu'aventure fantastique, le temps des bobos du genou. 


 



Canalis 29/09/2014 15:59

Très beau texte, vraiment. Je comprends les émotions, c'est bouleversant...

Elisa 29/09/2014 19:12



Merci