24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 19:26

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Cher Zizou,

J'espère que tu vas bien. Tu sais, le 20 juin dernier, on a beaucoup pensé à toi. Il était environ vingt-trois heures et la France criait comme un seul homme.

Quand j'y repense les larmes me viennent parce que c'était fou, on pleurait de joie, on pleurait comme ce 12 juillet 1998 où tu as tout changé, on pleurait parce qu’il n’y avait plus de frontières, plus d’autre volonté que d’être ensemble.

Ce 20 juin dernier, on pleurait parce que pendant quatre-vingt-dix minutes, personne n’a parlé des 25% et des pains au chocolat. Dans cette morosité ambiante où la haine de l’autre est roi, on a tous oublié Marine, il restait que du bleu.

J’ai eu l’impression de remonter le temps, de te revoir sur le terrain, non pas numéro dix mais numéro un, l’idole de toute une génération, avec tes copains Desailly, Thuram, Djorkaeff, Lizarazu, Karembeu, Barthez et les autres. Votre famille c’était notre famille, votre famille c’était la France et je te jure mon frère, votre ombre planait sur Salvador.

Bixente et Didier étaient émus tu sais, tu l’étais certainement aussi. Ce que vous avez vécu doit rester gravé dans vos mémoires comme un précieux trésor. L'accomplissement d'une vie, des heures et des heures ballon au pied jusqu'à ce que la nuit tombe, depuis tout gosses. Nous dans le fond, on n’a rien fait pour ça, on a assisté au spectacle, on a applaudi et chanté très fort, on s’est embrassé longtemps.

Alors, le 20 juin dernier, dans les rues de toutes les villes le peuple a laissé exploser sa joie comme il y a seize ans, t’aurais dû voir comme c’était beau, le drapeau français agité aux quatre vents. Tricolore façon Noirs, Blancs, Jaunes dépourvus d'armes blanches, on a montré à ces gens verts de rage que les Bleus pouvaient renaître.

Certains ont parlé d’hypocrisie, mais moi j’y ai vu de l’espoir, l’espoir qu’ils réalisent que comme celle de l'équipe de France, la diversité nous nourrit, qu’elle est source de joie, dans le sport ou dans la culture, dans les yeux des gosses qui rêvent d’être Tony Parker ou Nadal, d’être grands comme toi.

J’ai l’espoir qu’un jour nous formions une équipe de soixante-cinq millions de joueurs prêts à faire barrage contre l’intolérance. 

Je ne sais pas quel sera l'avenir de ce pays, mais cette Coupe du monde elle nous fait du bien tu sais. 

Pour le prochain match, j'irai me noyer dans la foule avec mes amis, on sera fiers si l'équipe de France fait des prouesses, on sera fiers et on sera heureux.

J'aurai une pensée émue pour toi, pour la petite fille de dix ans que j'étais, nulle en mathématiques parce que le numéro dix était à ses yeux un nombre premier.  

Je t'embrasse, je t'aime tu sais, prends soin de toi.

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