20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:33

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1 h 12. Les choses commencent à s’apaiser, la nuit dépose son grand manteau sur les villes, elle les enveloppe tel un présent du 25 décembre. Couchée sous mes étoiles je ferme les paupières et j’attends. Je t’attends.

2 h 16. Revoir en boucle l’intégralité du film de sa vie sur le Super 8 de sa mémoire, et tenter de détecter le moment où tout bascule.

2 h 24. Tout est à refaire, ce combiné d’actions puériles nous a menés au désastre.

3 h 39. Je guette ses pas dans l’escalier, il va venir me délivrer, il posera sur mes yeux ses mains salvatrices. Alors j’oublierai tout.

4 h 56. Des masses humaines enivrées errent dans les ruelles sombres, ils rentrent chez eux après avoir oublié pendant un court instant leur existence amère. Pars vite et reviens tard qu’il disait. Mais l’amas de faux semblants et d’actes manqués qu’ils occultent leur explosera à nouveau au visage, c’est un leurre, de la poudre aux yeux. Personne n’échappe à son destin.

5 h 00. Je crois qu’il s’est perdu dans les affres de la nuit, ces monstruosités hargneuses, populace de démons noirs et de loups noirs.

5 h 22. Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici…

5 h 48. La nuit se déshabille, elle ôte son étoffe glacée des choses. « Les étoiles sont aussi douces que les fleurs et aussi proches. Les collines sont des filets d’ombres lentement tissés, ni feuilles séparées, ni brins d’herbes détachés. Tout ne fait plus qu’un. »

6 h 00. Sur le gazon des jardins s'est à présent déposé un filet de fine rosée, rafraîchissant les pensées, apaisant toute rancoeur.

6 h 13. Le jour pointe, il perce. Quelques rayons neufs, lavés de toute fatigue, entravent désormais le ciel. Des livreurs, cette France qui se lève tôt, arpentent la rue commerçante. Je les entends claquer les portes des camions aux effluves de chair fraiche, celle que l’on servira bientôt sur les tables des riches de droite. La mère, frigide, pincera les lèvres en découpant le rôti, le père, frustré, aura caché sa face honteuse derrière un journal, ‘Le Figaro’ probablement. Merci les enfants vont bien, Marie, la petite dernière, a eu son bac à 14 ans et vient d’entrer à l’ENA.

7 h 27. Rien n’est plus pareil désormais, les aiguilles du petit jour ont commencé leur œuvre, les visages sont ternes et plissés, l’eau brûlante tentera d’adoucir les mauvais rêves. Il n’est plus très loin maintenant, il n’est plus très loin.

8 h 41. Les étoiles de mon ciel ne brillent plus, tant pis, partons.

9 h 27. J’ai attendu toute la nuit, il n’est pas venu. Le marchand de sable n’est pas passé.

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 10:03

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Poudre compact « Météorites » et Terracotta Light Blondes de Guerlain

Blazer Zara clouté

Starburst boots by Jeffrey Campbell

 

Source : Les photos sont de moi (excepté celles dont la source est donnée) - Tous droits réservés Saute-moi au cou

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 10:34

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C'est un film, tu dis tout le temps que c’est un film.

Ce que l'on vit, c'est une de ces scènes romancées qui font chialer les filles prépubères et bien souvent je crois que le temps marque une pause. Dans la nuit, à la lumière criarde des réverbères, quand je titube de m’être enivrée et que tout devient prétexte pour se tenir la main, s’arrêter en chemin et s’embrasser longtemps.

Longtemps.

Il y a parfois ces gens autour, des merveilles de ton monde et à l’aube, dans un demi-sommeil, j’entends leurs voix et leurs rires, réminiscences ou restes de soirées où l'on aime à faire parler les étoiles.

Et tandis que l'on cherche à s'oublier à l'absinthe, je te grave un peu partout ; pour que le souvenir de ta bouche ne s'évapore jamais.

Cet amour déborde et il va m’engloutir. Ton visage plaquardé sur les murs de la ville, les tags des punks à chiens comme des prix décernés à tes yeux.

Je te regarde dormir et je crois n’avoir jamais rien vu d’aussi beau. Le ciel peut-être.

Le ciel.

Les étreintes brisées de nos corps ruisselants qui s’adorent un peu partout, n’être qu’amour et loverdose, sommeiller un peu, frissonner beaucoup.

Tes petites manies que je ne connais que trop bien, chaque geste lentement dessiné. Et ces blessures cicatrisées qui marquent désormais nos corps.

Avoir mal de te savoir ailleurs, m'en faire en t'imaginant poser la main sur un autre flanc, hurler, me recroqueviller de rage.

Et dis, pourquoi toutes les chansons parlent de toi ?

Nous sommes Sid et Nancy, sans le poignard dans le bide ; je te hais mais reste encore un peu, le jour se lève déjà.

Ton air grave parfois entre deux fous rires, à l’horizontale ta main sur ma nuque, ton profil dans les nuages de fumée sur ce balcon, nos doigts qui se croisent et voyagent sur nos skins, ton odeur sur les draps retrouver, crier ton nom, penser à me souvenir de ne jamais oublier.


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Et puis le reste ; nos divagations, la somme de nos sangs et de tous nos fluides.

 

Sources : A girl called Georges -  We heart it

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 17:47

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Ouais alors je sais, j’ai pris mon temps comme jamais, t’es pas trop content tout ça.

L’autre jour je discutais avec ma copine Marion, on parle de la vie, du boulot, d’avoir les couilles de tout quitter pour aller sur une île, on parle et je lui dis que je ne partirai jamais, et Marion trouve ça étrange parce qu’elle n’est plus là elle, on a grandi ensemble et la vie a suivi son cours, elle est un peu loin maintenant, et moi j’ai l’impression que tout le monde évolue et me regarde stagner.

Moi j’habite dans une ville toute pourrie, une ville un peu grise remplie de casernes, il n’y fait pas très beau et l’air nous intoxique. Paraît qu’on a un accent de paysans et les parisiens nous méprisent, les trois quarts ne savent même pas qu’on parle français parce que jadis nous étions allemands et j’les comprends tellement.

C’est comme Marie et St Dizier, on a passé notre jeunesse à vouloir se casser, à dire que c’était d’la merde et à traîner dans les rues crades aux effluves de poubelles, à mater les potes jouer au foot en surveillant l’heure parce qu’il fallait rentrer bouffer.

On a passé notre temps à rêver d’ailleurs, à dire qu’à dix-huit ans on allait se barrer, tout quitter parce que l’herbe est toujours plus verte de l'autre côté de la barrière.

Mais aujourd’hui j’ai vingt-quatre piges et j’ai pas bougé, j’me fais toujours chier dans cette ville où il n’y a rien à faire, où rien n’avance et où le travail manque. Alors je bosse ailleurs mais je dors ici et je ne sais pas trop pourquoi, un lien me rattache à cet endroit miteux où la seule gloire du peuple est le Centre Pompidou qui commence à pourrir.

Le 6 mai je suis allée voter dans mon ancienne école. Beigbeder dit qu’il ne faut pas revenir sur les lieux de son enfance car ils semblent minuscules. En poussant la grille je me suis surprise à songer au passé, au nombre incalculable de fois où j’avais couru dans cette cours de recrée gigantesque en imaginant être poursuivie par un loup glacé. Mais le 6 mai, la cours était toute petite et le pan de mur où nous avions fait une jolie fresque avait été repeint.

Je me suis assise sur un banc et j’ai regardé autour de moi, il m’a semblé que malgré la différence de format, tout était resté intact.

Au fond, ce que j’aime dans cette ville, c’est que j’y ai grandi, ma famille vit ici, et cracher sur Metz serait comme renier mes racines, je marche dans les rues et à chaque pavé son souvenir.


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En Jurue, là où il était écrit « vestige du temps », tu te galères à monter et les papillons volent, puis t'arrives rue Taison et tu vois le Graoully, les petites boutiques que personne ne connaît.

En Nexirue, y a ce bar de la vie où j’ai tellement ri et pleuré, et quand il pleut on s’abrite dans le renfoncement tagué par des punks à chiens et on entend les gens qui sortent du ciné encenser ou détruire le scénar.


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Sur le Moyen Pont des Morts, des touristes prennent des photos et s’émerveillent tandis que le reflet du Temple baigne doucement dans la Moselle, à la Comédie des jeunes éméchés se rassemblent pour un blind test histoire de gagner une bouteille de champ’ et Place Saint Louis des gosses font un tour de manège pour deux euros, la fusée pour l’un, le carrosse pour l’autre.

Cette ville c’est chez moi, et tout le monde se barre mais tout le monde est heureux d’y retourner un jour ou l’autre.

Aujourd’hui, 14 juillet, la ville est morte et ne résonne que le son des pétards qui annonce les feux du soir. Alors comme souvent, les gens vont se la coller pour oublier qu'ils restent dans leur ville de merde, dans leurs yeux brilleront les lumières de la ville enfumée.

Et ces gens-là ils seront bien, ils seront chez eux.

On sera chez nous.


Je vous embrasse.

 

Source : les photos sont de moi et datent de 2010.

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 13:15

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Hair ♥

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Awesome styles



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Johnny & Winona, old school style ♥


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Love ya all, young & pretty.


My favorite one ♥


Sources : We heart it - i124Q - Anouska Proetta Brandon - Vitriol Vitriolum - All things Alice in Wonderland - Tumblr

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 11:48

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Le 21 juin, j’étais avec mon ami Christophe, un artiste dépravé qui prend souvent un air grave parce que la vie est difficile pour les rêveurs, tout ça.

On a beaucoup bu et beaucoup ri aussi, et puis il m’a dit quelque chose qui m’a rendue triste.

Vers 2h du matin, assis sur un vieux mur de pierre sous les arcades, il m’a dit « Quand on boit, on s’oublie », et je ne sais pas très bien si c’était l’alcool ou quoi, mais j’ai trouvé ça infiniment dramatique.

Dans mon post sur la « génération Y », je parlais de notre époque, de la jeunesse qui part en lambeaux, engloutie comme ça dans un système qui ne lui fait pas trop de place, et à côté de ça elle va se la coller le soir du 21 juin, avec la Fête de la musique comme prétexte douteux pour s’oublier.

On a croisé un type qui avait fait la guerre, un jeune comme nous, un jeune qui avait tué des tas de gens et qui gardait ça sur la conscience, alors il tentait de s’oublier, beaucoup, et moi j’arrêtais pas de chialer parce que c’était lourd aussi sur mes épaules.

Le 21 juin, ancien évènement festif instauré par la gauche en 82 s’est mué en défonçage collectif. La jeunesse s’y retrouve pour écouter du vieux reggae crados et manger des kebabs, et ça sent l’herbe illégale dans les ruelles sombres.

Alors on a marché jusqu'à un bar bondé où les gens avaient chaud, ça suait et ça sautait sur du ska tout pourri, ça s'était pas lavé les cheveux depuis bien quinze jours et je me suis sentie un peu vieille et pas du tout dans le délire général de ce peuple adepte de marijuana.

La Marie Jeanne c'est so has been mais je crois que sans ça, la joie n’est plus tellement accessible, je crois qu’en 2012 c’est la défonce ou rien.


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J’observais comme ça les gens qui semblaient heureux, bourrés mais heureux l’espace d’un instant, et tout ce vacarme puait l’oubli, la nicotine et la bière pas chère.

Dans la rue y'avait des types qui faisaient une reprise navrante de « Smell like teen spirit » et qui s’y croyaient, j’avais envie de leur dire que Kurt Cobain n’était pas tellement un exemple à suivre, j’avais envie de leur dire mais j’étais pas tellement mieux, et puis c’était pas grave, une gorgée de plus et on passe à autre chose.

Alors voilà, en 2012, la Fête de la musique c’est crier fort, se taper l'un l'autre, jouir un instant et s’oublier beaucoup.

Je me souviens d’un temps où, je crois, la musique suffisait à nous rendre joyeux, c’était la base, une bande de potes et des délires, l’effervescence de la nuit et la tête engourdie par les rires alentours.

Si j’te parle de Woodstock ça va t'amuser parce que niveau défonce on atteignait le paroxysme, mais je ne crois pas qu’il était question d’oubli, je crois qu’il était question de liberté, de changement, d’espoir et de beaucoup de love. De gens tout nus aussi mais là n'est pas tellement le propos.

En 2012, tu fumes et tu bois pour oublier que t'as pas d'avenir, pour oublier que c'est grave la demer, et le prix des consos te ramène à la réalité, t'aurais mieux fait d'aller au supermarché du coin acheter de la Pelure d'Oignon dégueulasse.


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Moi le 21 juin, j'étais avec mon ami Christophe, c'était le jour le plus long mais on n'a pas vu que la nuit tombait tard parce que le ciel était noir et lourd.

Un peu comme notre avenir.


Je vous embrasse.

P.S : Si un jour t'as besoin de mettre la grosse ambiance, tu m'appelles.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:14

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Rapport au nombril tout ça...et puis j'aime bien cette photo.



La semaine dernière, assises à une terrasse un peu humide et après plusieurs verres, Alice et moi refaisons le monde.

Avec Alice, le débat promet toujours d’être intéressant. Ce jour-là on parle de mecs, on parle des relations en général, et de nos comportements.

On parle et Alice me dit une chose qui m’interpelle, elle me dit qu’au fond, dans une relation, il est toujours question de flatter son égo.

Et à ce moment précis s'opère en moi une prise de conscience : elle a tellement raison.

Dans une relation, amoureuse, amicale ou autre, on cherche toujours à avoir le dessus, on a comme ça une sorte de fierté qui vient prendre le pas sur les sentiments, on écoute son nombril, on fait en sorte qu’il soit bien, à l’aise.

L’égo, il caractérise le Moi, le sujet pensant, l’égo c’est ce machin qui fait que depuis tout petit, on t’apprend à dire « je », c’est une sorte de force qui, face à un élément dicté par la société, le bon sens, la morale, va te forcer à prendre le chemin inverse.

C’est un truc à la fois inhérent et indépendant à l’Etre, parce que ce foutu égo, il fait un peu ce qu’il veut, plus il est surdimensionné, puissant, et plus il devient difficile à maîtriser. A contrario, avec la maturité, l’Etre prend conscience qu’il est souvent préférable de ne pas nourrir cette partie égotique de lui-même, et l’égo, sans nourriture, se sent graduellement mourir.


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Dans la vie de tous les jours, il y a ce comportement un peu étrange que tout le monde adopte, cette peur de la solitude qui fait que l'on a toujours besoin d’attention, besoin de savoir qu’un autre est dépendant de soi, syndrome typique du gars qui va chiner en boîte et de la meuf qui va kiffer se faire draguer sans vraiment l’avouer, parce que ça flatte vachement ton égo cette histoire.

En fait, je crois que l’être humain ne supporte pas la solitude, je crois que l’égo se plait à être entouré d’une foultitude de gens différents, parce qu’on se sent exister à travers eux, notre Moi a tout à coup un sens.

Les autres nous renvoient une certaine image de nous-mêmes, ils nous parlent, on les écoute et cet échange nous donne une consistance, il fait sens et soudain on existe, on est là, vivants.

Mais l'égo il brise un peu les noix quand il se la raconte, tu sais, ce moment où tu postes toutes les photos de tes soirées sur les réseaux sociaux pour bien montrer que t'as une vie trop ouf malade, comportement typique du problème d'égo, du truc pas tout à fait réglé dans ta tête, ce besoin d'exhiber comme ça, gratuitement.

En fait, je crois qu'on ferait mieux de chercher à tuer l'égo, et puis d'ailleurs, c'est un truc très peu scientifique, il n'existe pas physiquement d'organe contenant notre égo, où se situerait-il ? Dans le ventre ? Dans les bras ou les jambes ?

L'égo ne correspond finalement à aucune réalité tangible, il ne vit que dans l'esprit de chacun, comme un boulet qu'on traîne et qui entrave à la fois notre développement personnel et nos relations sociales.

Tmtc qu'en 2012 on a tous un égo de malade, mais je pense qu'il serait bénéfique de tendre à libérer l'Etre de cette perception qui le place au centre de tout, oublier un peu son nombril et sa fierté.

Voilà, tout ça pour dire, les soirées avec Alice, c'est assez cool.


Je vous embrasse.

Source : We heart it

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 16:05

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Un samedi soir je regarde « On n’est pas couché », avec Ruquier et ses deux grognasses. C’est une émission que je regarde depuis des années, je trouve son concept très intéressant, débattre sur des tas de sujets différents, avec des tas de gens différents.

Ce samedi-là y a un mec, un certain Jean-Paul Brighelli, il n’a pas l’air très sympathique, il est enseignant, a écrit des romans érotiques sous divers pseudonymes, et est apparemment originaire du sud, c’est ce que son accent me dit.

Ce mec-là, il est invité pour la sortie de son essai sociologique « La société pornographique ». Alors j’me dis que ça peut être intéressant, pas de parler boule mais bien d’un truc qui est devenu inhérent à notre époque, la dépendance au porno, tout ça.

Je regarde l’émission et comme toujours, j’me dis putain, ce mec-là personne ne le connaît on est bien d’accord, et en l’espace de cinq minutes le service public t’as retourné le cerveau et demain t’iras à la FNAC acheter un bouquin qui parle de films de cul.

Il m’a coûté 16 euros. Bien. Mais je vais y revenir.


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La meuf en photo (plus haut également), c’est Jessie Andrews. Jessie Andrews vient d’avoir vingt ans. J’ai découvert cette fille dans une autre émission, une émission qui parlait d’Hollywood et de ses rêves de gloire. Jessie voulait devenir actrice, elle en avait toutes les qualités, avec son joli visage enfantin et sa sympathie. Alors à dix-huit ans, Jessie est devenue actrice, mais pas le genre d’actrice qui monte les marches à Cannes, une actrice de films X.

Je regarde le reportage et Jessie nous parle de l’industrie du porno comme d’une poule aux œufs d’or, Jessie gagne 700 euros par jour en ne faisant selon elle, pas grand-chose.
 

« C’est beaucoup plus facile de percer dans le porno. Même débutante, tu peux te faire de l’argent tout de suite. (…) Tu vas forcément plaire à quelqu’un (…) et hop, tu t’es fait 700 euros ».


Elle n’a pas d’appartement, alors elle vit dans le studio où sont tournés ses films, avec pour berceuse les gémissements des autres actrices. Jessie dit qu’elle est habituée, ça ne la dérange pas. Elle partage sa vie et son corps sur son Tumblr, sans honte, sans gêne.

Je regarde cette fille pleine de vie et je me demande…comment peut-on accepter ce genre de vie, alors même que Jessie avait d’autres rêves plus honorables ? Je ne comprends pas. L’attrait pour l’argent est-il si irrésistible ?


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Dans son livre, « La société pornographique », Jean-Paul Brighelli fait une très juste comparaison entre la junk food et la pornographie. L’érotisme d’antan amenait les choses avec plus ou moins de délicatesse, mais la pornographie elle, a tout balayé, aujourd’hui, on a affaire à du « fast-sex ».

Je parlais de la publicité il y a quelques temps. Jean-Paul Brighelli revient sur une campagne publicitaire de 81, une campagne de l’Afficheur Avenir qui a marqué les esprits. On y voyait une jeune fille, Myriam qu’elle s’appelait, en maillot de bain, qui annonçait « Le 2 septembre, j’enlève le haut ». Et elle l’ôta effectivement à ladite date, laissant apparaître glorieusement ses seins, en proclamant cette fois « Le 4 septembre, j’enlève le bas », ce qu’elle fit également. Sur cette dernière affiche apparaît le slogan « Avenir, l’Afficheur qui tient ses promesses ».


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Alors, je ne comprends pas très bien l’intérêt de ce genre de pub, et de toutes les autres affichant une femme à moitié à poil pour nous vendre du parfum. Quel est le rapport au juste ?

Dans les années 50 et avant le phénomène de « libération sexuelle », l’érotisme, ancêtre de la pornographie, et la presse liée au sexe, c’était quelque chose qu’on chinait discrètement dans les arrière-boutiques, on suggérait, on observait à travers les serrures, le désir ne pouvait se dire que par effraction. Aujourd’hui, on vend du sexe virtuel, la pornographie est la nouvelle éducation sexuelle de l’adolescent en phase masturbatoire, le même type de satisfaction impulsive et immédiate que l’ingestion d’un Big Mac.

Alors t’as un pauvre malheureux de 13 ans, totalement inexpérimenté et curieux d’en savoir un peu plus sur l’énigme qu’est la femme. Ce grand enfant, en deux clics, va tomber sur un film porno sur l’Internet, et ce qu’il va y voir, c’est le règne du faux, des hommes aux queues magistrales filmées en contre-plongée, des femmes siliconées,  trafiquées de A à Z et épilées au laser, et ce jeune-là, croyant avoir affaire au sexe dans sa pratique la plus générale, va s’empresser d’adopter le comportement stéréotypé du hardeur et de violer une jeune fille sur le parvis d’une gare pendant que ses copains filmeront l’exploit et posteront la vidéo sur Facebook. Véridique.

C’est un truc totalement hallucinant, je ne sais pas. Nous vivons à une époque où tout est bon à prendre, où la dignité d’une personne vaut quelques centaines de dollars. La chair des films pornos est le chiffon rouge sur lequel foncent les jeunes et les moins jeunes, parce qu’ils se croient taureaux.

J’ai lu le livre de Jean-Paul Brighelli et j’ai compris pourquoi tant de malades couraient les rues, pourquoi tous ces viols, ces meufs embrigadées dans des tournantes aux allures d’orgies scénarisées.

La pornographie assigne, elle ordonne, elle impose. Elle tue le désir en prétendant le combler, elle fait le vide, elle fait le rien, l’obscène est sur la toile, il est aussi dans les discours des politiques, les comportements et les stratégies des publicistes.

Je vous conseille vraiment ce livre, et aussi mettez une culotte bon sang.

Voilà, c’était long, mais c'était bon, non ?


Je vous embrasse.
 

Sources : Les photos de Jessie Andrews sont issues de son Tumblr - les photos de la campagne Myriam viennent du site Publigeekaire.

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Publié par Elisa - dans Culture
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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 18:12

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Nous sommes en 2010 et le grand Tim Burton sort son adaptation tant attendue de l’œuvre carollienne « Alice's Adventures in Wonderland ».

Et ce film, comme la majorité des superproductions ayant bénéficié d’une promo de ouf, fut un gros échec artistique, un truc médiocre.

Burton a beaucoup déçu. Beaucoup le disent fini, plus de dix ans qu’il tourne en rond en nous livrant toujours les mêmes recettes basées sur le même casting, son PACS avec Johnny Depp, et sa meuf, Helena Bonham Carter. Et dans le même temps, là n’est pas tellement le souci, c’est comme Scorcese et Di Caprio, Allen et Johansson, David Lynch et Laura Dern, c’est une sorte de famille qu’on retrouve, des repères.

Mais y a un truc étrange chez Burton; en fait, ses films se ressemblent tellement que j'ai comme l'impression qu'ils s'annulent. On s'embrouille, on ne sait plus vraiment quel détail appartient à quel film, et j'ai du mal à savoir lequel je préfère.

Mais les films de Burton sont toujours autant attendus, et sur cette déception mêlée de lassitude, on espérait beaucoup de « Dark Shadows », comme si le public suppliait Burton de lui livrer un chef d’œuvre digne de ses débuts.

J'ai vu « Dark Shadows » et sincèrement, je ne parviens pas à trancher.


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Alors, pour te la faire courte – on n’est pas sur Allociné non plus – c’est l’histoire d’un gars, Barnabas Collins, qui a quand même vachement la classe. Ouais ce gars il a la classe avec son accent british, son teint blafard et ses chemises à jabot. Mais là n'est pas tellement le propos.

Barnabas est un gros blindé qui vit dans un manoir sur la côte Est des Etats-Unis. Nous sommes dans les années 1770, il sort avec une nana vachement canon, Angélique Bouchard (Eva Green est trop bonne on va pas tergiverser), sauf que ce gars se la raconte un peu, Angélique n’est pas assez bien pour lui, bref il la largue comme une vieille merde, et ça Angélique, ça ne lui plait pas trop. Elle jette alors une malédiction sur la famille Collins, fait de Barnabas un vampire et l’emprisonne dans un cercueil, normal quoi.

Deux cent piges plus tard, 1972, une bande d’ouvriers débarque pour terrasser la zone, cause construction d’un Mac Donald’s, et Barnabas se réveille dans un monde qu’il ignore totalement, une nouvelle époque, peace and love, fais tourner la cam et tout ça.

Voilà j’te passe les détails. On a affaire ici à une immersion dans les années hippies, à travers les yeux d’un vampire ultra chic qui n’a pas vraiment l’habitude d’écouter du Pink Floyd.


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Le casting, comme à son habitude, regroupe de très grands et bons comédiens, Michelle Pfeiffer et Eva Green en tête, deux bombes blondes aussi sexy qu’ennemies.

Mais ce qui est intéressant dans ce film, c’est la critique sociale que l’on peut en tirer. L’ennui de la famille américaine totalement abrutie et nihiliste, que l’on retrouvait déjà dans « Edward aux mains d’argent », et a fortiori l’ennui de toute une civilisation adepte du Big Mac et autres TV shows très peu culturels.

Mais le grand talent de Burton, c’est de ne jamais rendre cette critique réactionnaire. On n’a pas affaire ici à un documentaire à la Michael Moore, la critique est très subtilement amenée dans le jeu et dans le scénario. La famille dans son ensemble pitoyable regroupe des individualités médiocres, la mère manifestement frigide et aigrie, le père infidèle et finalement absent, la fille au langage fleuri et aux poses alanguies façon toxico, le médecin aussi timbré que tous les autres, en somme, des ratés qui ont à juste titre recours à la psychanalyse de comptoir pour donner un sens à leur existence.

Il y a aussi beaucoup d’humour, dû notamment au décalage du personnage principal avec son époque qui donne lieu à quelques répliques drôles (« Ugliest woman I have ever seen », en parlant d’Alice Cooper himself, qui fait une courte apparition).


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La lumière et les images sont un peu mortelles – au  sens propre comme au figuré – les costumes, les maquillages sont dignes des plus grands, c’est un joli travail de réalisation esthétique et c’est quelque chose qu’on n’enlèvera jamais à Burton, ses décors et l’ambiance de ses films ont toujours relevé du génie. 

Mais c’est surtout la bande originale du film qui déchire un max, avec entre autres, Iggy Pop, Alice Cooper, Donovan et Barry White.

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Pour le reste, « Dark Shadows » regroupe tout ce qui fait le cinéma de Burton depuis des années et ne va pas réinventer la poudre. Cette quinzième réalisation restant dans la droite ligne de ses travaux antérieurs, attendons de voir ce que le cinéaste fera ensuite.

Une chose est certaine, les critiques n’altèreront jamais l’engouement que provoque la sortie d’un nouveau Burton, et ce mec je le porte vraiment dans mon coeur.

Voilà, c’était un peu long pour une meuf qui ne savait pas quoi en dire. 


Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Cinéma - TV
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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 23:01

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Une photo de Maïwenn parce que ce dont je vais parler a clairement à voir avec son histoire.

 « C'est comme une chanson, dont les paroles semblent familières, des souvenirs, se souvenir, ne jamais oublier ».

J’ai réécouté Menelik par hasard. J’ai réécouté ‘Je me souviens’ et tout à coup j'ai eu une bouffée de réminiscence et je ne sais pas pourquoi, en deux-deux les larmes me sont montées et je revoyais tout.  

Je revoyais la Coupe du Monde 98 et les voisins qui criaient fort, qui criaient sur le balcon d’en face et c'était beau de les voir heureux, je revoyais ce carnet dans lequel j’écrivais des tout petits malheurs qui semblaient insurmontables, ces putains de sachets de bonbons à 2 francs qu’on allait chercher au bureau de tabac, les aprèms à mater les clips sur MTV, les jeunes le poste à l’épaule qui écoutaient les Nèg’Marron, les squats au city stade à regarder les potes se prendre pour Zidane, les Air Max déglinguées et les gros caïds qui avaient des Requin neuves. A cette époque ta réputation se basait vachement sur ta paire de pompes, c'est comme dans Forrest Gump « Maman disait toujours qu'on peut savoir beaucoup de choses sur une personne en voyant ses chaussures ».

En y repensant, le truc dans la chanson de Menelik qui m’a fait beaucoup pleurer, c’est le passage où il dit « pardonne-moi pour la paix que tu ne connais pas », j'ai entendu ça et tout est devenu limpide.

Parce que j'ai depuis des années une douleur dans les tripes qui veut pas partir, j’suis restée kéblo, j’digère pas, grandir tout ça, j’vis pas en paix. Et cette chanson elle me fait à la fois vachement de bien et vachement souffrir.

Je parlais des complexes, et du fait d'être bien dans sa tête, moi mes complexes ils sont basés là-dessus, sur un blocage. Un soir en 2003 j'ai appris un truc un peu grave, un truc grave que la société banalise aujourd'hui, un truc qui a à voir avec le fait qu'on ne s'aime plus. Après avoir passé des années ensemble, on réalise que cette femme et cet homme faisaient semblant, que c'était juste pour de faux. Et ce jour-là j'crois que quelque chose s'est brisé, j'crois que mon coeur a loupé un battement ou un truc, y a des instants comme ça anodins, une fraction de seconde, une parole, qui te bouffent. J'me suis vue tomber du haut d'une falaise, j'ai manqué d'air je crois. Et dans ma tête j'aurai toujours quinze ans, j'ai effacé ce passage de ma vie parce que c'était pas beau, c'était pas un joli chapitre.

Alors ça fait bientôt dix ans que j'ai quinze ans. Ca te rappelle un truc ouais, si tu me crois pas, tar' ta gueule à la récré, tout ça.

Je sais pas, j'crois que ça prend du temps d'être bien dans sa tête.

Alors en attendant j'écoute Menelik et j'revois les potes, le Coca chaud dans la gourde et le goudron qui fume au mois d'août, j'revois ma rue, ma maison. J'y suis retournée il y a quelques semaines, d'autres gens y vivent maintenant, j'aurais voulu rentrer, j'aurais voulu leur dire que c'était chez moi, que sur ce parquet j'avais glissé en collants comme Surya Bonaly, qu'à Noël on mettait le sapin juste là. La peinture bleue de la porte d'entrée était écaillée, et j'ai revu ma mère peindre cette porte, je l'entendais gueuler quand les gosses y balançaient des oeufs pour Halloween.

Le jour où j'pourrai revenir devant la maison sans avoir les mains moites et la gorge serrée, alors j'aurai sûrement trouvé la paix.

Aujourd'hui j'ai vingt-quatre ans, c'est mon anniversaire et c'est étrange, je crois que le temps avance sans moi.


blabla

 

Je vous embrasse.

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