20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 08:20

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J’ai un peu pris mon temps je sais. Rose dit que je déserte, je dirais que je pense beaucoup. Ça prend du temps ces trucs là.

J’ai ici pas mal parlé de complexes, mais il y a un point auquel je n’avais pas songé jusqu’alors et qui m’est apparu essentiel. Alors on va philosopher si tu veux bien.

En psychologie, un complexe est un ensemble de contenus inconscients susceptibles de venir perturber l'activité consciente du sujet. Alors c’est pas très clair cette histoire, mais ce qui selon moi est inconsciemment admis, c’est l’idée que dans la notion de complexe complexe physique ou complexe d’infériorité quelconque   il y a toujours un élément comparatif, on complexe « par rapport à ». C’est ce que j’appelle le complexe de l’autre.

Tu vas vite comprendre.

Y a des jours comme ça où tu te sens mal et moche, des jours sans, des jours où l’image que te renvoie le miroir n’est pas ta copine. Je pense que le complexe est un peu inhérent à la femme, avec l’idée que les autres filles ont forcément un truc un peu mieux que toi.

Mais concrètement, si l’on pouvait avoir un regard externe sur son propre corps, si l’on voyait une autre personne ayant exactement la même physionomie que soi, serait-on envieux de cette personne ? Parce que j’ai l’impression que le problème, c’est l’image que l’on a de soi qui est forcément subjective, qui ne reflète pas la réalité.

Je sais pas si c’est tout à fait limpide.

Souvent, je vois des jolies filles sur des blogs, et ces filles là je les envie. J’envie leur style, leur physionomie, j’aimerais leur ressembler ou posséder ce qu’elles ont. Mais sur moi, ce serait pas pareil, c’est la définition même du complexe de l’autre, le fait que tout sur autrui soit forcément mieux, c’est une attitude, un tout qui fait que l'image de tel vêtement ou élément matériel soit magnifiée, et cette personne que j’envie, peut-être m’envie-t-elle en retour, parce qu’on est toujours l’autre d’un autre, tu vois ou pas ?


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Alors à partir de là, t’as tes complexes au cul et cette meuf que t’envies qui t’envie aussi, c’est un peu sans fin cette histoire.
 

Ce que je crois, c’est que le complexe est bien plus profond qu’un simple détail physique. Je crois qu’en admettant que l’on puisse effacer ses complexes un à un, d’autres surgiraient, c’est un mal un peu imaginaire, un faux-fuyant qui cache un certain ennui, un passage à vide, un truc qui tourne pas rond dans ta vie.

Et dans ces moments-là, tu cherches à combler ce qui manque, à contourner le problème, peut-être qu’avec des jambes plus fines ou un ventre plus plat tout irait mieux, tout irait sûrement mieux.

En vérité, je pense que le remède, le vrai remède contre les complexes imaginaires, c’est de régler ce qui ne va pas à l’intérieur, être en phase avec soi, avec ses valeurs, profiter, s’épanouir, être juste bien dans sa tête.

Oui, le secret pour être copine avec son miroir, je crois que c’est ça.


Je vous embrasse.

 

Source : Les photos de Marilyn viennent des Tumblr We are kings et April 27th.


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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:04

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Nous sommes en 93, j’ai cinq ans et Bill Duke réalise
« Sister Act 2 », avec Whoopi Goldberg et Lauryn Hill.

Lauryn Hill a dix-huit ans, je ne sais pas très bien qui elle est, tout ce que je sais à l’époque, c’est qu’elle est très belle, un peu rebelle et aussi, que j’aime ce que j’entends quand elle chante.


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Ci-dessous,
un petit extrait de « His eye is on the sparrow », c’est très court, ça commence à 2mn, mais c’est très beau, et puis ce film fait quand même bien plaisir.


 

A cette époque, Lauryn fait partie des Fugees, avec Wyclef Jean et Pras Michel. A chaque fois que j’écoute les Fugees, et surtout l’album « The Score », je me dis putain, c’est du bon son hip hop, c’est la base, et Lauryn tu fais tellement plaisir.

 « The Score »,  c’est l’un des albums de hip hop les plus vendus de tous les temps, après Tupac et Eminem, mais va pas me dire que ces deux-là n’ont pas quoiqu'il arrive kiffé écouter les Fugees dans leur chambre et s'en inspirer pour vendre des millions de disques...

Tu peux pas ne pas te la raconter grave sur le « ouh-la-la-la » de Lauryn dans ‘FU-GEE-LA’, ‘Ready or not’ et le début de ‘How many mics’, quand Wyclef balance son « pick up your microphones ». La plupart des titres de cet album sont des reprises, mais toi t’en savais rien, aujourd’hui ‘Killing me softly’ est la chanson des Fugees et plus celle de Roberta Flack, et ça c’est la preuve du crédit accordé aux Fugees, c’est la preuve que cet album est un classique dans ce milieu.


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(Pure photo old school trouvée sur Street Melody)

Le groupe se sépare en 97 et « The Miseducation of Lauryn Hill », le premier album solo de Lauryn, sort un an plus tard. Il est nommé dix fois aux Grammy Awards (l’équivalent de nos Victoires de la Musique mais sans les tocards), et Lauryn reçoit cinq prix. Si j’te parle de collaborations avec Carlos Santana et Mary J. Blige, tu vois c’que j’veux dire ou pas ?

Cet album est une tuerie, j'me souviens j'avais dix ans, j'écoutais 'Ex-Factor', je comprenais rien aux paroles mais ce son, je dansais sur ce son, et cette année-là j'ai commencé à aimer le hip hop. Et puis après y a eu Donell Jones, y a eu Ice Cube et les autres.

Mais bien au-delà de la réussite en terme de technique musicale, l'album de Lauryn est une référence pour les femmes. Tmtc que dans le milieu du rap et du hip hop, la confiance, la considération, sont des valeurs qui ne sont pas accordées gratuitement, et c’est d’autant plus valable pour les femmes et les blancs. Alors en 98, cet album est devenu la référence pour toutes les femmes, Lauryn Hill a parlé haut et fort pour le hip hop féminin.

En 96, Lauryn avait créé le ‘Refugee Project’, organisme qui proposait d’envoyer des jeunes du New-Jersey dans un camp pendant deux semaines. Ces jeunes-là, c'était des jeunes en marge de la société, des jeunes « à risques », déscolarisés, parfois violents. Lauryn souhaitait grâce à ce projet leur apporter la culture, la dignité et l’estime de soi. Les journaux titraient « The ‘refugee camp' brings peace to kids in the midst of madness and confusion. »

La même année, elle organise un concert de rap à Harlem pour promouvoir l'inscription sur les listes électorales et à la fin des années 1990, Lauryn Hill est reconnue comme une humanitariste et l’une des cent femmes noires les plus influentes du monde.


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En 2002 sort l’album « MTV Unplugged No. 2.0. », et sur cet album il y a ‘Water’, probablement ma chanson préférée de Lauryn Hill. Il faut que t’écoutes ça, il faut que tu voies comme elle est belle.

 

 

De 96 à 2011, Lauryn a été mariée à Rohan Marley, l’un des fils de Bob Marley. Ensemble, ils ont eu cinq enfants. Lauryn va avoir trente-sept ans et c’est un peu étrange.

Pour moi, elle sera toujours la petite black rebelle qui chantait dans une chorale avec des bonnes sœurs.
Elle aura toujours sur le visage un grand sourire, elle portera des dreadlocks et un t-shirt orange qu’elle aura rentré dans son jeans taille haute un peu trop large.

Et elle sera toujours très belle.


Je vous embrasse.


Source : Les photos de Lauryn sont extraites de l'album
« The Miseducation of Lauryn Hill » et sont de Marc Baptiste.

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Publié par Elisa - dans Musique
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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 19:05

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Alors les  mecs, tout le monde a bien voté ? Tout le monde est bien fier de voir qu’en 2017 le FN passera au second tour et remportera les présidentielles ? C’est cool j’vous kiffe t'as vu, champions du monde.

J'te dis pas comment j'ai les boules et comment je regrette amèrement les années 80 ou 90 et la présidence de Mitterrand. J’veux dire encore plus qu’avant, mais comme j'ai déjà bien plombé l'ambiance on aura qu’à dire que c’est pas le propos.

Il faut que tu te rappelles.

Il faut que tu te rappelles de Depardieu et Gillain en 91 dans « Mon père ce héros ». C’est typiquement le genre de films que tu kiffais au début des années 90, quand tes parents avaient encore assez de thunes pour t’emmener en vacances à l’Île Maurice, quand tu pouvais t’identifier.


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Le cinéma des années 80 et 90 est celui que je préfère, c'est sûrement pas le meilleur en termes de réalisation ou de scénar mais c’est un cinéma vrai.

Alors en 91 tu regardais Véro fabuler sur une prétendue relation avec un homme plus âgé qu’elle, Véro qui jouait aux grandes dames, et tu te reconnaissais un peu dans son envie d’être femme avant l’heure. Avant ça t’avais kiffé la délurée Vivian Ward dans « Pretty Woman » en 90, ses cheveux roux et sa robe à pois.

C’est pas comme si la mode des années 90 était classe, mais moi j’aimais assez les chemises difformes dix fois trop larges et les vestes à épaulettes, probablement parce que c’est ce que portaient mes parents, les coupes de cheveux gonflées, brushings de malade, lunettes en écaille, t-shirts où en voyait tout ton nombril et j’en passe. C’était la vie.


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Dans les années 90 tu matais Kevin McCallister rater son putain d’avion et Denis la Malice enquiquiner M. Wilson. Tu mangeais des céréales Froot Loops et des cigarettes en chocolat en espérant que ton nom apparaisse dans le générique de fin du Club Dorothée, tu jouais avec ton Tamagoshi et en classe, t’avais des bons points ou des images et une colle parfumée à l’amande que t’étalais avec un bâton. T’as commencé à entendre parler du sida et de la capote à 1 Franc, et le samedi soir tes parents voulaient pas trop que tu regardes « Hollywood Night », parce que c’était légèrement érotique cette histoire.


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Dans les années 90, tu mangeais des Push Pops, des sucettes en stick. Tu glissais le doigt dedans, tu poussais et le bonbon sortait, sauf que la salive finissait par couler le long du tube et t’avais le doigt tout collant dégueulasse. Y avait aussi des bonbons qui piquaient en forme de pailles longues et fines. Tu devais les déchirer avec tes dents avant de faire glisser doucement le sucre en poudre dans la bouche sans toucher les lèvres.


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Si c'était pas clairement aguicheur ça aussi... 

Tu lisais Star Club, Salut ou OK Podium et tu collectionnais les posters des All Saints et les cartes Panini, et même qu’il y avait des planches d’autocollants dans les boites de VHS pour écrire le nom du film dessus.

C’était vraiment la vie je crois. Y  avait pas d’autre vie que ça.

Il n’aurait pas dû y en avoir d’autre, alors aujourd'hui j'ai les boules.

Je vous embrasse.


Source : Topito - Coup de vieux - We heart it


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Publié par Elisa - dans Culture
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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 23:15

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J’ai ici par le passé vaguement abordé la corrélation existant entre les médias et la surconsommation. Nous avons d'abord parlé d’Andy Warhol, puis du travail de Jean-Paul Goude, un peu en guise de mise en jambes.

Puis j’ai lu le livre « On achète bien les cerveaux : la publicité et les médias », de Marie Bénilde, et j’ai pensé qu’il était temps d’en parler en profondeur. Ca promet d'être relou cette histoire.

Si l'on s'intéresse à la définition originelle de la publicité, on découvre qu'à la base, la publicité était une activité consistant à inciter le consommateur à acheter un produit ou un service. Le verbe utilisé ici est d’une importance capitale, inciter. Parce qu’originellement, le consommateur était simplement incité à consommer, mais tmtc qu’en 2012 chaque putain de secteur d’activité a pété un plomb, la pub sûrement davantage, et Beigbeder, qui a travaillé pour Young & Rubicam, nous parle très bien des dérives cyniques des publicitaires et de leurs cibles dans son livre 99F.

Dans « On achète bien les cerveaux », Marie Bénilde aborde les débuts de la publicité, qu’on appelait à l'époque la « propagande ». Dans les années 1930, Blaise Cendrars, dans son recueil « Aujourd’hui » nous dit :

« La publicité est la fleur de la vie contemporaine ; elle est une affirmation d’optimisme et de gaieté ; elle distrait l’oeil et l’esprit. (…) Avez-vous déjà pensé à la tristesse que représentaient les rues, les places, les gares, le métro, les palaces, les dancings, les cinémas, le wagon-restaurant, les voyages, les routes pour automobiles, la nature, sans les innombrables affiches, sans les vitrines ? (…) Oui vraiment, la publicité est la plus belle expression de notre époque, la plus grande nouveauté du jour, un Art. »


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A l'époque, la publicité avait le don d’égayer le quotidien de la société. Mais alors, pourquoi la pub n’enchante plus le monde ordinaire ?

On ne peut ignorer le fait qu'entre 1930 et les années 2010, on s'est pris 80 années de pub dans la face, et évidemment, l’invasion sans cesse renouvelée des marques, des produits et des spots, a légitimement engendré une forme de lassitude, ou d’indifférence.

Alors voilà, pour inciter le consommateur à acheter, les publicistes se sont tournés vers la science, plus précisément la « neuroscience », ou décryptage du fonctionnement du cerveau humain face aux images.

Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, a fait scandale en 2004 avec sa fameuse déclaration « A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca Cola à vendre son produit. (…) Ce que nous vendons à Cola Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Vendre du temps de cerveau humain disponible. Je ne sais pas si on réalise la portée du propos.

Marie Bénilde va plus loin et nous parle d’un test à l’aveugle réalisé par Read Montague, neurologue à Houston sur deux marques de sodas. Le test a démontré que, sans connaître l'origine du produit, et en se basant uniquement sur la notion de « plaisir gustatif », les participants ont préféré Pepsi. Mais lorsque le neurologue leur a révélé la marque des produits, la plupart d’entre eux a changé d’avis, déclarant qu’ils s’étaient trompés de gobelet et qu’ils préféraient Cola Cola. Read Montague nous dit « On fait appel ici à la mémoire, l’idée même de la marque Cola Cola active des structures dans votre cerveau qui commandent les comportements. Voilà comment l’esprit prend le pouvoir sur l’instinct. »

Hallucinant.

Cola Cola a, comme Mac Donald's et beaucoup d'autres marques mondialement connues, totalement réussi son pari. Etre « every day everywhere », et de façon totalement inconsciente dans l'esprit des consommateurs. « La répétition peut venir à bout de tout. Une goutte d’eau finira par traverser un rocher. Si vous frappez juste et sans discontinuer, le clou s’enfoncera dans la tête. »


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Les publicistes ont mis le doigt sur un autre point décisif : une forte connotation émotionnelle accentue l’attention. La publicité d’aujourd’hui fabrique des émotions synthétiques qui génèrent de l’attention, parce que même en 2012, dans un contexte social où le leitmotiv est « chacun pour sa gueule », l’humain reste humain, et il chiale pour pas grand chose.

Les spots et affiches publicitaires sont formatés pour séduire des cibles jugées comme surconsommatrices.

Ce qu'il faut comprendre ici, et là est réellement l'intérêt de ce post, c'est l'origine de la surconsommation.

L’expérience Dead Fleurette menée à donf sur les blogs l’a bien montré, le facteur sous-jacent de la surconsommation, c’est le mal-être. La consommation est un moyen de compenser le désamour de soi, chose que les publicistes ont très bien compris. Ils ciblent alors le jeune mal dans sa peau, et la femme au foyer ou la ménagère empêtrée dans sa solitude.

Le mal-être, le manque d’estime ou de dignité poussent le consommateur à trouver un objet, un élément matériel qui va lui permettre de mieux s’intégrer dans la société, une sorte d’appartenance à un groupe, voire à une élite. Ainsi, lorsque le « sujet » visualise l’image d’un produit auquel il s’identifie, il est poussé à dire « c’est exactement moi », et à consommer. C’est le concept du « brainbranding ». En gros, dans une société où l’ascenseur social est en panne, la publicité fournit aux individus des signes de reconnaissance purement symboliques qui vont fonctionner comme des éléments de positionnement identitaire.

Alors les mecs n'hésitent plus à faire des crédits sur quinze piges pour se payer des bagnoles de luxe et sortir leurs gonzesses, et ça frime grave sur l'autoroute.

Je suis totalement hallucinée par ce qui est révélé dans ce bouquin, des trucs dont chacun est évidemment conscient sans tout à fait l'être. Parce que ça marche, alors même que nous sommes en temps de crise.

Le livre de Marie Bénilde nous montre que la publicité d’aujourd’hui n’a plus rien d’une douce musique d’ambiance, elle se révèle à nous sous son vrai visage : on ne cherche plus seulement à inciter, on vise à modeler les désirs des individus en fonction des besoins économiques.

J'ai encore bien mis l'ambiance avec mes conneries.

Et c'était super long, la meuf elle s'est prise pour Chateaubriand.

LOVE les copains.


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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:54

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Beautiful photos by Gloria Marigo.


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Cherry blossom girls.


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Photos by Nishe.


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Mélanie Thierry by David Hamilton.


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Photos by Bruno Dayan.



Spring is back les copains.


Je vous embrasse.


Sources : We heart it - Bruno Dayan - I124Q - Loveology - Eleonore Bridge -
Yoshiko Tange

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:38

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L’autre jour je me la suis grave raconté au rayon sociologie de la FNAC. T’avoueras que ton égo est vachement plus flatté quand t’achètes un bouquin de sociologie que le dernier Twilight.

Ma copine Marion m’avait parlé d’un livre de Myriam Levain et Julia Tissier, un livre qui s’appelle « La Génération Y par elle-même », alors j’ai beaucoup crâné au rayon socio, et aussi à la caisse même si le bouquin coûtait vingt boules.

Marion habite super loin, on se parle peu, et malgré la distance elle savait très bien que ce livre allait beaucoup me plaire, elle savait très bien que j’en parlerais ici.

Elle avait raison.

La génération Y, ce sont les gosses nés entre 1980 et les années 2000, ceux qui ont grandi avec Internet, les réseaux sociaux, avec un plaisir intimement associé au sida, les attentats, la guerre, la précarité, le chômage en toile de fond, la haine, la pornographie, toute cette merde.

Ce livre m’a foutu une grande claque dans la gueule.


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Ce livre te balance dans la face les causes du
« choc générationnel » que l'on rencontre avec nos grands-parents, nos parents, qui ont connu mai 68, la révolution, le plein emploi, la liberté sexuelle, Woodstock et ce putain d’avenir brillant.

Nous, nous sommes arrivés après la bataille, après la gauche au pouvoir, après l’abolition de la peine de mort par Mitterrand. Nous, on a grandi avec l’idée que l’extrême droite pouvait passer au second tour, on a dû faire avec toutes les conneries des autres. Nés dans un monde de crise, on a toujours connu la précarité et, contrairement à nos aînés qui pensaient qu’en criant la société allait leur dérouler le tapis rouge, nous n’avons jamais voulu faire la révolution, nous la savions perdue d’avance.

Entre toi et moi, les manifs de 2006 contre le CPE c'était juste pour sécher les cours et faire les rebelles, personne ne savait ce que c'était et tout le monde s'en trimballait, y avait pas d'âme derrière, pas de convictions.

L’autre jour, j’ai maté « Le péril jeune », de Cédric Klapisch. Il y a une scène incroyable dans ce film dont l’action se déroule en 76 (tmtc juste après les Trente Glorieuses), lorsque les jeunes organisent une manifestation contre le chômage et que l’un des jeunes dit « Une manif’ contre le chômage, mais c’est nouveau ça ! On va quand même pas se battre pour travailler ! (…) Moi à la limite je trouve ça marrant de plus bosser, tout d’un coup ça devient un problème !», quelques secondes plus tard, on voit une affiche où il est écrit « 700 000 chômeurs ! ». Laisse-moi rire les petits joueurs quoi, nous on est presque trois millions donc à partir de là on va pas venir te lécher comme un agneau en t’offrant dix mille boules par mois.

Dans un contexte d’exploitation des jeunes, diplômés ou non, la génération Y préfère aller pointer au Pôle Emploi plutôt que de trimer sans aucune reconnaissance ni aucun épanouissement personnel. Ça m’a fait repenser aux cours de philo et au « report de jouissance » évoqué par Freud.

Le « report de jouissance », ça consiste à souffrir et faire des sacrifices maintenant pour jouir plus tard, pensée dominante des générations passées. En gros, avant on acceptait n'importe quel boulot ingrat qui permettait de payer le loyer. Aujourd’hui, on se tourne davantage vers la « conquête du présent ». Le travail doit avant tout être source d’épanouissement, la génération Y n’hésite plus à claquer la porte avant même d’avoir trouvé un autre emploi, elle ne se rend pas compte que cet acte aura des conséquences néfastes puisque les parents ont toujours été derrière elle pour rattraper ses bêtises.

La génération Y est spontanée, ou inconsciente selon le point de vue, nous sommes les enfants du divorce et des familles recomposées, les smicards de la vie dopés au porno, forcés à grandir très vite et à prendre nos responsabilités, des jouisseurs de la lose, voilà ce que nous sommes.


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Pour nous, enfants de la mondialisation, il n’y a jamais eu d’autre système que le capitalisme roi. Le marché de l’emploi s’est toujours apparenté à une forteresse peuplée de requins et autres fils de pute, notre génération n’est pas, à l’instar de la génération X, emplie d’utopies, bordélique ou anarchiste, elle ne se syndique pas, n’adhère à aucun parti, elle ne croit plus à toutes ces conneries, elle s’en bat la race, elle n’a rien à perdre puisqu’on ne lui a jamais rien offert.

La génération Y réinvente la façon dont les gens communiquent, elle tweete, elle poke, elle chate, elle like, et tandis que ses aînés la voient comme une génération d’autistes incapables de citer au moins un roman de Balzac, certains deviennent des stars du net comme Norman Thavaud, et inventent ainsi un nouveau système D via les réseaux sociaux et les blogs dans le but de contourner le système traditionnel qui ne leur a jamais fait de cadeaux.

Notre génération est un peu individualiste, la quête de soi est devenue un filon juteux pour les psys et autres coaches personnels, les adeptes du divan sont de plus en plus nombreux, à tel point que notre génération est devenue Prozac addicted et que la sinistrose s’est muée en pathologie mainstream.

Certes, le bilan est un peu chaotique mais comme le dit si bien Zazie, « C’est fini cow-boy, fini mais rassure-toi, on peut pas tomber plus bas ».

Après Freud, fallait quand même citer un autre genre de référence.

J’embrasse tous les smicards et les chômeurs de 2012, les chefs d’entreprise et les paumés, les immigrés, les corrompus, les geeks, les joueurs de foot qui vont aux putes, les jeunes, les vieux, les enfants de demain, tous ces gens qui cohabitent sans même se connaître.

J’embrasse ceux qui sont arrivés au bout de ce post, eh t’as vu comment j’ai mis la grosse ambiance ?!

 

LOVE.

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 12:49

Nouveau dossier11
Campagne de pub du magazine Marie Claire pour le dépistage du cancer du sein en 2009.


Marie la chic fille c’est un peu mon idole, c’est la meuf qui va t’ouvrir les yeux sur un truc que t’avais devant la gueule depuis des lustres et demi et que tu devais être bigleuse pour pas le voir ou je ne sais pas. 

Dans son dernier post, Marie nous parle des complexes, Marie a toujours l’art de décrire ce que tu vis sans même l’avoir jamais vue, Marie c’est trop ma copine du cœur, comme dirait ma pote Elodie, « un concentré de vérité cette meuf ».

Alors je voulais revenir sur le post de Marie, c’est quand même vachement important les complexes dans la société.

Moi depuis la 6ème, j’ai un gros complexe de eins. C’est pas comme si à douze ans t’étais super bien, genre à l’aise dans ton corps, quand t’as des machins qui te poussent de partout et que tu deviens ce qu’on appelle une femme.

Mon complexe venait principalement du fait que j’avais des seins et que les autres filles n’en avaient pas, alors les garçons préféraient sortir avec moi.

Je me suis sentie un peu femme objet, comme dans les films pornographiques pas très jolis. J’ai commencé à me demander pourquoi moi j’étais comme ça, pas dans la norme, alors que les autres jouaient encore à se mettre des oranges sous le tee-shirt.

Et ça n'est pas allé en s'arrangeant, j’étais la fille à gros nibards que tu fantasmes dessus avec la veuve poignet et que tu racontes plein de choses moches à son sujet, je me sentais un peu sale et dans le même temps, à treize ou quatorze ans, intellectuellement parlant tu brilles pas des masses, alors je m’habillais comme une fille légère, je jouais de ça. Les autres filles ne m’aimaient pas trop, parce que j’étais bien dans ma peau, du moins je le laissais paraître, et les garçons me regardaient beaucoup.

Alors on m’a souvent attendue à la sortie du collège pour me taper fort, je ne garde pas un très bon souvenir de ces années là, tout ça à cause d’une paire de seins, c’est un peu bête.

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Souvent j’ai dit à ma maman que je n’aimais pas mon corps, qu’à la moindre occasion j’aurais recours à la chirurgie pour devenir une fille normale, acheter mes soutien-gorge chez H&M, un joli un peu rembourré que tu crânes, tout ça, et puis après j’ai grandi.

L’autre jour j’ai vu une affiche publicitaire pour je ne sais quelle marque de lingerie, avec une meuf qui se la raconte j’ai de la poitrine et beaucoup d’argent pour acheter un soutif que toi tu payes un mois de crédit avec, et cette affiche je l’ai trouvée choquante, parce que les procédés marketing nous la jouent clairement aguicheuse, et ça ça ternit l’image de la femme, ça la rend perverse.

On connaît le penchant qu’a la gente masculine à violer des jeunes vierges, et ce genre de propagande voyeuriste met clairement de l’huile sur le feu.

Si on parle un peu de psychologie (parce que tmtc qu’ici on est sur un blog de connasse bac+5 qui se la raconte j’ai trop de culture G), si on analyse un peu la psychologie de la femme, on réalise que toute femme normalement constituée a des complexes, toutes sortes de complexes plus ou moins fondés qu’elle rabâche sans arrêt.

S’accepter, accepter son corps, est le fruit d’un long travail sur soi, un travail qui devient automatique avec l’âge, avec la maturité, la personne que l’on voit dans le miroir c'est soi, on connaît ce corps dans les moindres détails, on l’aime un peu finalement, il est familier, c’est la maison de notre âme.

Et puis il y a la société. Il y a des plans marketing qui te foutent les boules et qui créent des obsessions chez les hommes. Alors dans la rue ils te reluquent et dans leur regard tu vois beaucoup de choses mais très peu de bienveillance, tu vois de l’envie, tu vois du désir, et ces regards là ils sont malsains sur ton corps qui s’accepte doucement.


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« Forced observation », photographie de Jérémy Park en hommage à Magritte.


Ce qu’il faudrait changer aujourd’hui, ce n’est pas son propre corps, c’est l’image que la société renvoie de ce corps.

Aujourd’hui j’apprends doucement à aimer ce que je vois, et j’aimerais voir dans le regard des autres un peu de respect.

 

C’était un peu long, je vous embrasse.


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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:35

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C’est l’histoire de gens comme toi et moi, mais un peu plus forts aussi.

C’est l’histoire de mecs et de nanas qui voient en face ce qu’on entend de loin à la télé, en bruit de fond, en sourdine.

C’est l’histoire de personnes qu’on considère comme nos ennemis, qu’on dénigre parce qu’ils nous tombent dessus, des fils de pute en gilets pare-balles, qui font leur boulot, tous les jours.

C’est l’histoire du quotidien des flics de la Brigade de Protection des Mineurs, la BPM comme ils disent, qui mettent en garde à vue des dizaines de pédophiles, et qui traitent des histoires de viols, d'exploitations d'enfants, de maltraitances, et la vie, la vie qui continue quand même.

Et puis c’est l’histoire de Maïwenn, aka Mélissa, photographe mandatée par le Ministère de l’Intérieur pour réaliser une série de clichés sur la vie de cette brigade. C’est l’histoire de cette nana qui se retrouve plongée dans la réalité, dans ce que la société a de plus sinistre à offrir, et qui capture le visage d’enfants qu’on a détruits, d’adultes qui luttent fort.

C’est l’histoire d’un très grand film.


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C’est drôle parce qu’on vit dans une époque où il n’y a plus vraiment d’indécence, tout est tellement indécent que l’indécence est devenue banale. On entre dans l’intime profond des gens dans des émissions choquantes qui ne choquent plus, on voit des culs, des seins et des bites tous les jours en cliquant ou en zappant, mais les choses de la vraie vie, les vraies souffrances, ça passe pas au 20h, t’as Claire Chazal qui te donne un nombre de morts, mais les cadavres on en fait pas une œuvre d’art, on voit pas les pervers se masturber dans la rue, on voit pas le père cogner son gosse et violer la mère, on nous donne juste des faits pendant qu’on prépare le dîner ou qu’on paye le livreur de pizzas.

C’est drôle hein.

Puis un jour tu mates un film vrai, réalisé par une personne vraie, qui n’a pas peur de contacter la DDASS et de mettre le doigt sur ce que la société ne veut pas voir. Maïwenn est une très belle personne qui sait cadrer les détails les plus importants et transformer l’insoutenable, le dégueulasse et la perversion en un témoignage vraiment utile.

Faire partie d’une brigade, endosser l’uniforme d’un flic, peu importe l’unité, c’est mettre de côté sa propre vie, ses problèmes de couple, son égo, et faire face.


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Le flic n’est pas un héros, c’est un type ordinaire et stressé, un humain plus très humain parce qu’il a vu trop de choses que tu ne pourrais pas supporter, un type en lutte contre lui-même, ses collègues et sa femme qui ne comprend pas qu’il ait pas envie d’en parler le soir en rentrant.

Polisse, c’est l'histoire d'un malaise qui te prend aux tripes, c’est la vie, c’est le combat pour une justice juste, parfois quelques divergences d’opinion et d’engueulades entre les gradés et les débutants, c’est les repas à la cantine entre héros ordinaires, les gyrophares, les cours de tir, les blessures, et le respect qui fait souvent défaut.

Et ce post, c’est l’histoire d’une meuf qui tente de décrire un chef d’œuvre du 7ème art, qui tente de décrire ce que d’autres endurent, et qui s’en veut un peu de ne faire qu’écrire, écrire et ne pas lutter, ne pas lutter.


Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Cinéma - TV
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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:15

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Et on en vient à Jean-Paul Goude. Il m’aura quand même fallu plus d’un an pour parler de Jean-Paul Goude.

Tard le soir, quand il n’y a rien sur Arte je mate France 5. Mardi, je suis tombée sur une rediffusion d’un volet de l’émission « Empreintes » consacré à Jean-Paul Goude.

Jean-Paul Goude va avoir soixante-douze ans. Parler de Jean-Paul Goude c’est parler à la fois d’un fabricant d’images, d’un dessinateur, d’un photographe et d’un génie de la publicité. Ce qu’il a fait, c’est bien plus que de l’art, ça a à voir avec la tolérance, avec l’acceptation, l’acceptation à la fois de son corps et de la race, la race au sens noble du terme.

Dans le documentaire « Empreintes », on voit Jean-Paul au zoo de Saint-Mandé qui nous parle du business des singes et des éléphants à l’époque où la France était très riche et que les zoos étaient étroitement liés à la propagande et la diffusion d’une idée positive du colonialisme. A Saint-Mandé, on pouvait voir grâce à ces animaux en cage une part de l’Afrique, et ça pour les gosses, c’était quelque chose de fabuleux.

Alors, l’Afrique et l’Homme de couleur sont devenus les principales muses de Jean-Paul Goude.
 

« West Side Story a eu un énorme impact sur moi et ma génération, j’ai dû le regarder deux cent fois ! Ça joue sur tes sens, le rythme est là, tu bats du pied, t’es excité, l’adrénaline qui monte, la performance athlétique, le timing…dans les années 60 tout le monde vivait à l’heure américaine, j’adulais tout ce qui touchait à la musique noire-américaine, les danses, la mode, c’était le coup de foudre. »


Fasciné par la fièvre de la jungle, les corps mi-nus, la savane, le rugissement des bêtes, son art transpire cet univers ethnique et multiculturel. Sa sexualité est d’ailleurs définie par ce fanatisme, Sylvia, Radiah, Toukie, Grace Jones, Farida, ses compagnes sont africaines, algériennes, coréennes ou jamaïcaines.

Dans les années 70, le modèle féminin par excellence, largement véhiculé par les médias, était Marilyn Monroe. Blonde, les yeux clairs, les hanches généreuses mais le profil longiligne de la femme américaine dépourvue de tout africanisme. Pour le magazine « Esquire », Jean-Paul Goude propose sa propre version de la beauté féminine incarnée par Toukie.
 

« Son postérieur est tel que je l’avais imaginé dans mes rêves les plus fous. Avec Toukie débute une série de ce que j’appelle la 'French correction', des digressions graphiques sur le thème du gros derrière. »


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Alors qu'il vit avec Toukie, Goude rencontre Grace Jones, à cette époque star du disco, et décide qu'elle sera sa chose, son oeuvre.

« Pour sublimer Grace, il fallait absolument prendre en considération la masculinité de sa morphologie, surtout pas la gommer ni s’en excuser. Fini les paillettes, fini les fausses robes couture, fini la décadence à quatre sous, place à Grace Jones, la star bleu noir en noir sur noir, un personnage à la fois noble et menaçant, en tout cas, une incarnation digne de sa négritude. »


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Les photos de Jean-Paul Goude sont très belles, mais ce que j’aime le plus, c’est son travail en tant que concepteur publicitaire.

En rédigeant ce post, j’ai visionné de nombreuses publicités des années 80 et 90, et je me suis rendue compte que les procédés, les publics, les enjeux avaient changé. L’environnement politique, économique et social d’une société se décrypte à travers la publicité. Aujourd’hui, les spots publicitaires ne transmettent quasiment plus aucun plaisir, plus aucune joie ou enthousiasme. Pourquoi le feraient-ils? De quoi pouvons-nous nous réjouir? On y parle principalement de technologie, parce qu’en 2012, on veut aller plus vite et faire très peu d’efforts.

Les pubs de Jean-Paul Goude elles, font rêver. Le but premier n'est pas d'inviter à consommer mais d'inviter à rêver, éveiller l'imagination, tout ça. Les plus jolies selon moi sont les publicités pour Chanel, dont celle avec Vanessa Paradis en oiseau de paradis.

 



Naturellement, dans les publicités de Jean-Paul Goude, on retrouve aussi l'amour des cultures africaines et des ethnies d'une manière générale.

 



 
Aujourd'hui, le cosmopolitisme est un concept intégré, et j'aime à penser que c'est un peu grâce à Jean-Paul Goude qui y a amplement participé. En fait, aucun domaine artistique n'a échappé à sa patte singulière. Et c’est bien comme ça.

Je vous embrasse.


Sources : Jean-Paul Goude - Culture Pub
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Publié par Elisa - dans Culture
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:33

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Cette semaine, la chaîne Arte a rediffusé un documentaire sur la maison Chanel réalisé en 2005 et intitulé « Signé Chanel ». Sous les projecteurs, aucun mannequin, aucune personnalité, mais les artisans de l’ombre, les coulisses du milieu de la Haute Couture, les petites mains qui ont fait la renommée et le prestige de cette maison dans l’atelier du 29 rue Cambon à Paris.

A une vingtaine de jours du défilé présentant la nouvelle collection Chanel, on y voyait Karl Lagerfeld dessiner des croquis en deux minutes et se la raconter, « j’ai que dix-neuf bagues aujourd’hui », on y voyait Martine, couturière en chef qui récupérait les esquisses du maître et les distribuait à l’équipe, mais on y voyait surtout du savoir-faire, du talent, et de la passion.

 

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Ce documentaire réalisé par Loïc Prigent, que je vous invite à regarder en replay (parce que ouais Arte aussi fait dans le replay) met vraiment en exergue la banalisation de la mode sur la blogosphère, la beaufisation des arts ancestraux que sont la création, le stylisme et la couture.

Selon moi, la mode est synonyme de luxe, de tissus nobles, d’unicité du vêtement qui, porté par une femme somme toute ordinaire, va la sublimer. Et c'est clairement la raison pour laquelle j'ai arrêté les post look narcissiques pourraves à s'en faire péter l'égo.

Dans ce documentaire, Karl Lagerfeld, aussi prétentieux soit-il, toujours vêtu de son plus beau costard, nous apparaît plus accessible que l’on pourrait le croire. Lagerfeld est un bosseur, un passionné, et il a dû trimer pour devenir aujourd’hui le directeur artistique des grandes maisons Chanel à Paris, et Fendi à Rome. Tmtc que rien n’arrive par hasard.

En voyant le travail accompli par toutes les couturières de Chanel, les broderies Lesage et les chaussures Massaro, douze jours passés sur une robe cousue main et finalement supprimée du défilé, on prend toute la mesure du rôle incarné par ces grandes maisons, des valeurs de la Haute Couture, le respect des matières, des techniques, et le made in China nous semble bien dérisoire.


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Et ce document m’invite à me questionner : comment avons-nous été amenés à désacraliser autant la mode ? Pourquoi tant de folie autour des blogs mode cheap et des pulls en acrylique ? Je repense à cette scène mythique du film « Le diable s’habille en Prada » sur le bleu céruléen, et je me dis que la mode, aussi futile soit-elle, reste une part de rêve, la mode et les mannequins attisent le désir et l’envie chez les jeunes filles qui lisent Vogue et Elle en secret dans leur lit.

La mode est inaccessible, elle est perfection et grâce.

Bien que les deux termes ne soient pas clairement distingués dans la langue française, je pense qu'il faut mettre en parallèle le concept de « mode » et celui de « tendance ».

La tendance actuelle permet et cautionne la copie de pièces de Haute Couture dans les grands magasins, voire la collaboration de célèbres couturiers avec des enseignes populaires (les collections Lanvin ou Versace pour H&M), mais la mode elle, reste symbole d'appartenance à une certaine catégorie sociale: celle de la réussite et du fric.

Je pense que nous avons besoin de ça, besoin de rêver à quelque chose d’inatteignable. Dans l’expérience « Dead Fleurette », Marie a mis le doigt sur un des travers de l’excès et de la compulsion : le rêve, le désir et l’envie. Dans le processus de folie acheteuse et de compulsion, il n’est pas tellement question de posséder, il est question d’imaginer que l’on possède.

La mode, la Haute Couture, servent à nous fixer des limites, et je trouve fort dommage le fait de standardiser, de populariser certaines pièces de luxe qui deviennent alors moins désirables.

Si les robes Gucci, Prada, Chanel et Gaultier étaient en promo chez Monoprix, je t'assure qu'au fond t’aurais grave les boules.


Je vous embrasse.

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Publié par Elisa - dans Culture
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