27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 09:25

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Il y a quelques jours, j’ai enfin vu « Mommy », le dernier film de Xavier Dolan.

Avec Dolan, c’est toujours compliqué ; l’univers de Dolan est, si ce n’est dérangeant, vraiment « intrusif ». On entre dans une sphère ultra privée, patchwork de sentiments riches et ambivalents de fougue, de rage, et d’amour dispersés.

« Mommy », son cinquième film, est une véritable claque qui nous explose les yeux et le cœur à tel point qu’on ne sait plus vraiment comment réagir. Je suis restée prostrée devant ce film, incapable de me défaire de mon siège, comme emportée par un ouragan intérieur, des sentiments mêlés, quelque chose de viscéral qui donne à la fois envie de hurler, de rire ou de dire à la terre entière tout son amour parce qu’il est question de ça, d’un amour sans bornes.

Comme souvent chez Dolan, les relations, et notamment les couples mère/fils sont le thème principal du film. On devine en filigrane les similitudes entre Steve, le personnage principal, et Dolan adolescent qu’on voyait dans « J’ai tué ma mère » en 2009.

Mais dans « Mommy », Dolan a vengé sa mère. « Mommy » apparaît comme le film de la réconciliation où la maman-boulet a laissé place à la mère courage.

Le spectateur cohabite ainsi avec Diane, « Die », Steve et Kyla, « une team » qui saura trouver un certain équilibre quand tout n’est que démesure, violence et rébellion.  Le film épouse le trouble de Steve, adolescent hyperactif, tout en dévoilant l’amour incommensurable qu’il éprouve pour sa mère et la très belle histoire d’amitié entre Kyla et Die.

 

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« Mommy » surprend d’entrée par son format 1:1, carré façon Instagram où tout est concentré, étriqué, asphyxié.

Les visages, les rues sont comme à l'étroit, probablement à l’image de la relation entre les personnages, au début très tendue, gênante. Ce carré donne le sentiment de regarder la vie par effraction, par le trou d'une serrure. Puis vient soudain la libération, Steve crie « Liberté ! » et l’on retrouve un court instant le format 16:9 avant que tout s’assombrisse à nouveau.

Les plans et la lumière sont d’une beauté époustouflante. La caméra de Dolan prend le temps de décortiquer le soleil, la brise légère, le visage d’une femme qui ferme les yeux, respire profondément et arrache une pomme d’un arbre tout en douceur, comme au ralenti.

Puis vient soudain la scène-crise, empreinte d’hystérie, de tensions et de violence, tant dans le langage que dans les actes, et ces chaud/froid sont un véritable nirvana émotionnel pour le spectateur, des montagnes russes permanentes, un raz de marée.

Les personnages de « Mommy » sont des marginaux, des grandes gueules aux looks criards qui écoutent Céline Dion, « trésor national », et font fi de la vision standardisée du « beau », au profit de la différence et des relations vraies. Ce film valorise des personnalités que la société a mis sur le banc de touche et les élève au rang d'icônes, suscitant admiration et identification. 

C'est ici que réside le génie de Dolan : parvenir à faire du mouton noir un héros, sorte d'idole accessible, lui donner de l'esthétisme, vendre sa différence et ses failles comme une force.

Voilà, j'ai vraiment adoré « Mommy », et je ne peux qu'appuyer la morale de Dolan : les sceptiques seront confondus.

 

Je vous embrasse.

Sources : les photos du film viennent du site Allociné.

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:19
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Klapisch, c'est trop ma star de cinéma, parce qu'il raconte la vie à tes yeux.
Klapisch, il te ramène à l’essentiel : les relations humaines et l'incroyable proximité des êtres. 
La vie selon Klapisch c’est ça : un point A -------- vers un point B. Mais pour Xavier, le héros de « L’Auberge espagnole », « Les Poupées russes » et « Casse-tête chinois », le problème c’est le point B...Xavier n’a pas de fil conducteur, alors c'est toujours un peu le bordel.
Pour la plupart des gens, chaque trajet de chaque jour s’additionne aux autres et mène petit à petit à un grand but. Un but unique, ultime, comme une lumière au bout d’un tunnel, tout ça est merveilleusement linéaire.
Moi donc, c'est pas comme ça.
Le problème de Xavier, depuis son année tumultueuse à Barcelone, c’est que tout est toujours très compliqué, ses choix sont cornéliens et son coeur, dans le doute.
A 25 ans, il s’envolait pour une année en Erasmus dans la capitale catalane ; à 30 ans, il partait à St-Pétersbourg avec Wendy, et à 40 ans, on le retrouve à New-York, au beau milieu de Chinatown en père de famille entouré des femmes de sa vie.



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À New-York, t'es rivé au sol. En étant rivé au sol tu comprends que New-York c’est une ville qui délire sur le ciel. Ce que New-York vend au monde entier comme image c’est la skyline, les skyscrapers, les penthouses,  les rooftops, le seul truc qui intéresse les gens ici, c’est d’être proche du ciel. En réalité, c’est une ville qui est coupée en deux. (...) Le sol new-yorkais, c’est comme la peau d’un boxeur qui a pas de fric pour se payer des pansements après un match, tu roules sur la peau d’un zombie, un accro aux tatouages, aux piercings, au crack et aux scarifications.
Ce que j’aime chez Klapisch, c’est sa façon de filmer le quotidien et les gens tels qu’ils sont, avec simplicité et réalisme, avec leur langage, leurs manies et défauts.
Dans « Casse-tête chinois », Xavier, fraîchement séparé de Wendy, cherche sa place en tant que père, en tant que fils, dans un joyeux bordel mêlant homoparentalité, immigration ou travail clandestin. La vie de Xavier, elle ressemble finalement beaucoup à New-York et notre société : elle hésite entre l'ordre et le chaos.
Pour ce film, Klapisch s'est inspiré des codes couleurs (principalement des déclinaisons de vert et de bleu) et cadrages très particuliers du photographe Alex Webb, maître absolu dans l'art de décrire la vie comme un gros bordel tout en composant des images très sophistiquées, une sorte de bordel maîtrisé. 

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Avec ce troisième volet de la « Trilogie des voyages de Xavier », Klapisch crée des films miroirs qui parlent à toute une génération.
Ces films, c’est l’histoire des 18-35 ans qui ont grandi avec une mondialisation omniprésente et une idée du voyage et de l’évasion complètement ancrée dans leur vie. Pas de frontières, juste des citoyens du monde qui se rejoignent à Barcelone, à Londres, à Rome, à Moscou ou New-York, des gens qui vivent ensemble, qui rient ensemble, partagent des trucs vachement forts et vachement simples aussi.
Alors voilà, le cinéma de Klapisch c’est ça, des morceaux de vie, des chassés-croisés, des rencontres et beaucoup de souvenirs.
Je vous embrasse.

Sources : Les photos du film viennent du site Allociné.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 09:13

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Salut les copains, j'espère que vous allez bien, t'as voté ?

L’autre jour j’ai enfin vu « Les garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Gallienne.

J'avais un a priori concernant G. Gallienne, trop élitiste peut-être, sociétaire de la Comédie-Française aux côtés de Podalydès et Laurent Lafitte, acteurs aussi bourgeois que le cinéma français qu’on nous fait bouffer aux cérémonies soporifiques à base de trophées phalliques en or fin...

Bon, j'aime quand même beaucoup le cinéma français et là n'est pas tellement le propos mais on va pas se mentir, le cinéma français il se la raconte un peu, Audiard il se la raconte un peu, Kechiche il se la raconte un peu...y a cette espèce de gravité qu’on ne retrouve pas outre-Atlantique, une théâtralité démesurée. Le cinéma français ne divertit pas, il snobe et questionne.

Sur ce postulat, le film de Guillaume Gallienne, je l’ai pris comme une claque.

On y traite d’identité, thème récurrent depuis quelques années (Kechiche et « La vie d’Adèle »…on y revient), mais différemment. Le film de Gallienne traite d’une identité qui met moins en avant l’orientation sexuelle que la construction, sa propre construction. Gallienne a, via ce film – adaptation cinématographique de la pièce du même nom – exorcisé des années de questionnement sur sa personne et sa place au sein d’une société encore trop rigide.

Issu d'une famille très bourgeoise et conventionnelle, Guillaume aurait pu, comme ses frères, profiter du statut privilégié qu’offre l’argent, mais Guillaume a été « autre ».

Il dresse dans ce film le portrait d’une mère aristocrate et pudique dont il a pendant des années imité les moindres gestes, la coiffure, les mains, la voix. Et si Guillaume s'est autant inspiré de sa mère et des femmes, c'est qu'il croyait ou voulait en être une.

Le titre, « Les garçons et Guillaume, à table ! » n’y est pas pour rien. La nature le destinait à faire du foot et assumer sa virilité, mais cette différenciation permanente entre lui et ses frères a fait naître un doute : si l'on évoque « les garçons » d’une part, et « Guillaume » d’autre part, c'est peut-être que Guillaume n'est pas un garçon ?



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Alors le soir dans sa chambre, Guillaume se rêve en Sissi impératrice, enroule sa couette autour de la taille et l’attache à l’aide d’une ceinture en rejouant les scènes du film. Envoyé dans un pensionnat de garçons en Angleterre, il est forcé de jouer au rugby, de porter des chemises pas très sexy sur lesquelles il dépose en secret une étole de soie.

A ce refus de virilité, il fallait trouver une raison : Guillaume était sûrement homosexuel.

En sommes-nous toujours là, vraiment ? Toute bizarrerie ou déviance par rapport à ce qu’on appelle la « norme » s’expliquerait-elle forcément par une homosexualité refoulée ?

Le film de Gallienne est fort parce qu’il dénonce, il nous montre que le meilleur moyen de panser la différence, c'est la bienveillance. Et c’est étrange, bien qu’il se soit travesti toute sa vie, Guillaume est dans ce film vraiment lui-même, plus de faux-semblants, plus de masque. 

Ce qui me touche sincèrement, c’est l’engouement pour ce film aux Césars, l’engouement pour « La vie d’Adèle » au Festival de Cannes. Ça nous prouve que le cinéma français d'aujourd'hui, il est tolérance et acceptation de soi, il est justice et liberté.

Je vous embrasse.

Sources : Les photos de Guillaume sont de Ward Ivan Rafik pour le journal Le Monde et de Jean-François Robert pour le magazine Elle.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:10

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[Allison Williams par Patrick Demarchelier - Vogue US, février 2013]

 

Elle, c’est Allison Williams, aka Marnie Michaels dans la série « Girls ».

Si tu regardes cette série, tu vas me dire qu’elle est insupportable, superficielle et tout ça, et moi je vais te dire que je ne trouve pas, parce que j’aime bien Marnie et qu'en réalité, on se ressemble beaucoup.

Dans l'épisode 7 de la saison 3 (Beach House), les travers de Marnie sont plus qu’exacerbés, et face à ma complète adhésion à ses réactions, j’ai dû me rendre à l’évidence : je suis comme Marnie.

Marnie Michaels vise la perfection ; avec elle, tout est programmé jusqu'au moindre détail, Marnie Michaels est une control freak.

[Spoiler alert que si t'as pas vu l'épisode tu t'arrêtes là, bisous.]

Saison 3, épisode 7, Hannah, Shoshanna, Jessa et Marnie se retrouvent pour passer un week-end dans la péninsule de North Fork (près de Long Island) dans une baraque de malade.

Marnie, à l'origine de cette idée, a tout planifié et préparé de façon très méticuleuse – vases et fleurs fraiches, répartition des lits – pour que ce week-end de retrouvailles soit propice aux confidences, propice à resserrer les liens.

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Mais évidemment, le week-end de Marnie est un échec, cette maison à la campagne, éloignée de tout et de tous s’avère être plus propice au déchirement qu'aux confidences. Le malaise s'installe. Les filles, autrefois très liées, s'appliquent à mettre des petits mouchoirs sur les choses, des petits mouchoirs pour ne pas faire face, mais les problèmes enfouis explosent et tout fout le camp.

Dans cet épisode, Marnie est vraiment mise à nue à un moment délicat de post-rupture. Sa meilleure amie a d’autres préoccupations et tout le monde semble l’ignorer alors même qu’elle met tout en œuvre pour reconstruire ce qui s’est délié avec le temps.

Marnie a la fâcheuse tendance à imposer ses décisions, Marnie est dure et peu tolérante avec les autres, Marnie est une leader, Marnie manque de tact, Marnie ne filtre ni ses paroles ni sa pensée, Marnie, qui semble en apparence très confiante, est complètement paumée.

En regardant cet épisode, j'ai réalisé que j'ai comme elle la volonté de maîtriser constamment les gens et les choses, me maîtriser moi en premier lieu, avoir le dessus, savoir que tout est sous contrôle. C’est à la fois rassurant et ennuyeux au quotidien...j’aimerais pouvoir lâcher prise, partir à l’arrache du jour au lendemain sans savoir ce qui m’attend, ne pas trop réfléchir, ne pas appréhender.

Je ne sais pas si ça s’apprend avec l’âge, tu sais toi ? 

Je crois que ce besoin constant d'anticipation est là pour pallier l'angoisse, angoisse de l'échec, angoisse de décevoir ou d'être déçue, et grâce à ces quatre meufs dans leur baraque ouf de Long Island j'ai réalisé que j'ai, aussi loin que je me souvienne, toujours été une control freak.

J'ai beaucoup aimé cet épisode, je crois que c'est un de mes préférés parce qu’on y revient à l'essence même de la série : les questionnements existentiels sur les relations, les relations entre les femmes elles-mêmes, l’amitié et les vérités. Ma vérité.

 

Je vous embrasse.

Sources : Vogue US, février 2013 - Les très belles photos de l'épisode "Beach House" viennent du site de la chaîne HBO.

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 08:36

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Non, c'est pas Carey Mulligan, c'est Rashida Jones, la fille de Quincy Jones. Ouais ça calme direct.

 

Salut les copains, bien ?

Suite au post de Marie (la seule, l’unique) j’ai regardé « Celeste and Jesse Forever ».

Je n’avais jamais entendu parler de ce film.

« Celeste and Jesse Forever » c’est l’histoire d’un garçon (Adam Samberg, salut) et d’une fille (Rashida Jones donc) qui semblaient faits l’un pour l’autre, genre meilleurs amis, meilleurs tout, une complicité de malade, mariage, vie commune, et puis plus rien.

Celeste et Jesse (surtout Celeste) ont subitement vu leur vie changer, leurs chemins diverger et, comme cela arrive dans beaucoup de cas, ont fini par divorcer.

Mais Celeste et Jesse ne sont pas un couple comme les autres, ils vivent toujours ensemble, rient toujours ensemble, sortent toujours ensemble, montent des meubles IKEA ensemble, Celeste et Jesse semblent bien vivre le truc jusqu’à ce que leur entourage leur fasse remarquer que cette relation est weird, impossible voire malsaine.

Alors chacun veut aller de l'avant mais Celeste et Jesse semblent toujours revenir à la base, jusqu'au jour où tout fout le camp (je te raconte pas tout non plus).

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Alors, quand t'as vécu un truc qui ressemblait à une renaissance, quand ton coeur a battu tellement trop vite dans ta poitrine au moindre appel (ou texto, ça fait plus jeune, on dit texto ou sms ? J'ai 25 ans et des problèmes, laisse moi...), quand les lieux quotidiens les plus banals deviennent le spectacle d'un amour céleste, comment passer du tout au rien ?

C'est un truc un peu ouf, tu l'as connu aussi, le néant émotionnel pour cette personne qui autrefois était tout. Plus de nouvelles, toi qui savais tout de l'autre, tu deviens alors ignorant et ignoré.

Egoïstement, on voudrait toujours que l’autre ait du mal à tourner la page, on voudrait être le premier à sauter le pas, aller de l’avant, faire voir qu’on va bien, qu’on gère.

Moi j’ai beaucoup de mal à garder le contact avec mes relations passées, à vrai dire je ne garde jamais aucun contact. Il n'est pas question de rancoeur ou d'amertume, simplement d'une volonté de ne pas stagner, se faire du mal ; un peu dure avec moi-même, je ne me laisse pas le choix des regrets.

Celeste et Jesse eux, ils y arrivent un peu et quelque part c'est bien, Celeste et Jesse ils sont pas bouffés par leur égo, alors y a de la souffrance quand même, de la nostalgie et beaucoup de questionnements, mais Celeste et Jesse nous montrent que le déclic arrive toujours, tard mais il arrive, le lâché prise, ce moment où tu te dis c'est bon, j'ai fait le deuil, c'est terminé, la vie continue.

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Je vous embrasse, prenez soin de vous.


Sources : And so it begins - I am your target demographic

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 07:10

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Nous sommes en 85 et Charlotte joue l'effrontée pour Claude Miller, tu remarqueras la carrure impeccable, marinière oversize et Levi's taille haute.


Salut les copains, fin mai, dix degrés, ça va comme vous voulez ?

Il y a quelques jours j'ai eu vingt-cinq ans et ça me rappelle que le temps passe ; comme j'aime beaucoup me souvenir je voulais revenir sur les années old school – thème récurrent du blog et comment t’en as trop marre –, sur le cinéma des années 70/80/90 parce que toi même tu sais t’as beaucoup trop maté les films de Chris Colombus (aka ‘Les Goonies’, ‘Gremlins’, ‘Maman j’ai raté l’avion’, ‘Madame Doubtfire’ et autres comédies à base de chemises trop larges et pantalons à pinces). 

J'ai choisi les six films qui sont un peu mes préférés, y en a plus mais t'as pas que ça à faire non plus...

On va procéder chronologiquement si tu veux bien.


‘Cría Cuervos’, Carlos Saura, 1976 

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J’aurais pu choisir Almodóvar, Amenábar ou Buñuel mais j’ai choisi Saura pour ce film qui marque la fin du franquisme (Franco est mort en 75 et ce film sonne comme un point d’orgue à des années de dictature, artistique notamment). « Cría cuervos y te sacarán los ojos », « Elève des corbeaux et ils t’arracheront les yeux », ou l’ingratitude d’Ana qui caresse le visage de son père mort en pensant l’avoir empoisonné avec un verre de lait. Film qui à priori fout grave l'ambiance, mais l'un des plus justes sur la perte d’innocence, comment l’enfant comprend et fait face à la mort en fuyant les réalités, en s’inventant un monde de rêves où les disputes des adultes seraient couvertes par une chanson de Jeannette.


‘Kramer contre Kramer’, Robert Benton, 1979

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1979, le divorce est le thème de société dont on aime à débattre sur les plateaux télé, à longueur d’éditoriaux et de fictions en tous genres. Oscar du meilleur film la même année, cette étude de mœurs est restée LE film de référence sur le sujet. J’ai revu ‘Kramer contre Kramer ‘ il y a peu et ce qui m’a frappé – outre la beauté de Meryl, j’en ai déjà parlé – c’est le côté vintage à la fois super has been et super tendance à base de canapés Chesterfield capitonnés, mocassins à glands, grosses lunettes ayant très clairement inspiré le modèle ‘Aviator’ de Ray Ban…t’as qu’à voir si JoBeth Williams est pas super stylée. 

 

‘L'année des méduses’, Christopher Franck, 1984

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Ce film, ou la perversité du temps qui chasse la jeunesse et sa beauté, perversité des hommes et des femmes qui tantôt s’adorent tantôt se détruisent. Le Saint-Tropez des années 80, des gens riches et beaux, des looks colorés à base d’épaulettes et bikinis, c’est une année à méduses et comme elles, Chris (aka Valérie Kaprisky laisse tomber la bombe) a décidé de piquer son entourage en usant de ses charmes pour séduire Romain (Bernard Giraudeau aka coucou beau gosse on t’oublie pas). Un film clairement sulfureux où la moitié des actrices se baladent à poil et jouent les salopes...ouais tout de suite t’as envie de le voir j'ai des arguments.


‘Retour vers le futur’, Robert Zemeckis, 1985

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J'te jure j'ai essayé de pas en parler, déjà pour le post sur Justin comment j'avais pris sur moi pour pas citer Britney mais voilà...trop la love toujours. Cette trilogie c’est toute mon enfance, les heures passées avec mon père à refaire toutes les scènes parce que seuls les vrais savent ; un chef d’œuvre, tant au niveau de la B.O.F que du scénar, du casting, des costumes (full mourance quand tu vois Lorraine dans sa robe pêche à la
Féerie dansante des sirènes), Zemeckis et Spielberg sont mes idoles, t'as qu'à voir ‘La mort vous va si bien’, ‘La Quatrième Dimension’, ‘Forrest Gump’ et j’en passe.

 

Thelma et Louise, Ridley Scott, 1991

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Ridley comment tu nous fais plaisir. Road movie à la nique sa mère, ‘Thelma et Louise’ a largement fait polémique à sa sortie (rapport qu’on y parle de viol, d’alcool et de meurtre entre autres), pour devenir aujourd'hui un jalon du féminisme. C’est l’histoire de deux meufs en cavale à travers l’Amérique profonde, deux meufs mariées qui envoient tout balader pour partir en Thunderbird décapotable sur les rochers rouge vif du désert du sud-ouest. Ça sent la poussière, les motels, les fast-foods et le torse de Brad Pitt dans sa vingtaine. Tu kiffes ou pas ?

 

Mon père, ce héros’, Gérard Lauzier, 1991

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Rapport au fait que j’ai toujours été très proche de mon père, que j’ai passé mes charnières années d’adolescence seule avec lui, ce film me touche beaucoup. Je ne suis pas certaine qu'il soit vraiment « un bon film » dans le sens technique du terme mais pour tout ce qu'il évoque, l'ambiance, ce truc qui fait que tu t'identifies, les maillots de bain jaunes, les chaussures bateau, Depardieu encore présentable et français, Catherine Jacob (j'aime beaucoup Catherine Jacob, surtout dans les films de Chatiliez), pour Marie Gillain qui chante le générique, pour tout ça, amour de toute la vie.

Voilà, j'arrête pour aujourd'hui, j'aurais pu citer aussi Les oiseaux d'Hitchcock dans une autre décennie, La guerre des Rose et tous les films avec De Funès mais on y reviendra.

Je vous embrasse.

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Sources : Culture et confitureOdyssée du cinéma - Film-ciné.com - Htt3 - Silencio - L'Express - Tout le ciné - FilmoDeer - Bitch Flicks - Première

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 11:30

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Salut les copains, j’espère que ça va, ça fait genre un mois que j'ai rien posté, j’ai honte et dans le même temps c’est ma moyenne alors on aura qu’à dire qu’on est larges.

Je t’ai jamais parlé de Meryl, Meryl c’est ma star, le genre de love indélébile et un peu abstrait que tu voues à toute personne à la fois proche et inatteignable.  Parce qu'il y a ce paradoxe un peu étrange : l'impression de connaître tout de cette personne sans aucune réciprocité.

Et j’ai tout vu de Meryl Streep depuis « Kramer VS Kramer » en 79 – si t’as pas vu ce film t’as trente-quatre piges de retard – avec Dustin Hoffman en jeune premier (plus tellement en fait, « Le Lauréat » date de 67), chevelure longue et brushing impeccable, ouais parce que la mode androgyne date d’avant Nicola Sirkis et le brushing pour hommes en 79 ça passait crème.


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J’ai revu « Kramer VS Kramer » il y a quelques semaines et ça a pris un gros coup de vieux, notamment au niveau du design d’intérieur, moins niveau mode étant donné le succès des mocassins en 2012 (et les jeans de Dustin, ils sont quand même vachement moulants...) mais Meryl elle, elle est toujours sublime.


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1992, j’ai quatre ans et je regarde « La mort vous va si bien » avec mon papa. L’homme a l’origine de ce film, c’est Robert Zemeckis, aka monsieur « Forrest Gump », « Back to the Future » x3 et autres chefs d’œuvres en étroite collaboration avec Spielberg ♥.
Dans ce film complètement barré y a Meryl et Bruce Willis. On y traite de la jeunesse éternelle et Isabella Rosselini fait un peu flipper mais là n’est pas tellement le propos.

J’ai quatre ans et je suis fascinée par Meryl Streep. Loin d’être un chef d’œuvre du septième art, c’est l’atmosphère morbide qui se dégage du film et la beauté de Madeline Ashton qui me laissent sans voix. Y a des airs de Monroe et des pin-ups des années 50, et puis son peignoir blanc, sa manucure impeccable, Meryl Streep est dans la fleur de l’âge et quand je serai grande je voudrais lui ressembler.


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1999 « La musique de mon cœur », un titre un peu pourrave pour un film majeur qui m’évoque vachement « Esprits rebelles » avec Michelle Pfeiffer et plus récemment « The Freedom Writers » avec Hillary Swank.

2002 « The Hours » de Stephen Daldry (monsieur « Billy Elliot ») et les excellentes interprétations du trio Kidman, Moore et Streep.

2006, Miranda Priestly vient nous pourrir l’existence et « Le Diable s’habille en Prada » devient la référence cinématographique de toutes les modeuses qui louent David Frankel pour avoir adapté à l’écran leur quotidien superficiel.

Et puis dernièrement, ses interprétations ultra réalistes de Julia Child et Margaret Thatcher (il y en a eu tellement d'autres mais je vais t'épargner l'analyse critique de toute la filmographie...).

Meryl incarne toutes les femmes avec une vérité troublante, mais bien au-delà de ça je crois qu’elle a un truc rare dans le milieu du showbiz : elle place l'amitié et les relations humaines bien avant le succès, Meryl n'écrase personne, elle est vraiment sympa, humaine et tellement drôle aussi. 

Je vous mets la vidéo de la Cérémonie des Oscars 2012 où elle a reçu le prix de la Meilleure Actrice, je pense que son discours est mille fois plus éloquent que ce que je pourrais en dire.



Voilà, moi j'aime beaucoup Meryl. J'espère que t'es content.


Je vous embrasse.


Sources : Vanity Fair, Janvier 2010 - Ro hit the best - Tout le ciné - Fan Pop - Dailymotion

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 18:12

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Nous sommes en 2010 et le grand Tim Burton sort son adaptation tant attendue de l’œuvre carollienne « Alice's Adventures in Wonderland ».

Et ce film, comme la majorité des superproductions ayant bénéficié d’une promo de ouf, fut un gros échec artistique, un truc médiocre.

Burton a beaucoup déçu. Beaucoup le disent fini, plus de dix ans qu’il tourne en rond en nous livrant toujours les mêmes recettes basées sur le même casting, son PACS avec Johnny Depp, et sa meuf, Helena Bonham Carter. Et dans le même temps, là n’est pas tellement le souci, c’est comme Scorcese et Di Caprio, Allen et Johansson, David Lynch et Laura Dern, c’est une sorte de famille qu’on retrouve, des repères.

Mais y a un truc étrange chez Burton; en fait, ses films se ressemblent tellement que j'ai comme l'impression qu'ils s'annulent. On s'embrouille, on ne sait plus vraiment quel détail appartient à quel film, et j'ai du mal à savoir lequel je préfère.

Mais les films de Burton sont toujours autant attendus, et sur cette déception mêlée de lassitude, on espérait beaucoup de « Dark Shadows », comme si le public suppliait Burton de lui livrer un chef d’œuvre digne de ses débuts.

J'ai vu « Dark Shadows » et sincèrement, je ne parviens pas à trancher.


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Alors, pour te la faire courte – on n’est pas sur Allociné non plus – c’est l’histoire d’un gars, Barnabas Collins, qui a quand même vachement la classe. Ouais ce gars il a la classe avec son accent british, son teint blafard et ses chemises à jabot. Mais là n'est pas tellement le propos.

Barnabas est un gros blindé qui vit dans un manoir sur la côte Est des Etats-Unis. Nous sommes dans les années 1770, il sort avec une nana vachement canon, Angélique Bouchard (Eva Green est trop bonne on va pas tergiverser), sauf que ce gars se la raconte un peu, Angélique n’est pas assez bien pour lui, bref il la largue comme une vieille merde, et ça Angélique, ça ne lui plait pas trop. Elle jette alors une malédiction sur la famille Collins, fait de Barnabas un vampire et l’emprisonne dans un cercueil, normal quoi.

Deux cent piges plus tard, 1972, une bande d’ouvriers débarque pour terrasser la zone, cause construction d’un Mac Donald’s, et Barnabas se réveille dans un monde qu’il ignore totalement, une nouvelle époque, peace and love, fais tourner la cam et tout ça.

Voilà j’te passe les détails. On a affaire ici à une immersion dans les années hippies, à travers les yeux d’un vampire ultra chic qui n’a pas vraiment l’habitude d’écouter du Pink Floyd.


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Le casting, comme à son habitude, regroupe de très grands et bons comédiens, Michelle Pfeiffer et Eva Green en tête, deux bombes blondes aussi sexy qu’ennemies.

Mais ce qui est intéressant dans ce film, c’est la critique sociale que l’on peut en tirer. L’ennui de la famille américaine totalement abrutie et nihiliste, que l’on retrouvait déjà dans « Edward aux mains d’argent », et a fortiori l’ennui de toute une civilisation adepte du Big Mac et autres TV shows très peu culturels.

Mais le grand talent de Burton, c’est de ne jamais rendre cette critique réactionnaire. On n’a pas affaire ici à un documentaire à la Michael Moore, la critique est très subtilement amenée dans le jeu et dans le scénario. La famille dans son ensemble pitoyable regroupe des individualités médiocres, la mère manifestement frigide et aigrie, le père infidèle et finalement absent, la fille au langage fleuri et aux poses alanguies façon toxico, le médecin aussi timbré que tous les autres, en somme, des ratés qui ont à juste titre recours à la psychanalyse de comptoir pour donner un sens à leur existence.

Il y a aussi beaucoup d’humour, dû notamment au décalage du personnage principal avec son époque qui donne lieu à quelques répliques drôles (« Ugliest woman I have ever seen », en parlant d’Alice Cooper himself, qui fait une courte apparition).


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La lumière et les images sont un peu mortelles – au  sens propre comme au figuré – les costumes, les maquillages sont dignes des plus grands, c’est un joli travail de réalisation esthétique et c’est quelque chose qu’on n’enlèvera jamais à Burton, ses décors et l’ambiance de ses films ont toujours relevé du génie. 

Mais c’est surtout la bande originale du film qui déchire un max, avec entre autres, Iggy Pop, Alice Cooper, Donovan et Barry White.

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Pour le reste, « Dark Shadows » regroupe tout ce qui fait le cinéma de Burton depuis des années et ne va pas réinventer la poudre. Cette quinzième réalisation restant dans la droite ligne de ses travaux antérieurs, attendons de voir ce que le cinéaste fera ensuite.

Une chose est certaine, les critiques n’altèreront jamais l’engouement que provoque la sortie d’un nouveau Burton, et ce mec je le porte vraiment dans mon coeur.

Voilà, c’était un peu long pour une meuf qui ne savait pas quoi en dire. 


Je vous embrasse.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:35

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C’est l’histoire de gens comme toi et moi, mais un peu plus forts aussi.

C’est l’histoire de mecs et de nanas qui voient en face ce qu’on entend de loin à la télé, en bruit de fond, en sourdine.

C’est l’histoire de personnes qu’on considère comme nos ennemis, qu’on dénigre parce qu’ils nous tombent dessus, des fils de pute en gilets pare-balles, qui font leur boulot, tous les jours.

C’est l’histoire du quotidien des flics de la Brigade de Protection des Mineurs, la BPM comme ils disent, qui mettent en garde à vue des dizaines de pédophiles, et qui traitent des histoires de viols, d'exploitations d'enfants, de maltraitances, et la vie, la vie qui continue quand même.

Et puis c’est l’histoire de Maïwenn, aka Mélissa, photographe mandatée par le Ministère de l’Intérieur pour réaliser une série de clichés sur la vie de cette brigade. C’est l’histoire de cette nana qui se retrouve plongée dans la réalité, dans ce que la société a de plus sinistre à offrir, et qui capture le visage d’enfants qu’on a détruits, d’adultes qui luttent fort.

C’est l’histoire d’un très grand film.


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C’est drôle parce qu’on vit dans une époque où il n’y a plus vraiment d’indécence, tout est tellement indécent que l’indécence est devenue banale. On entre dans l’intime profond des gens dans des émissions choquantes qui ne choquent plus, on voit des culs, des seins et des bites tous les jours en cliquant ou en zappant, mais les choses de la vraie vie, les vraies souffrances, ça passe pas au 20h, t’as Claire Chazal qui te donne un nombre de morts, mais les cadavres on en fait pas une œuvre d’art, on voit pas les pervers se masturber dans la rue, on voit pas le père cogner son gosse et violer la mère, on nous donne juste des faits pendant qu’on prépare le dîner ou qu’on paye le livreur de pizzas.

C’est drôle hein.

Puis un jour tu mates un film vrai, réalisé par une personne vraie, qui n’a pas peur de contacter la DDASS et de mettre le doigt sur ce que la société ne veut pas voir. Maïwenn est une très belle personne qui sait cadrer les détails les plus importants et transformer l’insoutenable, le dégueulasse et la perversion en un témoignage vraiment utile.

Faire partie d’une brigade, endosser l’uniforme d’un flic, peu importe l’unité, c’est mettre de côté sa propre vie, ses problèmes de couple, son égo, et faire face.


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Le flic n’est pas un héros, c’est un type ordinaire et stressé, un humain plus très humain parce qu’il a vu trop de choses que tu ne pourrais pas supporter, un type en lutte contre lui-même, ses collègues et sa femme qui ne comprend pas qu’il ait pas envie d’en parler le soir en rentrant.

Polisse, c’est l'histoire d'un malaise qui te prend aux tripes, c’est la vie, c’est le combat pour une justice juste, parfois quelques divergences d’opinion et d’engueulades entre les gradés et les débutants, c’est les repas à la cantine entre héros ordinaires, les gyrophares, les cours de tir, les blessures, et le respect qui fait souvent défaut.

Et ce post, c’est l’histoire d’une meuf qui tente de décrire un chef d’œuvre du 7ème art, qui tente de décrire ce que d’autres endurent, et qui s’en veut un peu de ne faire qu’écrire, écrire et ne pas lutter, ne pas lutter.


Je vous embrasse.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 15:47

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Nous sommes en octobre 2000 et M6 diffuse pour la première fois une série sur quatre meufs de Manhattan produite par Darren Star, aka THE producteur de séries pour meufs du genre « Melrose Place » ou « Beverly Hills 90210 » dont j’ai déjà parlé ici.

Avant ça, dans les années 90, on avait eu droit à une flopée de programmes à l’eau de rose signés AB Productions avec des histoires d’amour guimauve à en faire crever une douzaine de diabétiques, mais ces quatre meufs sont venues balayer nos classiques télévisuels.

Et dis-toi bien une chose : à partir d’octobre 2000, les séries sont devenues des catwalks super tendance,  des vitrines de la mode, et même qu’un sac en toile tout pourri est devenu un « it bag », et même que si t’en as pas t’es trop une freak.

Tout ça à cause de « Sex and the City ».


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Cette série est l’une des premières à s'être focalisée sur la mode. Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte ont en l’an 2000 dégainé leurs Manolo Blahnik dans leurs apparts de l’Upper East Side que si toi t’y étais t’aurais un cagibi dans le Bronx.

Ces personnages irréels sont devenus des « it girls » nous dictant quels étaient les must-have de la saison, avec leurs problèmes existentiels que tu peux pas comprendre toi qui es pauvre et portes du polyester.

Depuis, il y a eu « Ugly Betty », « Gossip Girl » et tout un tas de séries pour greluches modasses dont je fais manifestement partie.

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Cependant, une chose a toujours différencié SATC des autres séries : plus que de mode, on y parle de cul. Mais quand j'te dis de cul j'te parle pas de making love, j'te parle de fucking. 

Alors aujourd’hui j’te l’accorde ça fait has been. Comparé à « Californication », « Skins », « Nip/Tuck » et j’en passe, « Sex & the City » c’est « L’Île aux enfants », mais j’te jure qu’en l’an 2000 on était beaucoup plus coincés du fion.

Moi j’aime beaucoup cette série. Aucun rapport avec le fait que j’kiffe voir des seins à la télé, rapport au fait que oui, les femmes ont une vie sexuelle et qu’on en parle comme des salopes. Parce qu’attends, quand tu couches t’es une salope, j’vois pas où est le problème ?!

La série s’inspire des chroniques de la journaliste Candace Bushnell sur le sexe et les rapports amoureux, publiées dans le « New York Observer » dans les années 90. Candace Bushnell, Carrie Bradshaw, initiales CB, tu suis ?

 

« New York city is all about sex, people getting it, people trying to get it, and people who can’t get it, no wonder this city never sleeps, it’s too busy trying to get laid ».

 

Donc ça c’est un peu le pitch. Cette série nous dévoile un regard à la fois lucide et cruel sur la société contemporaine dans laquelle on vit.


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Bien que « Sex and the City » ne soit pas vraiment le reflet de la société new-yorkaise d’aujourd’hui, que les personnages soient très élitistes et que l'on fasse l’impasse sur les minorités ethniques qui s’entassent à Brooklyn et n'auront jamais de Jimmy Choo, on ne peut pas nier que la société soit clairement branchée cul.

Ce qui aurait choqué nos grands-parents est devenu banal, on consomme le sexe comme du Prozac pour omettre un instant l'idée que l'on vit dans une société merdique où un sac de toile est un it bag.

Et à côté de ça il y a l'amitié, les questionnements existentiels que l'être humain, et plus nécessairement la femme peut avoir, les erreurs, les ruptures, les déceptions.

Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda incarnent les différentes facettes qui composent la femme, le côté fleur bleue, la désinhibition, le carriérisme et l'indépendance, avec pour toile de fond la tiny island of Manhattan.

 

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Cette photo en hommage à Steve Jobs.


Je vous embrasse.

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