14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:18


 
Salut les copains, la famille bien ?

Je ne poste pas trop en ce moment je sais, t'as le droit de me casser la gueule.

Je parlais ici l’an dernier du film de Laurent Firode « Le Battement d’ailes du papillon ». Je sais pas si tu l’as vu, une bête de film au passage, pas dans le genre superprod US mais plutôt ces films underground que tu vas voir dans des salles pourries et qui te font réfléchir. Vachement. 

Y a Faudel dedans et rien que pour son jeu d'acteur si tu l'as pas vu t'as raté ta vie.

Alors l’autre soir au cours d’une conversation je commence à digresser et je repense à ce film, au destin, à ce putain de karma et aux choix qu’on fait comme ça sans vraiment réaliser l’incidence qu’ils auront, c’est un truc qui me fascine.

Me refaire en boucle le film de ma vie et tenter de savoir si c’était écrit ou pas. Parce que ouais, y a le mektoub. J’en parlais dans mon post en 2011, le mektoub c’est cette croyance musulmane qui dit que tout est écrit d’avance, que nos gestes ne sont pas le fruit d’une action commandée par notre cerveau mais bien par une force supérieure un peu abstraite.

Et je sais pas trop, je crois que j'y crois. En fait, je crois que tout est une question de chemins, la vie c’est ça, des chemins.

Mon papa me parlait l'autre jour d'un ami à lui, un ami musulman, et ce type-là il lui était arrivé une crasse, un truc pas très cool comme il en arrive à tout le monde, sauf que pour lui rien n'est le fruit du hasard, le type avait forcément fait quelque chose pour mériter ça, alors il se creusait la tête, il tentait de se remémorer ses actions et il lui a dit « la roue de la vie ne tourne pas en fonction du vent ».

Ce type a changé la mienne.

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Je sais pas si tu te souviens, à la fin des années 90 il y avait cette série de bouquins un peu oufs, un livre dont vous êtes le héros qu’ils disaient. Gallimard a par la suite réédité la série des « Défis fantastiques » dans les années 2000. C’était un truc de malade, la naissance de la lecture interactive. L’histoire commençait et son déroulement dépendait du choix du lecteur, y avait des monstres et tout ça, tu pouvais t’enfuir à la page 82 ou les affronter en page 27.

Et je crois que l’existence se résume à ça, un truc à choix multiples dont chacun est le héros.

Moi cette histoire de destin, de hasard, de karma ça m’intéresse vachement parce que la plupart des rencontres dans une vie ne sont qu’une somme de circonstances un peu douteuses, des détails putain, des détails. Des lieux, des heures, des occasions, des actes manqués.

Il y a ces routes qu’on emprunte sans jamais savoir où elles nous mènent, et puis les kilomètres s’amoncellent et les rencontres aussi, des belles et des moins belles, des regards et des paroles qui nous marquent, qui laissent des traces sur nos corps comme un trait de crayon sur le papier, indélébiles et maladroites, et puis on avance à l’aveuglette vers les victoires ou les échecs, des impasses ou de longues avenues.

Demain ne sera qu'une avalanche d'évènements engendrés par les actions d'aujourd'hui; tout est lié, et le cours de nos vies serait par conséquent diamétralement opposé si nos choix avaient été différents, si t'avais pris un autre chemin ce jour-là, tu vois c'que j'veux dire ?


Schopenhauer a écrit, « Le destin mêle les cartes et nous jouons ». La métaphore voudrait que nous ayons donc au départ les mêmes dispositions, il y aurait une base commune à toute vie humaine et puis le résultat de ce qu'on en fait : des tas de jeux divergents qui seraient intrinsèquement liés à nos actions.

Je sais pas ce que t'en penses, mais je pense que je pense trop.


Je vous embrasse, prenez soin de vous.


Source : We heart it - Individuo

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:33

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1 h 12. Les choses commencent à s’apaiser, la nuit dépose son grand manteau sur les villes, elle les enveloppe tel un présent du 25 décembre. Couchée sous mes étoiles je ferme les paupières et j’attends. Je t’attends.

2 h 16. Revoir en boucle l’intégralité du film de sa vie sur le Super 8 de sa mémoire, et tenter de détecter le moment où tout bascule.

2 h 24. Tout est à refaire, ce combiné d’actions puériles nous a menés au désastre.

3 h 39. Je guette ses pas dans l’escalier, il va venir me délivrer, il posera sur mes yeux ses mains salvatrices. Alors j’oublierai tout.

4 h 56. Des masses humaines enivrées errent dans les ruelles sombres, ils rentrent chez eux après avoir oublié pendant un court instant leur existence amère. Pars vite et reviens tard qu’il disait. Mais l’amas de faux semblants et d’actes manqués qu’ils occultent leur explosera à nouveau au visage, c’est un leurre, de la poudre aux yeux. Personne n’échappe à son destin.

5 h 00. Je crois qu’il s’est perdu dans les affres de la nuit, ces monstruosités hargneuses, populace de démons noirs et de loups noirs.

5 h 22. Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici…

5 h 48. La nuit se déshabille, elle ôte son étoffe glacée des choses. « Les étoiles sont aussi douces que les fleurs et aussi proches. Les collines sont des filets d’ombres lentement tissés, ni feuilles séparées, ni brins d’herbes détachés. Tout ne fait plus qu’un. »

6 h 00. Sur le gazon des jardins s'est à présent déposé un filet de fine rosée, rafraîchissant les pensées, apaisant toute rancoeur.

6 h 13. Le jour pointe, il perce. Quelques rayons neufs, lavés de toute fatigue, entravent désormais le ciel. Des livreurs, cette France qui se lève tôt, arpentent la rue commerçante. Je les entends claquer les portes des camions aux effluves de chair fraiche, celle que l’on servira bientôt sur les tables des riches de droite. La mère, frigide, pincera les lèvres en découpant le rôti, le père, frustré, aura caché sa face honteuse derrière un journal, ‘Le Figaro’ probablement. Merci les enfants vont bien, Marie, la petite dernière, a eu son bac à 14 ans et vient d’entrer à l’ENA.

7 h 27. Rien n’est plus pareil désormais, les aiguilles du petit jour ont commencé leur œuvre, les visages sont ternes et plissés, l’eau brûlante tentera d’adoucir les mauvais rêves. Il n’est plus très loin maintenant, il n’est plus très loin.

8 h 41. Les étoiles de mon ciel ne brillent plus, tant pis, partons.

9 h 27. J’ai attendu toute la nuit, il n’est pas venu. Le marchand de sable n’est pas passé.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 10:34

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C'est un film, tu dis tout le temps que c’est un film.

Ce que l'on vit, c'est une de ces scènes romancées qui font chialer les filles prépubères et bien souvent je crois que le temps marque une pause. Dans la nuit, à la lumière criarde des réverbères, quand je titube de m’être enivrée et que tout devient prétexte pour se tenir la main, s’arrêter en chemin et s’embrasser longtemps.

Longtemps.

Il y a parfois ces gens autour, des merveilles de ton monde et à l’aube, dans un demi-sommeil, j’entends leurs voix et leurs rires, réminiscences ou restes de soirées où l'on aime à faire parler les étoiles.

Et tandis que l'on cherche à s'oublier à l'absinthe, je te grave un peu partout ; pour que le souvenir de ta bouche ne s'évapore jamais.

Cet amour déborde et il va m’engloutir. Ton visage plaquardé sur les murs de la ville, les tags des punks à chiens comme des prix décernés à tes yeux.

Je te regarde dormir et je crois n’avoir jamais rien vu d’aussi beau. Le ciel peut-être.

Le ciel.

Les étreintes brisées de nos corps ruisselants qui s’adorent un peu partout, n’être qu’amour et loverdose, sommeiller un peu, frissonner beaucoup.

Tes petites manies que je ne connais que trop bien, chaque geste lentement dessiné. Et ces blessures cicatrisées qui marquent désormais nos corps.

Avoir mal de te savoir ailleurs, m'en faire en t'imaginant poser la main sur un autre flanc, hurler, me recroqueviller de rage.

Et dis, pourquoi toutes les chansons parlent de toi ?

Nous sommes Sid et Nancy, sans le poignard dans le bide ; je te hais mais reste encore un peu, le jour se lève déjà.

Ton air grave parfois entre deux fous rires, à l’horizontale ta main sur ma nuque, ton profil dans les nuages de fumée sur ce balcon, nos doigts qui se croisent et voyagent sur nos skins, ton odeur sur les draps retrouver, crier ton nom, penser à me souvenir de ne jamais oublier.


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Et puis le reste ; nos divagations, la somme de nos sangs et de tous nos fluides.

 

Sources : A girl called Georges -  We heart it

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 17:47

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Ouais alors je sais, j’ai pris mon temps comme jamais, t’es pas trop content tout ça.

L’autre jour je discutais avec ma copine Marion, on parle de la vie, du boulot, d’avoir les couilles de tout quitter pour aller sur une île, on parle et je lui dis que je ne partirai jamais, et Marion trouve ça étrange parce qu’elle n’est plus là elle, on a grandi ensemble et la vie a suivi son cours, elle est un peu loin maintenant, et moi j’ai l’impression que tout le monde évolue et me regarde stagner.

Moi j’habite dans une ville toute pourrie, une ville un peu grise remplie de casernes, il n’y fait pas très beau et l’air nous intoxique. Paraît qu’on a un accent de paysans et les parisiens nous méprisent, les trois quarts ne savent même pas qu’on parle français parce que jadis nous étions allemands et j’les comprends tellement.

C’est comme Marie et St Dizier, on a passé notre jeunesse à vouloir se casser, à dire que c’était d’la merde et à traîner dans les rues crades aux effluves de poubelles, à mater les potes jouer au foot en surveillant l’heure parce qu’il fallait rentrer bouffer.

On a passé notre temps à rêver d’ailleurs, à dire qu’à dix-huit ans on allait se barrer, tout quitter parce que l’herbe est toujours plus verte de l'autre côté de la barrière.

Mais aujourd’hui j’ai vingt-quatre piges et j’ai pas bougé, j’me fais toujours chier dans cette ville où il n’y a rien à faire, où rien n’avance et où le travail manque. Alors je bosse ailleurs mais je dors ici et je ne sais pas trop pourquoi, un lien me rattache à cet endroit miteux où la seule gloire du peuple est le Centre Pompidou qui commence à pourrir.

Le 6 mai je suis allée voter dans mon ancienne école. Beigbeder dit qu’il ne faut pas revenir sur les lieux de son enfance car ils semblent minuscules. En poussant la grille je me suis surprise à songer au passé, au nombre incalculable de fois où j’avais couru dans cette cours de recrée gigantesque en imaginant être poursuivie par un loup glacé. Mais le 6 mai, la cours était toute petite et le pan de mur où nous avions fait une jolie fresque avait été repeint.

Je me suis assise sur un banc et j’ai regardé autour de moi, il m’a semblé que malgré la différence de format, tout était resté intact.

Au fond, ce que j’aime dans cette ville, c’est que j’y ai grandi, ma famille vit ici, et cracher sur Metz serait comme renier mes racines, je marche dans les rues et à chaque pavé son souvenir.


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En Jurue, là où il était écrit « vestige du temps », tu te galères à monter et les papillons volent, puis t'arrives rue Taison et tu vois le Graoully, les petites boutiques que personne ne connaît.

En Nexirue, y a ce bar de la vie où j’ai tellement ri et pleuré, et quand il pleut on s’abrite dans le renfoncement tagué par des punks à chiens et on entend les gens qui sortent du ciné encenser ou détruire le scénar.


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Sur le Moyen Pont des Morts, des touristes prennent des photos et s’émerveillent tandis que le reflet du Temple baigne doucement dans la Moselle, à la Comédie des jeunes éméchés se rassemblent pour un blind test histoire de gagner une bouteille de champ’ et Place Saint Louis des gosses font un tour de manège pour deux euros, la fusée pour l’un, le carrosse pour l’autre.

Cette ville c’est chez moi, et tout le monde se barre mais tout le monde est heureux d’y retourner un jour ou l’autre.

Aujourd’hui, 14 juillet, la ville est morte et ne résonne que le son des pétards qui annonce les feux du soir. Alors comme souvent, les gens vont se la coller pour oublier qu'ils restent dans leur ville de merde, dans leurs yeux brilleront les lumières de la ville enfumée.

Et ces gens-là ils seront bien, ils seront chez eux.

On sera chez nous.


Je vous embrasse.

 

Source : les photos sont de moi et datent de 2010.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 11:48

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Le 21 juin, j’étais avec mon ami Christophe, un artiste dépravé qui prend souvent un air grave parce que la vie est difficile pour les rêveurs, tout ça.

On a beaucoup bu et beaucoup ri aussi, et puis il m’a dit quelque chose qui m’a rendue triste.

Vers 2h du matin, assis sur un vieux mur de pierre sous les arcades, il m’a dit « Quand on boit, on s’oublie », et je ne sais pas très bien si c’était l’alcool ou quoi, mais j’ai trouvé ça infiniment dramatique.

Dans mon post sur la « génération Y », je parlais de notre époque, de la jeunesse qui part en lambeaux, engloutie comme ça dans un système qui ne lui fait pas trop de place, et à côté de ça elle va se la coller le soir du 21 juin, avec la Fête de la musique comme prétexte douteux pour s’oublier.

On a croisé un type qui avait fait la guerre, un jeune comme nous, un jeune qui avait tué des tas de gens et qui gardait ça sur la conscience, alors il tentait de s’oublier, beaucoup, et moi j’arrêtais pas de chialer parce que c’était lourd aussi sur mes épaules.

Le 21 juin, ancien évènement festif instauré par la gauche en 82 s’est mué en défonçage collectif. La jeunesse s’y retrouve pour écouter du vieux reggae crados et manger des kebabs, et ça sent l’herbe illégale dans les ruelles sombres.

Alors on a marché jusqu'à un bar bondé où les gens avaient chaud, ça suait et ça sautait sur du ska tout pourri, ça s'était pas lavé les cheveux depuis bien quinze jours et je me suis sentie un peu vieille et pas du tout dans le délire général de ce peuple adepte de marijuana.

La Marie Jeanne c'est so has been mais je crois que sans ça, la joie n’est plus tellement accessible, je crois qu’en 2012 c’est la défonce ou rien.


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J’observais comme ça les gens qui semblaient heureux, bourrés mais heureux l’espace d’un instant, et tout ce vacarme puait l’oubli, la nicotine et la bière pas chère.

Dans la rue y'avait des types qui faisaient une reprise navrante de « Smell like teen spirit » et qui s’y croyaient, j’avais envie de leur dire que Kurt Cobain n’était pas tellement un exemple à suivre, j’avais envie de leur dire mais j’étais pas tellement mieux, et puis c’était pas grave, une gorgée de plus et on passe à autre chose.

Alors voilà, en 2012, la Fête de la musique c’est crier fort, se taper l'un l'autre, jouir un instant et s’oublier beaucoup.

Je me souviens d’un temps où, je crois, la musique suffisait à nous rendre joyeux, c’était la base, une bande de potes et des délires, l’effervescence de la nuit et la tête engourdie par les rires alentours.

Si j’te parle de Woodstock ça va t'amuser parce que niveau défonce on atteignait le paroxysme, mais je ne crois pas qu’il était question d’oubli, je crois qu’il était question de liberté, de changement, d’espoir et de beaucoup de love. De gens tout nus aussi mais là n'est pas tellement le propos.

En 2012, tu fumes et tu bois pour oublier que t'as pas d'avenir, pour oublier que c'est grave la demer, et le prix des consos te ramène à la réalité, t'aurais mieux fait d'aller au supermarché du coin acheter de la Pelure d'Oignon dégueulasse.


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Moi le 21 juin, j'étais avec mon ami Christophe, c'était le jour le plus long mais on n'a pas vu que la nuit tombait tard parce que le ciel était noir et lourd.

Un peu comme notre avenir.


Je vous embrasse.

P.S : Si un jour t'as besoin de mettre la grosse ambiance, tu m'appelles.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:14

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Rapport au nombril tout ça...et puis j'aime bien cette photo.



La semaine dernière, assises à une terrasse un peu humide et après plusieurs verres, Alice et moi refaisons le monde.

Avec Alice, le débat promet toujours d’être intéressant. Ce jour-là on parle de mecs, on parle des relations en général, et de nos comportements.

On parle et Alice me dit une chose qui m’interpelle, elle me dit qu’au fond, dans une relation, il est toujours question de flatter son égo.

Et à ce moment précis s'opère en moi une prise de conscience : elle a tellement raison.

Dans une relation, amoureuse, amicale ou autre, on cherche toujours à avoir le dessus, on a comme ça une sorte de fierté qui vient prendre le pas sur les sentiments, on écoute son nombril, on fait en sorte qu’il soit bien, à l’aise.

L’égo, il caractérise le Moi, le sujet pensant, l’égo c’est ce machin qui fait que depuis tout petit, on t’apprend à dire « je », c’est une sorte de force qui, face à un élément dicté par la société, le bon sens, la morale, va te forcer à prendre le chemin inverse.

C’est un truc à la fois inhérent et indépendant à l’Etre, parce que ce foutu égo, il fait un peu ce qu’il veut, plus il est surdimensionné, puissant, et plus il devient difficile à maîtriser. A contrario, avec la maturité, l’Etre prend conscience qu’il est souvent préférable de ne pas nourrir cette partie égotique de lui-même, et l’égo, sans nourriture, se sent graduellement mourir.


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Dans la vie de tous les jours, il y a ce comportement un peu étrange que tout le monde adopte, cette peur de la solitude qui fait que l'on a toujours besoin d’attention, besoin de savoir qu’un autre est dépendant de soi, syndrome typique du gars qui va chiner en boîte et de la meuf qui va kiffer se faire draguer sans vraiment l’avouer, parce que ça flatte vachement ton égo cette histoire.

En fait, je crois que l’être humain ne supporte pas la solitude, je crois que l’égo se plait à être entouré d’une foultitude de gens différents, parce qu’on se sent exister à travers eux, notre Moi a tout à coup un sens.

Les autres nous renvoient une certaine image de nous-mêmes, ils nous parlent, on les écoute et cet échange nous donne une consistance, il fait sens et soudain on existe, on est là, vivants.

Mais l'égo il brise un peu les noix quand il se la raconte, tu sais, ce moment où tu postes toutes les photos de tes soirées sur les réseaux sociaux pour bien montrer que t'as une vie trop ouf malade, comportement typique du problème d'égo, du truc pas tout à fait réglé dans ta tête, ce besoin d'exhiber comme ça, gratuitement.

En fait, je crois qu'on ferait mieux de chercher à tuer l'égo, et puis d'ailleurs, c'est un truc très peu scientifique, il n'existe pas physiquement d'organe contenant notre égo, où se situerait-il ? Dans le ventre ? Dans les bras ou les jambes ?

L'égo ne correspond finalement à aucune réalité tangible, il ne vit que dans l'esprit de chacun, comme un boulet qu'on traîne et qui entrave à la fois notre développement personnel et nos relations sociales.

Tmtc qu'en 2012 on a tous un égo de malade, mais je pense qu'il serait bénéfique de tendre à libérer l'Etre de cette perception qui le place au centre de tout, oublier un peu son nombril et sa fierté.

Voilà, tout ça pour dire, les soirées avec Alice, c'est assez cool.


Je vous embrasse.

Source : We heart it

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 23:01

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Une photo de Maïwenn parce que ce dont je vais parler a clairement à voir avec son histoire.

 « C'est comme une chanson, dont les paroles semblent familières, des souvenirs, se souvenir, ne jamais oublier ».

J’ai réécouté Menelik par hasard. J’ai réécouté ‘Je me souviens’ et tout à coup j'ai eu une bouffée de réminiscence et je ne sais pas pourquoi, en deux-deux les larmes me sont montées et je revoyais tout.  

Je revoyais la Coupe du Monde 98 et les voisins qui criaient fort, qui criaient sur le balcon d’en face et c'était beau de les voir heureux, je revoyais ce carnet dans lequel j’écrivais des tout petits malheurs qui semblaient insurmontables, ces putains de sachets de bonbons à 2 francs qu’on allait chercher au bureau de tabac, les aprèms à mater les clips sur MTV, les jeunes le poste à l’épaule qui écoutaient les Nèg’Marron, les squats au city stade à regarder les potes se prendre pour Zidane, les Air Max déglinguées et les gros caïds qui avaient des Requin neuves. A cette époque ta réputation se basait vachement sur ta paire de pompes, c'est comme dans Forrest Gump « Maman disait toujours qu'on peut savoir beaucoup de choses sur une personne en voyant ses chaussures ».

En y repensant, le truc dans la chanson de Menelik qui m’a fait beaucoup pleurer, c’est le passage où il dit « pardonne-moi pour la paix que tu ne connais pas », j'ai entendu ça et tout est devenu limpide.

Parce que j'ai depuis des années une douleur dans les tripes qui veut pas partir, j’suis restée kéblo, j’digère pas, grandir tout ça, j’vis pas en paix. Et cette chanson elle me fait à la fois vachement de bien et vachement souffrir.

Je parlais des complexes, et du fait d'être bien dans sa tête, moi mes complexes ils sont basés là-dessus, sur un blocage. Un soir en 2003 j'ai appris un truc un peu grave, un truc grave que la société banalise aujourd'hui, un truc qui a à voir avec le fait qu'on ne s'aime plus. Après avoir passé des années ensemble, on réalise que cette femme et cet homme faisaient semblant, que c'était juste pour de faux. Et ce jour-là j'crois que quelque chose s'est brisé, j'crois que mon coeur a loupé un battement ou un truc, y a des instants comme ça anodins, une fraction de seconde, une parole, qui te bouffent. J'me suis vue tomber du haut d'une falaise, j'ai manqué d'air je crois. Et dans ma tête j'aurai toujours quinze ans, j'ai effacé ce passage de ma vie parce que c'était pas beau, c'était pas un joli chapitre.

Alors ça fait bientôt dix ans que j'ai quinze ans. Ca te rappelle un truc ouais, si tu me crois pas, tar' ta gueule à la récré, tout ça.

Je sais pas, j'crois que ça prend du temps d'être bien dans sa tête.

Alors en attendant j'écoute Menelik et j'revois les potes, le Coca chaud dans la gourde et le goudron qui fume au mois d'août, j'revois ma rue, ma maison. J'y suis retournée il y a quelques semaines, d'autres gens y vivent maintenant, j'aurais voulu rentrer, j'aurais voulu leur dire que c'était chez moi, que sur ce parquet j'avais glissé en collants comme Surya Bonaly, qu'à Noël on mettait le sapin juste là. La peinture bleue de la porte d'entrée était écaillée, et j'ai revu ma mère peindre cette porte, je l'entendais gueuler quand les gosses y balançaient des oeufs pour Halloween.

Le jour où j'pourrai revenir devant la maison sans avoir les mains moites et la gorge serrée, alors j'aurai sûrement trouvé la paix.

Aujourd'hui j'ai vingt-quatre ans, c'est mon anniversaire et c'est étrange, je crois que le temps avance sans moi.


blabla

 

Je vous embrasse.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 08:20

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J’ai un peu pris mon temps je sais. Rose dit que je déserte, je dirais que je pense beaucoup. Ça prend du temps ces trucs là.

J’ai ici pas mal parlé de complexes, mais il y a un point auquel je n’avais pas songé jusqu’alors et qui m’est apparu essentiel. Alors on va philosopher si tu veux bien.

En psychologie, un complexe est un ensemble de contenus inconscients susceptibles de venir perturber l'activité consciente du sujet. Alors c’est pas très clair cette histoire, mais ce qui selon moi est inconsciemment admis, c’est l’idée que dans la notion de complexe complexe physique ou complexe d’infériorité quelconque   il y a toujours un élément comparatif, on complexe « par rapport à ». C’est ce que j’appelle le complexe de l’autre.

Tu vas vite comprendre.

Y a des jours comme ça où tu te sens mal et moche, des jours sans, des jours où l’image que te renvoie le miroir n’est pas ta copine. Je pense que le complexe est un peu inhérent à la femme, avec l’idée que les autres filles ont forcément un truc un peu mieux que toi.

Mais concrètement, si l’on pouvait avoir un regard externe sur son propre corps, si l’on voyait une autre personne ayant exactement la même physionomie que soi, serait-on envieux de cette personne ? Parce que j’ai l’impression que le problème, c’est l’image que l’on a de soi qui est forcément subjective, qui ne reflète pas la réalité.

Je sais pas si c’est tout à fait limpide.

Souvent, je vois des jolies filles sur des blogs, et ces filles là je les envie. J’envie leur style, leur physionomie, j’aimerais leur ressembler ou posséder ce qu’elles ont. Mais sur moi, ce serait pas pareil, c’est la définition même du complexe de l’autre, le fait que tout sur autrui soit forcément mieux, c’est une attitude, un tout qui fait que l'image de tel vêtement ou élément matériel soit magnifiée, et cette personne que j’envie, peut-être m’envie-t-elle en retour, parce qu’on est toujours l’autre d’un autre, tu vois ou pas ?


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Alors à partir de là, t’as tes complexes au cul et cette meuf que t’envies qui t’envie aussi, c’est un peu sans fin cette histoire.
 

Ce que je crois, c’est que le complexe est bien plus profond qu’un simple détail physique. Je crois qu’en admettant que l’on puisse effacer ses complexes un à un, d’autres surgiraient, c’est un mal un peu imaginaire, un faux-fuyant qui cache un certain ennui, un passage à vide, un truc qui tourne pas rond dans ta vie.

Et dans ces moments-là, tu cherches à combler ce qui manque, à contourner le problème, peut-être qu’avec des jambes plus fines ou un ventre plus plat tout irait mieux, tout irait sûrement mieux.

En vérité, je pense que le remède, le vrai remède contre les complexes imaginaires, c’est de régler ce qui ne va pas à l’intérieur, être en phase avec soi, avec ses valeurs, profiter, s’épanouir, être juste bien dans sa tête.

Oui, le secret pour être copine avec son miroir, je crois que c’est ça.


Je vous embrasse.

 

Source : Les photos de Marilyn viennent des Tumblr We are kings et April 27th.


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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 12:49

Nouveau dossier11
Campagne de pub du magazine Marie Claire pour le dépistage du cancer du sein en 2009.


Marie la chic fille c’est un peu mon idole, c’est la meuf qui va t’ouvrir les yeux sur un truc que t’avais devant la gueule depuis des lustres et demi et que tu devais être bigleuse pour pas le voir ou je ne sais pas. 

Dans son dernier post, Marie nous parle des complexes, Marie a toujours l’art de décrire ce que tu vis sans même l’avoir jamais vue, Marie c’est trop ma copine du cœur, comme dirait ma pote Elodie, « un concentré de vérité cette meuf ».

Alors je voulais revenir sur le post de Marie, c’est quand même vachement important les complexes dans la société.

Moi depuis la 6ème, j’ai un gros complexe de eins. C’est pas comme si à douze ans t’étais super bien, genre à l’aise dans ton corps, quand t’as des machins qui te poussent de partout et que tu deviens ce qu’on appelle une femme.

Mon complexe venait principalement du fait que j’avais des seins et que les autres filles n’en avaient pas, alors les garçons préféraient sortir avec moi.

Je me suis sentie un peu femme objet, comme dans les films pornographiques pas très jolis. J’ai commencé à me demander pourquoi moi j’étais comme ça, pas dans la norme, alors que les autres jouaient encore à se mettre des oranges sous le tee-shirt.

Et ça n'est pas allé en s'arrangeant, j’étais la fille à gros nibards que tu fantasmes dessus avec la veuve poignet et que tu racontes plein de choses moches à son sujet, je me sentais un peu sale et dans le même temps, à treize ou quatorze ans, intellectuellement parlant tu brilles pas des masses, alors je m’habillais comme une fille légère, je jouais de ça. Les autres filles ne m’aimaient pas trop, parce que j’étais bien dans ma peau, du moins je le laissais paraître, et les garçons me regardaient beaucoup.

Alors on m’a souvent attendue à la sortie du collège pour me taper fort, je ne garde pas un très bon souvenir de ces années là, tout ça à cause d’une paire de seins, c’est un peu bête.

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Souvent j’ai dit à ma maman que je n’aimais pas mon corps, qu’à la moindre occasion j’aurais recours à la chirurgie pour devenir une fille normale, acheter mes soutien-gorge chez H&M, un joli un peu rembourré que tu crânes, tout ça, et puis après j’ai grandi.

L’autre jour j’ai vu une affiche publicitaire pour je ne sais quelle marque de lingerie, avec une meuf qui se la raconte j’ai de la poitrine et beaucoup d’argent pour acheter un soutif que toi tu payes un mois de crédit avec, et cette affiche je l’ai trouvée choquante, parce que les procédés marketing nous la jouent clairement aguicheuse, et ça ça ternit l’image de la femme, ça la rend perverse.

On connaît le penchant qu’a la gente masculine à violer des jeunes vierges, et ce genre de propagande voyeuriste met clairement de l’huile sur le feu.

Si on parle un peu de psychologie (parce que tmtc qu’ici on est sur un blog de connasse bac+5 qui se la raconte j’ai trop de culture G), si on analyse un peu la psychologie de la femme, on réalise que toute femme normalement constituée a des complexes, toutes sortes de complexes plus ou moins fondés qu’elle rabâche sans arrêt.

S’accepter, accepter son corps, est le fruit d’un long travail sur soi, un travail qui devient automatique avec l’âge, avec la maturité, la personne que l’on voit dans le miroir c'est soi, on connaît ce corps dans les moindres détails, on l’aime un peu finalement, il est familier, c’est la maison de notre âme.

Et puis il y a la société. Il y a des plans marketing qui te foutent les boules et qui créent des obsessions chez les hommes. Alors dans la rue ils te reluquent et dans leur regard tu vois beaucoup de choses mais très peu de bienveillance, tu vois de l’envie, tu vois du désir, et ces regards là ils sont malsains sur ton corps qui s’accepte doucement.


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« Forced observation », photographie de Jérémy Park en hommage à Magritte.


Ce qu’il faudrait changer aujourd’hui, ce n’est pas son propre corps, c’est l’image que la société renvoie de ce corps.

Aujourd’hui j’apprends doucement à aimer ce que je vois, et j’aimerais voir dans le regard des autres un peu de respect.

 

C’était un peu long, je vous embrasse.


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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 09:19

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Je crois beaucoup au destin.

Il y a ce terme arabe, « mektoub » qui revient souvent dans la culture musulmane et qui signifie que tout est écrit, tout est gravé d’avance. 

D'une certaine façon, croire que tout est prédestiné est un peu effrayant. Le mektoub est une forme de résignation, un moyen un peu lâche de trouver une cause aux maux de la vie, « c’était le destin ».

La semaine dernière, j’ai regardé pour la énième fois « Le Battement d’ailes du papillon », un film de Laurent Firode avec Audrey Tautou, Audrey Tautou avant Amélie. 

Dans ce film, les destins parallèles de personnages qui ne devaient jamais se croiser finissent par s’imbriquer par une suite de hasards, de coïncidences douteuses, de petits incidents qui conduisent à l’accomplissement du destin.

« Il n'y a pas un geste, même le plus anodin, qui ne change l'ordre du monde. Chaque détail, chaque geste, le plus infime soit-il, révèle une infinité de vérités et par conséquent a des répercussions infinies et des effets grandioses. Il suffit de pisser dans la mer pour faire monter le niveau de tous les océans. Ne dit-on pas qu'un simple battement d'ailes de papillon dans l'Atlantique peut provoquer un ouragan dans le Pacifique? »

Croire au destin, c’est être un peu fataliste. Je suis un peu fataliste. Je pense que l’Humain, au sens très général du terme, ne peut échapper aux lois gouvernant l’Histoire et aux puissances supérieures quelles qu’elles soient. Je pense que, quoiqu’il arrive, peu importe les détours et les tribulations,  ce qui était écrit finit par se produire.

Les choses sont préétablies et fixées de sorte que notre sort s’accomplit indépendamment de nos actes. 

Le destin est-il alors totalement inflexible?

Dans son livre « L’Alchimiste », Paulo Coelho parle de « Légende Personnelle ». Chacun de nous aurait quelque chose à réaliser dans sa vie pour s’épanouir pleinement.

C’est un peu le principe du karma qui, selon la conception kabbale, est une série d’épreuves que l’on doit réussir au cours de sa vie pour pouvoir déclarer sans crainte « j’ai vécu ». 

En fait, les effets des actes karmiques sont censés se répercuter à l'infini. C'est un cycle, what goes around comes around. Les actes effectués à un instant T de notre vie portent leur ombre sur l'avenir et tôt ou tard, nous devons en payer les conséquences.


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Hier, une amie me raconte sa rencontre avec un keum, un keum qui vit loin, et comment elle est subjuguée par cette rencontre, et comment la vie nous met face à d'étranges coups du sort et nous dit, « quand tu t’y attendras le moins, je mettrai cette personne sur ta route et ensemble, vous allez vivre une très, très grande histoire d’amour ».

C’est assez ouf de penser que quelque part dans l’univers, peut-être à l’autre bout du globe, alors même que nos vies sont totalement opposées, une personne attend, marche sur des trottoirs où l'on n'a jamais marché, et qu’un jour, nos existences pourtant parallèles se superposent.

Ce jour marque le point d’intersection de nos destinées et créé une fracture, un avant et un après, une cicatrice. Comme la mine sèche d’un crayon qui, gommée, laissera toujours sa trace sur la feuille blanche.


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Et il est des jours où le destin nous accable, où l’on aimerait y échapper pour ne faire confiance qu’au libre arbitre, mais la plupart du temps, ce foutu karma fait tourner la roue en notre faveur et nous offre tout un tas de jolies choses.

Alors moi j’y crois, j'y crois vachement.

Je vous embrasse.

 

Sources : We heart it - Getty Images

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